Guinée : Dr Zoutomou Kpoghomou souhaite une transition d’un an

9 septembre 2021 à 21 09 28 09289
Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, président de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès)

Moins d’une semaine après le coup d’Etat militaire qui a renversé le régime d’Alpha Condé, les intentions se dessinent petit à petit sur la durée de la transition qui devra déboucher sur un retour à un ordre constitutionnel. En tout cas, malgré le silence de la junte au pouvoir sur cette question, les acteurs politiques commencent déjà à émettre des souhaits. Et, apparemment, ils voudraient d’une transition aussi courte que possible.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce jeudi, 09 septembre 2021, Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou, le président de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès), a conseillé le CNRD de ne pas faire des questions de développement une priorité. Il a exhorté que la junte militaire s’attèle à mettre en place des institutions fortes pour créer le cadre pour des élections libres et transparentes.

Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, président de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès)

« La gestion des affaires dans ce pays est compliquée, parce qu’elles ont été mal conçues dès le départ. Les militaires, sous l’ordre du colonel Doumbouya, devraient s’intéresser à la question d’équilibre pour harmoniser le cadre de vie au niveau de la population, faire en sorte que la paix règne. Ensuite, ils doivent s’atteler à pouvoir mettre en place des institutions fortes pour créer le cadre pour qu’il y ait des élections libres et transparentes. Les questions de développement ne devraient pas être leur priorité, parce que c’est des projets à long terme », a indiqué Dr Zoutomou.

Pour ce qui est de la durée de la transition qui doit aboutir à ces élections, le président de l’UDRP a laissé entendre qu’un an (soit 12 mois) serait raisonnable.

« La durée de la transition dépend de l’ampleur des problèmes à régler. Mais, je pense qu’une transition d’un an (soit 12 mois) serait raisonnable. Je ne connais pas l’ampleur de tous les problèmes, parce qu’en réalité, il y a eu tellement de torts commis, je dirais qu’il faut qu’on organise des audits pour savoir qui a fait quoi. Quand tu te construis des immeubles partout, il faudrait qu’on sache d’où est venu l’argent. On connaît la rémunération qui leur était faite au moment où ils travaillaient. Il suffit de prendre dans la durée pour voir si la valeur dépasse », a dit Dr Zoutomou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Guinée : les comptes bancaires des ministres d’Alpha Condé gelés

9 septembre 2021 à 20 08 38 09389

C’est une mauvaise nouvelle pour les dignitaires du régime Alpha Condé. Les anciens ministres et autres commis de l’Etat ne pourront plus retirer de l’argent de leurs comptes bancaires jusqu’à nouvel ordre. C’est l’une des décisions prises par le CNRD (la junte militaire qui a pris le pouvoir en Guinée) et annoncées dans un communiqué publié ce jeudi soir, 9 septembre 2021, à la télévision nationale.

« Dans le cadre de la sécurisation des fonds de l’État, le CNRD décide du gel temporaire des opérations de retraits sur les comptes bancaires relatifs aux entités ci-dessous :

1- les établissements publics à caractère administratif et commercial existant dans tous les départements ministériels et à la présidence.

2- les programmes et projets d’initiative présidentielle.

3- les membres du gouvernement sortant ainsi que les hauts fonctionnaires, administrateurs et régies financières de l’État.

Ces mesures qui visent à préserver l’intérêt du pays entrent en vigueur à la date de publication du présent communiqué.

La Banque centrale de la République de Guinée, les banques primaires et les établissements financiers sont chargés de l’application rigoureuse de cette décision.

Tout contrevenant sera tenu comme responsable de l’infraction et en subira toutes les conséquences », a prévenu le colonel Mamady Doumbouya, nouvel homme fort de Conakry.

Guineematin.com

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Chute du régime Alpha Condé : « tous ceux qui ont commis des crimes doivent être jugés », dit un ancien prisonnier

9 septembre 2021 à 20 08 18 09189
Mamadou Diouldé Diallo, photographe de l’UFDG

Mamadou Diouldé Diallo, l’un des photographes de l’UFDG, fait partie des 79 prisonniers politiques qui ont été libérés, suite au coup d’Etat militaire du colonel Mamady Doumbouya qui a renversé le président Alpha Condé. C’est avec beaucoup de soulagement que le jeune opposant a recouvré sa liberté, après avoir passé dix mois en détention à la maison centrale de Conakry. Dans un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com, au lendemain de sa sortie de prison, il a remercié la junte militaire à l’origine de cette délivrance.

« Je remercie Dieu le Tout puissant Allah qui m’a donné la santé durant les dix mois de souffrance que j’ai passés à la maison centrale de Conakry. Je rends hommage à Roger Bamba qui a perdu la vie dans cette prison. C’est la première personne qui m’a soutenu là-bas. Quand on m’a envoyé à la maison centrale, il a dit : Diouldé, je suis avec toi. Il a pris ses propres habits, il me les a donnés. Que son âme repose en paix.

Je remercie mes parents, notamment ma mère qui a toujours été là pour moi, je remercie toutes les personnes qui m’ont apporté leur soutien pendant cette période difficile. Je remercie aussi le colonel Mamady Doumbouya, notre libérateur. Le combat pour lequel on nous a mis en prison, on ne l’a pas mené pour une personne. On l’a mené pour toute la Guinée, pour que la Guinée recouvre la liberté et la démocratie », a déclaré l’opposant.

Le photographe dit avoir pardonné à l’ancien régime la souffrance qu’il lui a fait personnellement subir. Par contre, il souhaite que les crimes commis sous le règne d’Alpha Condé ne restent pas impunis. « Mon souhait est que toutes les personnes qui ont participé aux assassinats de jeunes que nous avons connus ici répondent de leurs actes devant la justice.

Je souhaite que notre justice soit désormais indépendante et équitable. Que tous les citoyens qui sont brimés soient rétablis dans leurs droits. Que tous ceux qui ont commis des crimes, qu’ils soient humains ou économiques, durant le règne de M. Alpha Condé, soient jugés conformément aux lois de la République », a dit Mamadou Diouldé Diallo, qui a été accueilli dans une ambiance festive à son retour chez lui.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: 622919225

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Eviction d’Alpha Condé : la CNPG et PNJDD félicitent la junte militaire

9 septembre 2021 à 20 08 01 09019

Déclaration : Nous, membres de la Coalition Nationale pour la Paix en Guinée (CNPG) et de la Plateforme Nationale des Jeunes de l’Axe pour la Démocratie et le Développement (PNJDD) dont les objectifs convergent pour la Prévention, la Gestion et la transformation des conflits d’une part, la promotion et l’appropriation des Droits de l’Homme et des valeurs démocratiques, d’autre part, suivons avec beaucoup d’intérêts l’évolution de la situation qui prévaut dans notre pays. Par conséquent, nous prenons acte du changement de régime ainsi opéré en République de Guinée ce dimanche, 05 Septembre 2021 par l’Armée guinéenne républicaine à travers le Comité Nationale de Rassemblement et de Développement (CNRD), à sa tête le COLONELMAMADY DOUMBOUYA.

Nous félicitons le Comité Nationale de Rassemblement et de Développement (CNRD) et son Président pour la gestion non-violente de l’événement et par conséquent, plaidons pour un apaisement de l’atmosphère politique pour le renforcement de la paix, de la cohésion sociale et des acquis démocratiques, socle de tout développement humain durable.

Nous encourageons le Comité Nationale de Rassemblement et de Développement (CNRD)à s’investir pour la gestion inclusive d’une transition positive et constructive comme annoncé dans les différents communiqués dont les contenus rassurent le peuple de Guinée pour un lendemain meilleur.

·         Fidèles à notre vocation de promotion de la culture de la paix et de l’unité nationale, à notre mission de prévention et de gestion des conflits sur toute l’étendue du Territoire National en synergie avec d’autres acteurs de paix sur le terrain et ce, au-delà de toute considération partisane ; 

·         Prenant acte des déclarations du Comité Nationale de Rassemblement et de Développement (CNRD) à diligenter un dialogue inclusif pour une meilleure gestion de la transition ;

         ·            Prenant acte du retour de l’armée au pouvoir, retour motivé par des insuffisances qui ne favorisaient guère la paix et de la cohésion sociale ;

         ·            Tirant les leçons des erreurs du passé dont entre autres les beaux discours et la prolifération des mouvements de soutien qui n’ont cessé de désorienterles précédents régimes de leur vision pour une Guinée meilleure et, considérant le niveau de manipulation très poussée de l’opinion publique sur des fonds de subjectivité et à élan ethno-communautaire par certains acteurs politiques et organisations de la Société Civile ;

         ·            Considérant les motivations ayant conduit l’armée guinéenne républicaine à travers le Comité Nationale de Rassemblement et de Développement (CNRD) à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée

         ·            Vu la précarité des conditions de vie de la majorité écrasante de la population guinéenne ;

         ·            Vu les résultats mitigés de la Communauté Internationale sur les médiations pour la résolution des nombreuses crises en Guinée ;

         ·            Considérant les premiers discours et actes administratifs posés de façon salutaire et responsable, dans une certaine mesure, par le CNRD, avec une forte adhésion des différentes composantes de la population guinéenne ;

La Coalition Nationale pour la Paix en Guinée (CNPG) et la Plateforme Nationale des Jeunes de l’Axe pour la Démocratie et le Développement (PNJDD) invitent :

1. le Comité National de Rassemblement et de Développement (CNRD) à:

         ·            Continuer son élan de rassemblement des guinéens et de tous les guinéens dans le respect des Droits Humains et des principes démocratiques comme il le prône tant dans les discours que dans les actes ;

         ·            Considérer l’adhésion des populations à sa prise du pouvoir comme une circonstance atténuante et une autre chance qu’offre à l’armée l’histoire de notre patrie, mais non une opportunité d’enrichissement comme ce fut le cas par le passé. Les dénonciations faites parle CNRD contre les comportements de certains opportunistes face aux opérateurs économiques ces derniers jours rassurent le peuple face à de tels comportements ;

         ·            Engager de manière objective et effective des consultations inclusives et participatives avec l’ensemble des catégories sociopolitiques du pays et les partenaires pour définir la feuille de route d’une transition positive et constructive ;

         ·            Contribuer et favoriser la définition et la mise en route des voies et moyens pour la réconciliation nationale en Guinée en tirant les leçons des graves violations des Droits de l’Homme enregistrées en République de Guinée. Poursuivre les actions de la Commission Provisoire de la Réconciliation Nationale en Guinée (CPRN) dont les recommandations souffrent encore de mise en œuvre ; 

         ·            Poser des actes pour la mise en œuvre effective des politiques de la décentralisation pour une présence effective de l’Etat en Guinée ;

         ·            Contribuer à la promotion et au renforcement des mécanismes traditionnels et modernes de prévention, de gestion et de résolution des conflits et violences avec l’accent sur la participation responsable des femmes et des jeunes dans les instances de prise de décision ;  

         ·            Mettre en place et rendre fonctionnelle une commission indépendante chargée de faire la lumière sur les violations des Droits de l’Homme enregistrées en Guinée 

         ·            Etre vigilantes face aux ralliements à relent démagogique et politicien ; 

2. La Classe Politique guinéenne

         ·            A mettre fin, définitivement, aux combines visant à instrumentaliser les différents rendez-vous de la République avec son histoire ;

         ·            A éviter la manipulation de l’opinions publique au préjudice du peuple de Guinée ;

         ·            A s’investir davantage dans l’éducation citoyennes de leurs militants et sympathisants ;

         ·            A mieux vulgariser les projets de sociétés de leurs formations politiques en lieu et place des discours à élan ethno-communautaire

3. La Société Civile et les Lobbyings Médiatiques à :

         ·            Evaluer périodiquement les effets des déclarations et émissions à grande écoute sur la vie de la nation et, ainsi, s’affranchir des agendas politiques cachés ;

         ·            Etre vigilants contre toute tentative d’abus de pouvoir ou de déviation du programme de la transition ;

         ·            A s’organiser pour l’information des populations sur l’évolution de la transition.

4. La Communauté Internationale à travers la CEDEAO, l’UA et l’ONU   

         ·            A restaurer son image et se réinventer à partir de cette situation guinéenne et conduire dorénavant les processus de médiation de façon équitable et dans l’intérêt exclusif des peuples, en considérant la transition comme une course de fond et non une course de vitesse ;

         ·            A appuyer davantage les organisations de la société civile guinéenne dans leurs actions de dénonciation des mauvaises pratiques, de promotion, de vulgarisation et d’appropriation des Droits de l’Homme et des valeurs démocratiques.

Puisse DIEU guider le CNRD dans l’intérêt du Peuple martyr de Guinée. 

Vive l’Unité Nationale ;

Vive la Démocratie et la Paix ;

Vive la Coopération Internationale. 

Pour la CNPG et la PNJDD

Les Présidents

Bintou Mady KABA et Houda SOW 

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Situation des travailleurs guinéens : ce que la FESATEL recommande au CNRD

9 septembre 2021 à 19 07 48 09489

Dans une déclaration publiée ce jeudi, 9 septembre 2021, la FESATEL a pris acte de la prise du pouvoir par le CNRD, saluant la non exposition des civils pendant l’opération qui a conduit à l’arrestation du président Alpha Condé. Elle demande aux nouvelles autorités du pays de mettre en place rapidement un cadre de dialogue social regroupant toutes les forces vives représentatives du pays, afin de repenser les textes et lois sociales pour le bien-être des travailleurs guinéens. Guineematin.com vous propose de lire ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

DECLARATION DE LA FESATEL 

Abdoulaye Barry, secrétaire général de la FESATEL

Camarades Salut !!!

La Fédération syndicale Autonome des Télécommunications et assimilés en République de Guinée (FESATEL) prend acte de la prise du Pouvoir par le Comité National pour le Rassemblement et le Développement CNRD le dimanche 05 septembre 2021.

La FESATEL, représentante légale et légitime des Travailleuses et des Travailleurs du secteur des postes, télécommunications et Assimilées en République de Guinée dotée d’une convention collective avec l’État et venant de sortir d’une grève dont la fin a été marquée par un protocole d’accord signé avec I’ETAT-PARONAT à la date du 19 Août 2021.

A rappeler bien que ce secteur est l’un des plus porteurs et est le plus performant de l’économie nationale reste celui qui subit le plus la pression fiscale en GUINEE (Rapport 2020 GSMA).

La FESATEL salue la non exposition des Citoyens Civils et Travailleurs pendant les évènements survenus le 05 septembre dernier et compte sur le Comité National pour le Rassemblement et le Développement de continuer à œuvrer pour garantir la sécurité de la population.

Considérant les objectifs et engagements énoncés par le Comité National pour le Rassemblement et le Développement, la FESATEL reste disposée et prête à l’accomplissement d’un cadre de restauration du droit social, du dialogue social, du rassemblement global et du développement national dans l’intérêt supérieur de la nation et des ayants droit.

La FESATEL préconise un débat inclusif avec la participation des organisations syndicales représentatives au niveau des travailleurs, car le paysage syndical a fortement évolué.

Pour cela la FESATEL, Fédération Syndicale Autonome des Télécommunications et assimilés, recommande fortement et hâtivement la mise en place d’un Cadre de Dialogue Social regroupant toutes les forces vives représentatives du pays afin de repenser les textes et lois sociales pour le bien être des travailleurs, cette brave main d’œuvre ainsi que celui des citoyens de notre cher pays la Guinée.

Vive le Travail

Vive les Travailleurs

Vive la FESATEL

Vive La République de Guinée

Fait à Conakry, le 09 septembre 2021

Le Secrétaire Général : Abdoulaye BARRY

Membre du Bureau National : Cécé Jérôme Haba.

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Jacques Gbonimy prévient : « une transition qui dure plus de 2 ans n’a plus de sens »

9 septembre 2021 à 19 07 37 09379
Jacques Gbonimy, président du parti UPG

Venu au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat perpétré le weekend dernier contre le régime d’Alpha Condé, le comité national de rassemblement et du développement (la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée) a promis de conduire une transition qui va déboucher sur des élections. Mais, cinq jours après son installation au sommet de l’Etat, le CNRD n’a toujours pas éclairé les guinéens sur le temps que durera cette transition. Cependant, dans la classe politique où la fièvre de la chute d’Alpha Condé se dissipe peu à peu, certains acteurs commencent déjà à émettre des souhaits sur ce qui doit être fait pendant cette transition et la durée de cette période d’exception.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce jeudi, 09 septembre 2021, Jacques Gbonimy, le président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), a demandé au CNRD de s’atteler à la mise en place des organes de transition.

« D’abord, il faut mettre en place un Conseil de la transition devant élaborer une nouvelle constitution. À mon avis, la constitution de mai 2010 pourrait servir comme document de base, parce qu’elle faisait plus ou moins l’unanimité au sein de la classe politique et sociale de notre pays. C’est vrai qu’il ne s’agira pas de la ramener en tant que telle ; mais, on peut l’utiliser comme document de base et corriger ses insuffisances. Ensuite, il faut organiser des élections transparentes, équitables dont les résultats seront acceptés par tous. Et, parmi les institutions qu’il faut mettre en place par après, il y a celles à la base, c’est-à-dire les communes, l’Assemblée nationale et une présidence avec une personne qui soit effectivement choisie par le peuple », a indiqué Jacques Gbonimy.

Pour ce leader politique, les autorités de la transition ne doivent pas prendre comme priorité des projets de développement susceptibles d’allonger cette période d’exception. D’ailleurs, il plaide en faveur d’une transition qui ne dépassera pas 18 mois.

« Il est vrai qu’un Etat doit vivre. Et donc, le pouvoir de transition ne doit pas seulement se limiter à la mise en place des institutions. Mais, c’est ce qui doit être sa priorité, tout en gérant les problèmes des guinéens au fur et à mesure. Le problème de développement ne doit nullement être sa principale priorité. Le délai de la transition dépend de la feuille de route qui va être élaborée. Et, cette feuille de route devra tenir compte de la mise en place du Conseil de transition, du référendum pour voter la loi et des élections pour mettre fin à la transition. Seulement, une transition qui dure plus de 2 ans n’a plus de sens. Donc, la durée doit varier d’un an à 18 mois », a dit Jacques Gbonimy.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Chute d’Alpha Condé : Faranah manifeste son soutien au CNRD

9 septembre 2021 à 19 07 33 09339

Dans la matinée de ce jeudi, 09 septembre 2021, les rues de la commune urbaine de Faranah étaient bondées de monde. Les populations de cette ville (réputée être un fief historique d’Alpha Condé, désormais ancien président de la Guinée) étaient sorties pour exprimer leur soutien au comité national de rassemblement et du développement (CNRD), la junte militaire actuellement au pouvoir en Guinée, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture de Faranah.

Cette manifestation de réjouissance dans cette ville de la Haute Guinée est intervenue moins d’une semaine après le coup d’Etat qui a renversé le régime d’Alpha Condé. Et, c’est avec des slogans d’allégeance et de soutien au CNRD que les populations (en majorité des jeunes) ont paradé dans les rues.

« Vive l’armée guinéenne ! Vive le CNRD ! Faranah soutient le CNRD, Colonel Mamady Doumbouya président », scandait la foule qui est partie de la ‘’Tribune officielle’’ pour le gouvernorat, en faisant le tour des grands ronds-points de la ville.

Le tricolore guinéen à la tête, Moussa Oularé, un des manifestants, est convaincu que le coup d’Etat contre Alpha Condé était nécessaire pour remettre la Guinée sur le chemin du développement.

« L’armée a pris ses responsabilités à cause de tout ce que chacun de nous était en train d’observer dans le pays. La population avait souffert, il fallait renverser la tendance, prendre en main les destinées du pays pour que le développement tant attendu soit amorcé. C’est ce qui est notre principale motivation. La Guinée vient de loin. Depuis 1958, nous sommes indépendants… Il faut mettre tout le monde sur les rails, puisque nous sommes dans un pays de démagogie », a-t-il indiqué.

Au gouvernorat où les nouvelles autorités de Faranah ont accueilli les manifestants, Diawa Oularé, le porte-parole de cette foule en liesse, a exprimé le soutien et la disponibilité des populations de Faranah à accompagner le CNRD dans les actions de développement.

« Les populations de Faranah ont appris avec satisfaction la prise de la destinée de notre cher pays par le CNRD, à sa tête le Colonel Mamady Doumbouya, officier bien connu et admiré de tous. À Faranah, cette prise du pouvoir, amorcée dans une atmosphère de douceur, sans incident, a inspiré l’admiration et la confiance placées aux nouvelles autorités du pays. Donc, c’est sans aucun doute que les populations de Faranah, de la commune urbaine aux 14 sous-préfectures, sont disposées à accompagner le CNRD pour le rassemblement des guinéens et le développement de la Guinée. C’est aussi une occasion de saluer vivement le retour annoncé au pays natal de certains de nos officiers supérieurs natifs de Faranah, arbitrairement éloignés du pays à cause de leur intégrité morale et leur esprit républicain. Je veux parler des généraux Aboubacar Sidiki Camara connu sous le nom Général « Idi Amin » et Boundouka Condé », a dit Diawa Oularé.

Prenant la parole devant cette foule en liesse, le gouverneur de la région administrative de Faranah, le colonel Malick Diakité, a remercié les citoyens de Faranah pour cette grandiose mobilisation. Il les a aussi exhortés à la paix pour un développement harmonieux.

« Faranah est respectueux de sa parole. Je vous remercie de votre soutien au CNRD et à son président, le colonel Mamady Doumbouya. Je vous demande de prier pour nous, vous ne serez pas déçus. Cultivons la paix ; car, sans la paix, le développement est difficile », a-t-il déclaré, sous les ovations des populations.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 620241513/660272707

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Suspension de la Guinée par la CEDEAO : réactions des citoyens à Conakry

9 septembre 2021 à 19 07 14 09149
Mohamed Bangoura, citoyen

Comme annoncé précédemment, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a sanctionné la Guinée, suite au coup d’Etat militaire qui a renversé le président Alpha Condé. Au cours d’un sommet extraordinaire tenu hier par visioconférence, les chefs d’Etat des pays membres de l’organisation sous régionale ont annoncé la suspension de la Guinée de toutes les instances de la CEDEAO.

Ils ont décidé aussi d’envoyer une mission demain, vendredi 10 septembre 2021, à Conakry, pour discuter avec la junte qui a pris le pouvoir.  Ces réactions suscitent aujourd’hui beaucoup de réactions en Guinée. Beaucoup de citoyens fustigent l’attitude de l’organisation sous régionale, perçue comme étant un syndicat qui défend les chefs d’Etat au détriment des populations. C’est le constat fait par un reporter de Guineematin.com qui a recueillis les avis de quelques habitants de Conakry sur le sujet.

Pour Mohamed Bangoura, un citoyen rencontré dans un bar café, cette sanction ne fait ni chaud ni froid à la Guinée. « Si nous sommes suspendus par une soi-disant CEDEAO, nous, on ne ressent pas cela. Moi-même, je me pose la question de savoir c’est quoi la CEDEAO. Si un président tord le coup à la loi dans son pays, la CEDEAO peut-elle le sanctionner ? Mais, dès qu’on arrête un président-dictateur, vous les voyez venir jouer au syndicat.

Nous, on ne reconnaît pas la CEDEAO, parce que c’est dans les moments difficiles qu’on reconnaît les vrais amis. Au moment où la Guinée était sous feu ici sous le règne d’Alpha Condé, on tuait les gens, on ramassait les corps par dizaines, où était la CEDEAO ? Ou bien cette organisation vient de naître ? Donc, leur sanction ne nous intéresse, nous sommes là derrière notre colonel Doumbouya. Je suis déçu de l’organisation et de leur ami Alpha Condé. Qu’ils nous laissent régler notre problème à l’interne ».

Mamadou Yaya Diallo, taxi motard

Mamadou Yaya Diallo, conducteur de taxi moto, pense aussi que les sanctions de la CEDEAO n’auront aucun effet sur la Guinée. « La CEDEAO s’est tue depuis longtemps. Il y a eu trop d’exactions qui se sont passées dans le pays, on n’a rien vu, on n’a rien entendu de la part de la CEDEAO. II y a eu tellement de tueries dans le pays sans qu’aucune enquête ne soit ouverte, encore moins une sanction prise.

C’est Pourquoi, moi, je ne comprends pas cette réaction de la CEDEAO. Parce que si elle prenait à bras le corps le problème guinéen, je ne pense pas qu’on serait arrivés à ce stade aujourd’hui. Maintenant qu’il y a eu ce putsch, moi, je ne vois pas de raison pour sanctionner le pays. Mais, à mon avis, c’est une sanction sans effet ».

Mohamed Kouyaté

Par contre, Mohamed Kouyaté, lui, comprend l’attitude la CEDEAO. « Le fait que la CEDEAO décide de sanctionner la Guinée et d’envoyer une mission dans le pays pour évaluer la situation, c’est tout à fait normal. C’est ça la règle. Partout où il y a un coup d’Etat, on assiste à une vague de condamnations et quelques fois de sanctions. Mais, je pense que la CEDEAO n’est pas intervenue à temps sur la situation en Guinée. Parce qu’on a connu ici une grave crise (liée au troisième mandat du président Alpha Condé), mais elle n’a rien fait pour aider les Guinéens à sortir de cette situation ».

Cheick Hamed Diakité

Cheick Hamed Diakité estime aussi que la CEDEAO n’a pas aidé la Guinée lorsqu’elle en avait besoin. « Parce que depuis 2019, il y a un front ici appelé FNDC (Front national pour la défense de la constitution) qui s’est opposé au projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Malheureusement, ce dernier n’a pas voulu comprendre. Il a insisté et il est allé aux élections pour se maintenir au pouvoir.

Et après les élections, c’est la misère, la gabegie et les détournements des deniers publics. C’est pourquoi, moi, je ne condamne pas ce coup d’Etat. Maintenant, en ce qui concerne la réaction de la CEDEAO, si on arrive à des sanctions économiques, on peut craindre les conséquences de cela. Mais sur le plan politique, je pense que les sanctions de la CEDEAO ne vont nullement isoler la Guinée ».

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Guinée : qui pour conduire la transition ?

9 septembre 2021 à 18 06 57 09579
Colonel Mamady Doumbouya

Aujourd’hui, cinquième jour de la chute du régime Alpha Condé, le débat est de plus en plus porté sur les tractations pour la composition du gouvernement de transition devant permettre à la Guinée de tourner définitivement la page sombre de ces onze dernières années. À la différence de la transition de 2010, cette année, la classe politique est orpheline d’un acteur qui fut incontournable durant les dernières décennies. Un certain Alpha Condé qui, par le passé, a su manipuler tout le monde pour arriver à ses fins.

C’est grâce à la lutte menée par la classe politique et la société civile depuis le début des années 90 que l’opposant historique a réalisé sa consécration. Et c’est parce qu’il a foulé sous le pied l’idéal pour lequel certains guinéens lui ont accordé leur confiance qu’il a reçu une humiliation sans égale et est privé de liberté depuis le 5 septembre 2021.

L’arroseur étant désormais arrosé, la Guinée est à nouveau à la croisée de chemins. Elle doit une nouvelle fois envisager son avenir et son devenir. Dans l’immédiat, l’urgence est la composition de l’équipe gouvernementale devant remettre le pays sur les rails. De cette composition dépendra les autres processus : mise en place d’une nouvelle constitution, une nouvelle CENI, un nouveau fichier électoral et enfin l’élection d’un président de la République.

Pour le moment, il est illusoire de penser que la mise à l’écart d’Alpha Condé est une fin en soi. Seul le président est parti. Le système, lui, reste intact. Ce système sans scrupule et immoral doit être combattu. Avec lui, tous ceux qui l’incarnent. Ceux qui pensent que la politique est synonyme de mensonge, de la duplicité et de la trahison et de toutes les choses négatives. Alors que la politique c’est tout sauf cela. La politique n’est rien d’autres que la GESTION DE LA CITÉ.

Ces dernières années, les hommes caméléons (opposants le matin et partisans le soir) ont perverti la noble politique. Faisant croire à la jeune génération que le bon et meilleur politique est celui qui est dépourvu de la morale et de convictions. Une nouvelle implication de ces hommes dans la gestion de la très digne et très respectée REPUBLIQUE encouragerait et pérenniserait la perversion de l’Etat guinéen.

C’est pourquoi, le choix des hommes et des femmes devant conduire la nouvelle transition sera déterminante. La Guinée ne peut pas se permettre de commettre l’erreur que les Maliens ont commise en écartant l’auteur du coup d’Etat dans la conduite de la transition. Avec le colonel Mamady Doumbouya comme président de la transition, son Premier ministre devrait être une personnalité intègre, reconnue pour son patriotisme et sa neutralité. Par exemple, Khalifa Gassama Diaby, ministre de la Citoyenneté et de l’Unité nationale, qui fait partie du trio qui a préféré le pays à l’intérêt égoïste. Ceux qui ont osé démissionner pour marquer leur désaccord dans la façon dont le pays était géré. Les deux autres sont Cheick Sacko et Abdoulaye Yéro Baldé. Le critère de choix de Diaby serait double : son intégrité comme indiqué ci-haut mais aussi ses compétences. L’autre atout que l’homme possède est qu’il est issu d’une minorité ethnique. Donc, censé être neutre.

Khalifa Gassama Diaby, ancien ministre de la Citoyenneté et de l’Unité nationale

Le duo Doumbouya et Diaby pourrait être renforcé par des militaires et des civiles tout aussi reconnus pour leur intégrité, leur patriotisme et leurs compétences. S’il est impossible de donner quelques noms dans l’armée, en revanche, pour les civils, beaucoup de cadres sont connus parce qu’ils se sont illustrés durant la crise consécutive au troisième mandat. Des cadres qui ont renoncé aux avantages et privilèges. Mais aussi ont résisté à toutes les pressions politiques, économiques et même communautaires. Ils ont mis la Guinée avant tout.

Au sein de la société civile, on peut citer entre autres Abdourahmane Sano, Sékou Koundouno, Ibrahima Diallo, Oumar Sylla dit Foniké Mengué et beaucoup d’autres. Ou encore l’ancien bâtonnier Me Mohamed Traoré. Lequel pourrait être un bon ministre de la Justice. Outre son profil de juriste compétent, il s’est illustré dans le combat pour la démocratie et l’Etat de droit en Guinée. Et que dire de cas cadres de l’ancien parti présidentiel qui ont eu l’audace -et même la témérité- d’être seul contre tous en s’opposant au troisième mandat. Comme le cas d’Ismail Condé qui fut l’exception qui confirme la règle.

A l’opposé de ces valeureux fils de Guinée, qui font fierté de leur pays, il faut écarter tous ces opportunistes sans foi ni loi qui considèrent que la politique est un jeu de dupes.  Ils sont opposants le matin et partisans le soir. Sans scrupules, ces hommes caméléons sont connus de tous les Guinéens.

Habib Yembering Diallo pour guineematin.com

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Durée de la transition : Bah Oury propose 2 ans au maximum

9 septembre 2021 à 17 05 07 09079
Bah Oury, président de l’UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée)

Combien de temps durera la transition ? C’est l’une des questions qui se posent aujourd’hui en Guinée, quelques jours après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Alpha Condé. Une question sur laquelle s’est prononcé l’opposant Bah Oury dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce jeudi, 9 septembre 2021. Le président de l’Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée (UDRG) souhaite que la durée de la transition n’excède pas deux ans.

« Comme le CNRD (la junte militaire qui a pris le pouvoir en Guinée) l’a communiqué, il y aura des concertations pour définir les grands axes de la transition que la Guinée va entrouvrir dans les prochains jours. Mais, il y a des chantiers qui sont du ressort exclusif de la transition : il faut refaire la constitution pour qu’elle soit adoptée par voie référendaire, le système électoral doit être refondé en profondeur pour avoir un recensement exhaustif du corps électoral guinéen aussi bien de ceux qui sont à l’intérieur du pays que de ceux qui sont à l’extérieur afin d’avoir un fichier fiable infalsifiable et qui peut être un instrument d’organisation d’élections crédibles, incontestables. Pour cela,  au minimum, s’il n’y pas d’accident, il faut 18 mois et au maximum 24 mois », a dit M. Bah.

A rappeler Bah Oury est le premier responsable politique guinéen à être reçu par le colonel Mamady Doumbouya, le président du CNRD, actuel homme fort de Conakry. Les deux hommes se sont entretenus sur la nécessité d’aller vers un processus de transition pacifique apaisée en Guinée.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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UBA Guinée lance les « UBA Business Series »

9 septembre 2021 à 17 05 03 09039

Dans sa stratégie d’accompagnement de petites et moyennes entreprises, la banque UBA Guinée lance les « UBA Business Series », qui est un panel de discussion en ligne avec ses clients en particuliers et le grand public en général.

Se déroulant chaque mois, « UBA Business Series », est une initiative de renforcement des capacités de la banque, où des experts, leaders et chefs d’entreprise bien connus dans leur domaine, partageront leur connaissance avec une audience essentiellement constituée de petites et moyennes entreprises.

La première édition se tiendra le Jeudi 16 Septembre 2021 sur la page Facebook de UBA Guinée et aura comme invitée spéciale, Mme Maimouna Barry Baldé, Directrice Générale de NSIA Assurances.

Le thème de cette édition de la série est « Les enjeux de l’assurance pour les banques ».

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Victime d’agression en mai dernier : Saliou, un communicant de l’UFDG se confie à Guineematin

9 septembre 2021 à 16 04 42 09429
Mamadou Saliou Diallo, Yali Popodara

Mamadou Saliou Diallo communément appelé Yali Popodara a été agressé par  des inconnus le 19 mai 2021 à Koloma, dans la commune de Ratoma. A cette malheureuse occasion, ce membre de la cellule de communication de l’UFDG (principal parti de l’opposition guinéenne) a été grièvement blessé, ses habits déchirés et son argent emporté par les assaillants. Encore convalescent, la victime a relaté sa mésaventure samedi dernier, 3 septembre 2021, au cours d’un entretien qu’il a accordé à un reporter de Guineematin.com

Dans sa narration des faits, Mamadou Saliou que c’est en rentrant chez lui le 19 mai 2021, aux environs de 19 heures 45, qu’il a été agressé  par quatre personnes. « Je rentrais chez moi. Je suis venu jusqu’au niveau de la RTG de Koloma. J’ai trouvé quatre jeunes. J’ai pensé qu’ils faisaient du sport. Ils m’ont appelé par mon  nom. Dès que j’ai ralenti, ils sont tombés sur moi. Ils m’ont blessé avec un couteau sur 5 parties de mon corps. Ils ont emporté mes téléphones, mon argent, ils ont déchirés mes habits. Lorsqu’ils ont fini de faire leur sale besogne, des gens sont venus m’aider. J’ai garé  ma moto et je suis allé à l’hôpital. Pendant deux mois je suis à la maison. Beaucoup de  personnes sont venus voir mon état à commencer par le Président de l’UFDG Elhadj Cellou Dalein Diallo. Les militants du parti aussi, la section motard, tout le monde est venu me voir »,  a-t-il confié avant d’affirmer toutefois qu’il ne va pas porter plainte.

« Actuellement j’ai perdu l’usage d’une main. Même faire sortir quelque chose de ma poche avec cette main, c’est impossible. Les médecins m’ont dit qu’à la longue je retrouverai son usage. J’espère qu’il en sera ainsi », conclut-il.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/664 413 227

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Abdourahmane Kaba, tué en défendant Alpha Condé : sa mère est inconsolable

9 septembre 2021 à 16 04 40 09409

On ne sait pas encore combien ils sont. On sait tout de même que le coup d’Etat militaire survenu le 5 septembre 2021 en Guinée a fait plusieurs morts. Certaines sources font état d’une vingtaine de membres de la garde présidentielle, qui ont perdu la vie dans les échanges de tirs ayant précédé l’arrestation du président, Alpha Condé, au palais présidentiel.

Parmi ces victimes, caporal-chef Abdourahmane Kaba, alias Benjamin, qui était en service au Bataillon autonome de sécurité présidentielle (BASP). Le décès du jeune homme de 24 ans laisse sa famille dans une profonde consternation, a constaté un correspondant de Guineematin.com qui est allé à la rencontre de ses parents.

Comme tout le monde, les parents du caporal-chef Abdourahmane Kaba ont été surpris, dimanche matin, d’apprendre qu’il y a des tirs nourris en cours aux alentours du palais Sékhoutouréya, où résidait le président Alpha Condé. Une nouvelle qui a suscité de l’inquiétude chez eux, sachant bien que leur fils était de garde sur les lieux. Ils sont restés dans le doute jusqu’au lendemain, avant de savoir qu’il est décédé.

Idrissa Camara, père adoptif du défunt

« Il est parti au travail samedi, il a passé la nuit là-bas. Et le dimanche matin, lorsqu’on a appris qu’il y a eu des tirs à Kaloum, on a essayé de le joindre au téléphone. Son téléphone a sonné toute la journée, jusqu’à 20 heures, sans réponse. Donc, le lundi matin, j’ai envoyé ma femme pour chercher à avoir de ses nouvelles. Dans ses recherches, quelqu’un lui a dit d’aller à l’hôpital.

Arrivée là-bas, elle est partie à la morgue pour demander, elle a dit qu’elle cherche son fils Abdourahmane Kaba. Ils lui ont demandé s’il n’a pas de surnom et elle a dit qu’il est surnommé Benjamin. Ils ont vérifié sur la liste et lui ont dit qu’il est décédé », a expliqué Idrissa Camara, père adoptif du défunt (le mari de sa mère).

Baliya Bangoura, mère d’Abdourahmane Kaba

Sa mère, elle, est inconsolable. Baliya Bangoura a du mal à croire que son fils qu’elle chérissait est parti à jamais. « Je me sens très mal aujourd’hui. J’ai le cœur meurtri, parce que j’ai perdu mon fils aîné. Un fils qui m’aimait beaucoup, qui me soutenait, qui faisait tout ce qu’il pouvait pour moi. Il était tout pour moi », a-t-elle dit, en sanglotant.

A noter que le caporal-chef Abdourahmane Kaba dit Benjamin était fiancé. Depuis qu’il a intégré l’Armée guinéenne, il était en service à la présidence de la République.

Abdourahmane Kaba, dit Benjamin

Mariame Diallo pour Guineematin.com

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Grave accident à Kindia : le dernier bilan fait état de 13 morts et 15 blessés

9 septembre 2021 à 16 04 39 09399

On en sait un peu plus sur le grave accident de la circulation survenu hier, mercredi 8 septembre 2021, à Kindia. Le dernier bilan fourni ce jeudi par les autorités sanitaires et sécuritaires fait état de 13 morts et 15 blessés dont certains dans un état grave, a appris Guineematin.com à travers ses correspondants dans la préfecture.

« Ça a été un accident très grave, en ce sens que nous sommes à ce jour à un total de 13 morts et 15 blessés qui sont hospitalisés au service de chirurgie. Certains sont dans un état relativement grave, donc nous sommes tenus de les référer au niveau des hôpitaux de Conakry », a indiqué  Fakourou Dansoko, Directeur régional de la santé de Kindia.

Chef d’escadron Jimys Niamy, commandant de la compagnie de sécurité routière de région gendarmerie de Kindia

L’accident s’est produit au niveau de la localité de Kombitidé, dans le district de Séguéya. Selon le commandant de la gendarmerie routière de Kindia, c’est la défectuosité du système qui a causé le drame. « Ils étaient une trentaine de passagers dans le camion en partance pour le marché hebdomadaire de Benna Léfouré (dans la préfecture de Forécariah). Arrivé à Séguéya, le conducteur a enregistré une défectuosité du système de freinage. Donc, c’est ce qui l’a conduit dans un déséquilibre. Il a perdu le contrôle de son engin et le camion est allé se renverser. 12 personnes sont mortes sur place et une autre dame a succombé à ses blessures à l’hôpital. Ce qui fait maintenant 13 morts et 15 blessés », a dit le chef d’escadron Jimys Niamy, précisant que le camion est parti de la gare routière de Kindia pour la localité de Benna Léfoura.

Les autorités ont remis les corps à leurs familles respectives. 11 d’entre eux seront inhumés ce jeudi à Benna (Forécariah) et les 2 autres à Tabily (Coyah).

Dr Fakourou Dansoko, Directeur régional de la santé de Kindia

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé et Amadou Batouala Diallo pour Guineematin.com

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Fodé Soumah tué lors de la chute du régime Alpha Condé : réaction de sa mère

9 septembre 2021 à 14 02 38 09389

Contrairement à ce que croient jusque-là les guinéens dans leur majorité, le coup d’Etat militaire contre Alpha Condé ne s’est pas déroulé sans effusion de sang. Les combats du dimanche, 05 septembre 2021, entre les putschistes (les forces spéciales) et la garde présidentielle ont fait des morts. On ignore encore le nombre exact des personnes qui ont été tuées et leurs identités ; mais, au moins un civil fait partie des victimes fauchées par balles. Fodé Soumah, un civil d’une vingtaine d’années, a reçu une balle au ventre ce jour à Boulbinet (un quartier de la commune de Kaloum). C’était aux environs de 7 heures ; et, sa mère, Sira Bangoura, jure qu’il a été tué à bout portant par un militaire.

Dans un entretien avec Guineematin.com hier, mercredi 08 septembre 2021, cette mère encore inconsolable est revenue sur cette journée qui lui a coûté la vie de son fils.

Sira Bangoura, mère de la victime

« Ce jour, moi j’étais à la maison en train de préparer quand mon fils m’a appelé (son grand frère) pour me dire de ne pas sortir, qu’il y a des tirs à Boulbinet. Du coup, je me suis inquiétée pour mon fils et mes petits fils qui sont à Boulbinet là-bas. J’ai appelé ma petite fille pour lui demander s’ils sont tous à la maison, celle-là m’a dit que Fodé vient de sortir, qu’il est chez son grand. Alors, je lui ai dit d’aller toute suite voir s’il (Fodé) est là-bas et de me revenir. Entretemps, j’étais pris de peur. Donc, qu’il (Fodé Soumah) était assis avec son grand en bas d’un étage. C’est là qu’il a quitté pour aller tout près, dans une boutique. C’est en allant là-bas (à la boutique) qu’un militaire lui a tiré dessus à bout portant. Il est tombé en criant. C’est ainsi que les gens sont sortis pour le prendre. Mais, les militaires ont refusé en faisant les rafales pour empêcher les gens de se regrouper. Ces gens-là ont insisté pour aller le prendre et l’envoyer à l’hôpital, parce qu’il saignait. Arrivée à Ignace Deen, les médecins aussi ont mis du temps avant de s’occuper de lui. Finalement, les médecins ont décidé de l’opérer pour extraire la balle. Mais, à en croire son frère qui était présent, il (Fodé) est mort avant le bloc opératoire. Moi ce n’est qu’à 12 heures que j’ai pu sortir de la maison pour aller le voir à l’hôpital. Arrivée, on m’a dit que je ne peux le voir d’abord. Quelque chose de 30 minutes comme ça, mon mari est venu m’annoncer sa mort. Quand mon mari est venu leur demander le corps pour l’enterrement, les médecins lui ont fait savoir que ce n’est pas possible, que les corps sont au compte des autorités. Donc, le chef de quartier de Boulbinet a appelé mon mari pour qu’il aille à la commune pour dresser le rapport. Jusqu’à présent nous sommes dans cette attente d’avoir le corps de l’enfant, impossible. Mais, il (Fodé Soumah) a été expressément tué, ce n’est pas le fait d’une balle perdue. Parce que ses intestins étaient même sortis nous apprend-on. Nous on s’en remet à Dieu. Tout ce que nous demandons, c’est de nous remettre le corps de mon enfant », a indiqué madame Sira Bangoura.

Encore affligé, Aboubacar Soumah, un grand ami du défunt, se souvient encore des cris de douleur de Fodé Soumah quand il a été atteint par le tir qui lui a finalement coûté la vie. Et, il affirme que celui qui a tiré sur Fodé Soumah était vers la présidence.

Aboubacar Soumah

« J’ai passé la nuit avec le petit. Le matin quand on s’est réveillé,  nous avons fait notre toilette et on a pris le déjeuner ensemble. On est resté assis sous un immeuble en chantier où je fais la garde. En ce moment, les tirs n’avaient pas commencé. Entretemps, il s’est déplacé de quelques 100 mètres seulement. C’est là que les tirs ont commencé à retentir et qu’il (Fodé Soumah) a reçu une balle au ventre. C’était vers les 7 heures. Du coup, il est littéralement tombé en criant « mon ventre, mon ventre ». C’est là qu’on a su qu’il est atteint par une balle. On a tenté à plusieurs reprises de venir à son secours, mais on n’a pas pu. Il y avait même un militaire dans le quartier qui a tenté de le sauver, mais hélas, les tirs étaient trop intenses. Personne n’osait sortir. Quand les tirs ont ralenti, ses amis sont venus le prendre et nous l’avions envoyé à la maison chez ses parents. De là, il a été transporté d’urgence à Ignace Deen sous les tirs. Quelques temps après son arrivée à l’hôpital, les pleures ont retenti chez eux. Je suis venu en courant pour voir qu’est-ce qu’il y a. C’est là qu’on m’a dit que Joe (Fodé Soumah) n’est plus. C’était incroyable. Mais, celui qui a tiré sur lui était vers la présidence. Parce que tous les tirs presque venaient de la présidence. Je regrette son départ aujourd’hui. C’est un petit qui était respectueux et simple de caractère », a expliqué Aboubacar Soumah.

A noter que, selon des sources concordantes, les corps personnes (militaires et civiles) ayant perdu la vie lors du coup d’Etat de dimanche se trouvent à la morgue de l’hôpital national Ignace Deen.

Fodé Soumah

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Abdoulaye Bah ne décolère pas : « Alpha Condé a commis une abomination »

9 septembre 2021 à 14 02 11 09119

Au lendemain de sa sortie de prison, l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, Abdoulaye Bah a accordé une interview à Guineematin.com et à plusieurs médias étrangers accrédités dans notre pays. Fidèle à ses convictions, ce cadre de l’UFDG a martelé qu’Alpha Condé a commis une « abomination » vis-à-vis du peuple de Guinée.

Décryptage !

On vous retrouve chez vous en famille, est-ce que cette chaleur familiale vous a manqué ?

Abdoulaye Bah : évidemment, quand on a été injustement arrêté, on nous a mis au cachot à cause de nos convictions politiques et dans des geôles guinéennes, quand on retrouve la liberté et qu’on retrouve les siens, c’est un bonheur, une joie. Nous rendons grâce à Dieu, nous remercions nos parents qui nous ont mis au monde et qui nous ont éduqués. Nous remercions le peuple de Guinée, toute ethnie et toute religion confondues, et surtout vous les médias. On vous a suivi quand on était en prison et aujourd’hui, nous sommes libres de toute charge. Nous rendons encore grâce à Dieu et nous remercions tout le monde.

Est-ce qu’aujourd’hui on peut dire que monsieur Abdoulaye Bah sort de la prison ragaillardi, beaucoup plus engagé en politique qu’avant ?

Abdoulaye Bah, ancien détenu politique d’Alpha Condé

Abdoulaye Bah : Tout à fait. La prison, pour un homme politique qui défend des valeurs morales et légales fondées en démocratie, s’il est victime de l’injustice et qu’il fasse la prison, en revenant, il est rassuré qu’il est sur la bonne voie. Il était une menace pour ceux-là qui violaient les dispositions légales et morales du pays. Oui, Abdoulaye Bah revient ragaillardi, il revient déterminé avec modestie et humilité dans le cadre légal à continuer à combattre pour les valeurs démocratiques et morales pour son pays et pour ses concitoyens.

Vous devez votre salut à ces putschistes qui ont renversé Alpha Condé. Ils ont appelé à l’unisson, ils ont appelé tout le monde à se fédérer pour conduire cette transition. En tant qu’homme politique, vous y croyez et vous ne craignez pas un scénario à la Dadis ?  

Abdoulaye Bah : oui, en tant qu’humain, en tant que croyant, notre salut vient d’abord de Dieu qui nous a créés. Secundo, de leur prise de conscience de la décadence de la Guinée. Oui, nous avons bénéficié de leur largesse, de leur capacité à comprendre que la Guinée est dans l’abîme. Il (Mamady Doumbouya : ndlr) a dit quelque chose de très intéressant. Il a dit que le feu capitaine Rawlings du Ghana a dit ceci : lorsque l’élite politique civile faillit à sa mission d’unité nationale et de développement qui mènent au bonheur, l’élite militaire morale, car l’armée est morale, doit prendre sa responsabilité. La Guinée était dans cette situation. Cela étant dit, nous rendons grâce à Dieu qui nous a sauvés, à travers ce Comité National pour le Rassemblement et le Développement (CNRD), vis-à-vis de la politique de destruction de monsieur Alpha Condé. Alpha Condé nous a causé du tort, il a tué nos enfants, des centaines de jeunes à la fleur de l’âge. Il a mis fin à des carrières, il a divisé la Guinée, la gabegie financière, l’administration inefficace, la justice et les forces de défense et de sécurité au service d’un homme. J’en passe les meilleurs. Si le colonel Mamady Doumbouya et ses collègues du CNRD prennent conscience de leur responsabilité face à la patrie, nous devons leur dire bravo et félicitations. Car, lorsque vous avez une victime et un bourreau et qu’il n’y a pas un sauveur entre les deux, c’est le malheur qui va continuer à frapper la victime en psychologie. Nous sommes très contents et nous l’encourageons à tenir parole ; car, ce qui est arrivé à monsieur Alpha Condé, c’est le parjure. Dieu n’aime pas que vos engagements, vos serments soient violés. C’est dans le saint coran, dans la Tora, dans la bible et dans l’évangile. Dieu dit que c’est une abomination de se parjurer, de ne pas respecter ses engagements. C’est moral. Donc, ce qui lui est arrivé devait arriver et c’est arriver à Blaise Compaoré, à Yaya Jammeh, à Laurent Gbagbo, etc.

Comment on vous a traité en prison, parce qu’on vous avait libéré sous condition et peu de temps après on vous a fait retourner ?

Abdoulaye Bah : moi je suis de Kindia. On nous a arrêtés et pour un début, on nous accusait d’avoir des industries de fabrication d’armes de guerre et sophistiquées. Pendant 10 mois, on n’a pas vu une aiguille encore moins une lame. Et puis, on nous accorde une liberté sanitaire et j’ai dit ce que je pensais et qui était la vérité dans une vidéo qu’un jeune a publiée. Et, j’assume mes propos. J’ai dit que le président élu démocratiquement à travers l’élection du 18 octobre, avec preuve à l’appui, c’est monsieur Mamadou Cellou Dalein Diallo et qu’Alpha Condé, sur la base des dispositions de l’article 27 de la constitution de mai 2010, est un ancien président et que nous devons continuer la lutte démocratique légale. Il m’a ramené en prison ; et pour cela, je n’ai pas frémi. Je suis un homme politique qui fait de la politique en connaissance de cause. Une fois en prison, il y a eu des restrictions de mes mouvements de la cellule vers la grande cour et de la mosquée. Pendant une semaine, j’étais entre la cellule et la petite cour. Le secteur de la prison où on était, c’était la cale mineure. C’est la partie où il y a beaucoup de mineurs. Beaucoup de jeunes sont là-bas, il faut les sauver. La moindre infraction, on vous envoie en prison, vous volez un téléphone qui coûte 100.000 francs, le procureur vous envoie en prison, vous restez 3,4 à 5 ans et on vous oublie. Vous volez un pneu de moto, on vous envoie en prison et on vous oublie. Il y a des centaines de jeunes comme ça dans cette cale mineure ; il faut y penser. Nous sommes des témoins vivants de cette situation. Donc, en prison, lorsqu’ils ont restreint mes mouvements, mes avocats : Me Traoré et Me Béa étaient informés. Ils ont remonté l’information, il y a eu un battage médiatique. Et, après, ils ont levé les restrictions après une semaine et j’ai continué mes mouvements normalement. Je n’ai pas été battu, je n’ai pas été insulté, je n’ai pas été maltraité. On m’a arrêté dans le bureau de monsieur Charles Victor Maka qui est le directeur national des prisons en Guinée et on m’a ramené en prison, parce que j’ai tenu des propos sur la base de la vérité des urnes. Et, tant que cette vérité ne sera pas respectée en Guinée, nous serons tous dans l’immobilisme. Ce n’est pas souhaitable.

Propos recueillis et décryptés par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Bogola Haba après sa libération : « la maison centrale est un lieu de radicalisation et non un lieu de réinsertion »

9 septembre 2021 à 14 02 02 09029
Kéamou Gbogola Haba de l’UGDD et président de la commission communication  de l’ANAD

Comme annoncé précédemment, 79 détenus politiques incarcérés à la maison centrale de Conakry pour diverses infractions ont recouvré leur liberté hier, mardi 07 septembre 2021. Parmi ces prisonniers qui ont été libérés, figure Kéamou Bogola Haba, le président d’honneur de l’UGDD et président de la commission communication de l’ANAD, arrêté le 14 juillet dernier au sortir d’une réunion politique dans la haute Banlieue de la capitale guinéenne. Il n’a donc passé qu’un mois et trois semaines à la maison centrale, mais les conditions de vie exécrables des personnes qui croupissent dans cette prison ont marqué son esprit.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce mercredi, cet homme politique a qualifié cette prison de Conakry de « lieu de radicalisation ». Il a également dénoncé la misère, l’insalubrité, les problèmes de nourriture et santé qui assaillent les prisonniers qui y vivent.

Décryptage !

Guineematin.com : Vous avez passé un mois et trois semaines en prison sous le régime Alpha Condé et aujourd’hui vous êtes libre après sa chute suite à un coup d’Etat militaire. Quel est le sentiment qui vous anime ?

Kéamou Gbogola Haba de l’UGDD et président de la commission communication  de l’ANAD

Kéamou Bogola Haba : C’est d’abord un sentiment de satisfaction par le fait que je retrouve ma famille biologique et politique d’une part, mais surtout notre objectif est atteint, notre mission a été accomplie. Quelle était cette mission qui nous a engagés autour de cette question, c’était le départ de monsieur Alpha Condé, c’est-à-dire l’alternance. Nous avons dit que le troisième mandat doit être réversible et ça s’est fait. Avant que je sorte de prison, si cet objectif est atteint, je suis très satisfait. Je suis satisfait aussi parce que je suis sorti de prison avec tous les autres détenus politiques. J’ai été le dernier à être mis en prison depuis le 14 juillet 2021. Évidemment, si je sors avec tous les autres prisonniers, y compris des jeunes gens qui sont depuis plus de 2 ans dans cette prison, c’est une satisfaction personnelle. Une autre satisfaction, parce que les autres prisonniers du droit commun et militaire aussi vont sortir. C’est-à-dire ceux qui ont déjà épuisé pratiquement une grande partie de leur peine, mais aussi les militaires qui ont été accusés de coup d’Etat. Le CNRD a décidé de les libérer aussi, c’est une satisfaction personnelle.

Donc, le seul remord que nous avons, c’est que nous n’avons pas toutes les victimes pour célébrer le départ de Monsieur Alpha Condé. Beaucoup sont dans les fosses communes, beaucoup sont méconnus, beaucoup sont handicapés à vie. Finalement, pour que monsieur Alpha Condé parte, des jeunes gens innocents sont également morts ce jour-là. Et, ceux-ci viennent se joindre à la liste des autres victimes qui se sont battues pour la démocratie. Mais, nous pensons que la nation entière va rendre un hommage digne de nom à l’ensemble de ces illustres disparus.

Guineematin.com : Comment était votre vie en prison ?

Kéamou Bogola Haba : Moi je suis parti en mission à la maison centrale, quand nous avons accompli la première qui était celle de rendre l’ANAD pérenne pour avoir une institution politique qui englobe la diversité nationale autour d’Elhadj Cellou Dalein. C’était une mission accomplie. Parce que tous ces problèmes qu’on a en Guinée, qui était la question de la division ethnique, la multiplicité des partis, l’ANAD venait résoudre une bonne partie de cela par la signature de l’accord du 14 juillet mettait. Et donc, si ce même jour on m’arrête, j’ai considéré qu’on m’a arrêté pour une autre mission. Et, cette mission, je devais l’accomplir à la maison centrale. Évidemment, j’ai compris dès le premier jour, malgré que mon avocat a mis tout en œuvre pour ne pas que je sois emprisonné, mais Dieu a voulu que je sois mis en prison. Quand je suis allé, ce que j’ai vu de mes yeux, je plaide pour la fermeture de cette prison (la maison centrale) qui ne répond à aucun critère d’un lieu de réinsertion sociale. Parce qu’elle est bondée. Vous avez, dans une même cale, plus de 66 personnes avec une seule douche. Vous voyez des pères de famille alignés en queue, des détenus militaires, des détenus politiques, des bandits de droit commun, tout le monde est mélangé. Et là, c’est quelque chose d’important. Mais aussi important, c’est l’unité que j’ai trouvé. Les jeunes du RPG, de l’UFDG, de l’ANAD, des militaires, des civiles, tout corps confondu et toute faute confondue, viol, opposition au troisième mandat, drogue et coup d’Etat, tout le monde. C’était donc pour nous un lieu d’unité. Et, je plaide à ce qu’on puisse libérer le maximum de prisonniers  pour qu’ils ne puissent garder que ceux qui restent. Et, ceux qui restent, il faut qu’on arrive à trouver la solution, à ce que ça soit un lieu de réinsertion. Que des jeunes puissent apprendre, des jeunes gens qui vont faire 18 ans ils ne travaillent pas, ils n’apprennent pas un métier, ils se radicalisent. Donc, aujourd’hui, c’est un lieu de radicalisation et non un lieu de réinsertion.

J’ai beaucoup travaillé avec la nouvelle administration pénitentiaire. Parce que mon arrivée en prison à coïncidé au lendemain de l’évasion de Siddy. Et, immédiatement, toute la direction ancienne qui était là est partie. Moi je n’ai pas connu l’ancienne direction, j’ai connu une nouvelle direction avec le directeur national adjoint avec qui nous avons eu un très bon rapport avec les autres pénitentiaires pour qu’on discute de qu’est-ce qu’il faut faire. A l’église, nous avons commencé à réformer, à demander à ce que les églises viennent en prison, parce que c’est un lieu de réinsertion. Nous avons commencé à discuter avec l’équipe de la mosquée. Nous avons là-bas des salles que les colons avaient construites comme la salle de saponification, la menuiserie, le froid, les menuiseries, mais qui sont aujourd’hui devenus toutes des cellules remplies. Il faut libérer pour que rapidement on puisse transformer en un centre de formation et d’apprentissage. Et, cela peut générer énormément d’argent. Si cela est le cas, on peut faire ça pour toutes les autres prisons du pays. Que la prison soit une exception et non pas la règle, comme c’est le cas aujourd’hui. Ce qui est grave d’ailleurs, c’est trouver des gens qui ont fait plus de 10 ans qui n’ont jamais été présentés à un juge. Même pour des délits légers. Pour que tu sois programmé au parquet, il faut que tes parents partent voir un juge ou un procureur pour donner de l’argent. C’est ça la question. Donc, si tu n’as pas un parent qui peut voir son proche, tu ne seras jamais programmé. Alors que c’est quelque chose qui devrait être automatique. La loi a défini des périodes, mais tout ça n’est pas fait. La prison, il n’y a pas de budget. Donc, ils ne peuvent pas nourrir correctement les gens, parce qu’il n’y a pas d’argent. Ils ne peuvent pas traiter, tu te traites toi-même. Vous voyez beaucoup de parents qui sont en train, au moment où vous êtes en prison, d’envoyer ta nourriture. Je pense que cette prison doit être fermée automatiquement comme le 3 avril ils ont fermé le camp Boiro, qu’on pense à trouver plutôt des réinsertions et non des lieux de radicalisation. C’est ce que j’ai constaté.

Guineematin.com : Maintenant que vous êtes libre, quelle est la prochaine étape de votre combat politique pour la Guinée ?

Kéamou Bogola Haba : La prochaine étape, elle est simple. Nous avons demandé que monsieur Alpha Condé parte. Et, nous avons passé des élections contestées. Mon camp, qui est l’ANAD, a dit qu’il a gagné. Nous avons d’autres qui n’ont pas pu participer à cette élection, tels que d’autres membres du FNDC. Donc, il faut que nous nous retrouvons plus rapidement, les 4 coordinations régionales qui se sont battues contre le troisième mandat, parce qu’il faut faire la précision, dont Elhadj Sekouna et son équipe, le FNDC, le CTG, l’ANAD et les autres parties politiques mais pas n’importe qui. Nous demandons automatiquement que les démagogues se détachent du CNRD, parce qu’ils (les militaires) sont venus pour mettre fin au troisième mandat. Les militaires devaient prendre le pouvoir parce que les civiles n’ont pas respecté leur engagement. Les militaires ont été déliés de leur engagement de l’accord de Ouagadougou parce que nous n’avons pas respecté la nôtre qui est celle de démocratiser le pays. Et donc, automatiquement, il faut que nous nous retrouvions au tour de Doumbouya qui a la bonne volonté pour qu’on avance. Moi j’ai été le premier à s’attaquer à la CEDEAO, avant ma sortie de prison, pour leur dire qu’ils sont restés complètement inaudibles par rapport à la question de condition de droit de l’homme et à la question du troisième mandat. Aujourd’hui, nous les appelons plutôt à s’associer rapidement à nous et au CNRD pour qu’ensemble nous puissions trouver les moyens financiers le plus rapidement que possible pour maintenir la stabilité du pays, pour préparer des élections, revoir le fichier électoral et également s’occuper des questions de COVID, les questions de réforme. Monsieur Alpha Condé est aujourd’hui en détention et cette détention doit être formalisée par une plainte pour que nous puissions justifier que même si on doit le libérer maintenant avant qu’il parte dans un pays d’asile, mais qu’il sache qu’il a un compte à régler avec la justice. C’est la première des choses à faire.

Les ministres ou les hauts cadres, des dignitaires à qui on reproche des choses qu’ils soient rapidement saisis d’une convocation et qu’un dossier soit ouvert contre eux. Qu’ils sachent déjà qu’ils sont poursuivis par la justice. Même s’ils fuient, on dira qu’ils ont fui et on pourra les lancer des appels. Donc, il faut respecter la loi vis-à-vis d’eux. On ne peut pas demander à ce que la loi soit respectée pour nous et que nous ne respectons pas la loi pour eux aussi. C’est ce que nous souhaitons que le CNRD puisse mettre en place et nous sommes prêts à s’associer. Doumbouya doit être soutenu parce qu’il est en train de travailler conformément à ce qui doit être fait. Donc, la vengeance n’est pas de notre culture, nous voulons réconcilier les guinéens, unir et servir. C’est ça notre leitmotive et nous sommes sur cette direction-là. Il faut réunir tout le monde. Mais, celui qui doit répondre devant la loi pour les faits commis, qu’il soit poursuivi dans la justice qui est notre deuxième élément de notre devise. Et la solidarité viendra évidemment s’associer. Des démagogues doivent d’abord se dissocier de cette affaire de CNRD. Ceux qui changent de veste, ils doivent arrêter. Parce que nous devons rapidement laisser ces jeunes-là travailler et avec des gens propres qui ne sont pas là pour s’enrichir, mais qui veulent que le pays change pour que nous soyons égales aux autres.

Guineematin.com : Parlez-nous un peu de la vie de votre famille. Comment a-t-elle vécu votre absence ?  

Kéamou Bogola Haba : Vous savez, ma famille est très croyante, très chrétienne. Ma famille ne vit pas en Guinée. Mon épouse et mes enfants vivent à l’étranger. Je suis venu en Guinée en novembre 2019 uniquement pour cette cause-là, c’est-à-dire l’alternance pour laquelle je me suis battu depuis longtemps. Ma famille certainement n’avait pas apprécié, parce qu’être dans des zones de confort, d’expatriation et je laisse tout ça pour venir. C’était d’abord le premier choc. Ce choc-là, la famille l’a subi et j’ai passé plus d’un an dans la lutte avec le FNDC et finalement avec l’UNAD, ensuite l’ANAD. Donc, la peine était toujours là. A cela est venue ma privation de liberté et ça c’était le pire. Mais, comme c’est une famille croyante, nous avons toujours dit que c’était un plan de Dieu. Parce que pour nous, nous sommes venus en mission sur terre. Chaque fois que Dieu a besoin de nous, il crée des conditions et il t’envoie en mission. Partout où Dieu t’envoie, on doit briller. La famille a géré comme ça. C’est pourquoi mon épouse, à ma sortie, j’ai vu sa communication. Elle a dit que je sais que mon mari s’en sortira parce que notre Dieu ne nous a jamais trahis. Ma famille a toujours cru en Dieu dans la prière et également, mes enfants, c’était la même chose. Hier, j’ai parlé avec mes enfants, ils étaient tous contents. Ils m’ont dit : ‘’papa on t’as vu à la télé et nous sommes contents’’. Et, c’est pour cela que la satisfaction est grande.

Interview réalisée par Mohamed Guéasso Doré pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Lettre d’un Guinéen optimiste à son président

9 septembre 2021 à 13 01 18 09189
Dr Mory Mandiana Diakité, écrivant

Monsieur le Président de la troisième transition militaire de notre pays !

Conscient de la complexité de la situation sociopolitique de notre pays !

Sachant votre motivation pour la prise du pouvoir par la force !

Permettez-moi de m’adresser à vous très solennellement !

Avec ce coup de force de main de maître, survenu le 5 septembre 2021, l’espoir est de nouveau permis pour la fondation d’une Guinée nouvelle réconciliée avec elle-même.

Excellence Monsieur le Président !

Je ne reviendrai pas sur les raisons qui vous ont poussé à prendre le pouvoir. Car elles ne sont pas méconnues des observateurs de l’évolution sociopolitique dans notre pays, lesquelles vous avez d’ailleurs brillamment et sommairement égrainées au cours de votre toute première intervention radio télévisée, en tant que nouvel homme fort du pays.

Excellence Monsieur le Président !

Pour la petite histoire, j’étais de ceux qui étaient farouchement opposés à la modification constitutionnelle qui permettait au Président Alpha CONDÉ de briguer un troisième mandat. La raison de mon opposition était que je l’aimais et ne souhaitais pas qu’il sorte par la petite porte de l’histoire de la démocratie africaine. J’ai alors rédigé deux lettres, dont une pour lui-même et l’autre pour les responsables du parti qui l’a porté au pouvoir en 2010. Ces lettres sont disponibles sur des sites et accessibles aux liens suivants:

https://www.google.com/amp/s/guineematin.com/lettre-dun-guineen-inquiet-a-son-president/amp/ ;

Excellence Monsieur le Président !

Fort malheureusement, comme j’y m’attendais, ces lettres n’ont pas été prises au sérieux ni par le président ni par les dirigeants de son parti. En cautionnant cette modification anticonstitutionnelle, ils ont trahi le pays et mis en risque la survie de leur propre formation politique. Ayant compris que toute opposition au train de modification constitutionnelle était peine perdue, j’ai publié une nouvelle tribune sur les réformes politiques adaptables à nos réalités concrètes. Une fois de plus, comme les deux lettres, elle n’a pas attiré l’attention de l’élite de notre pays. Les préoccupations étant ailleurs.

Excellence Monsieur le Président !

Tout comme la force physique ou l’argent, Dieu ne donne pas le savoir à tout le monde. Si on n’écoute pas ou ne considère pas ceux qui ont des connaissances, on ne connaîtra jamais la paix. Malheureusement, aujourd’hui dans notre pays, pour avoir du respect ou être écouté, il faut être un haut cadre de l’administration, capable de détourner et gaspiller le fonds public ! La connaissance ne vaut absolument rien si elle ne sert qu’à subtiliser intelligemment l’argent public. Le système éducatif est à réformer profondément et impérativement.

Excellence Monsieur le Président !

Comme pour vous reprendre, je cite : nos maux se nomment : le manque de courage politique, la tyrannie de l’argent, l’absence de moralité collective… C’est ce passage qui m’a de plus marqué de votre intervention. Et j’ose croire que vous êtes l’espoir pour la fondation d’une Guinée nouvelle réconciliée avec elle-même. Même si certains diront que c’est encore trop tôt de croire ainsi. Je continue tout de même à prier le Tout-Puissant pour qu’il soit votre unique guide. C’est-à-dire, pour éviter que vous soyez comme d’autres qui vous ont précédé et qui sont finalement passés à côté de l’essentiel. Ils se sont laissé distraire par les griots et brebis galeuses.

Excellence Monsieur le Président !

Au cours de votre intervention, vous avez aussi mentionné un autre fléau qui est la politisation à outrance de l’administration publique. Ce fléau s’accompagne d’une communautarisation des postes clés au sein de l’administration et la sédentarisation des cadres à leurs postes. La récompense politique obligeant. Le partage du gâteau. Notre administration est saturée, obsolète et n’offre plus l’opportunité de faire carrière. À cela s’ajoute la prostitution politique, qui complique énormément la gouvernance économique. Logiquement, l’exercice politique doit être interdit à tout ancien haut cadre en activité ou à la retraite. On ne peut pas détourner des fonds publics, puis revenir manipuler le peuple avec les mêmes fonds, afin de s’immuniser contre d’éventuelles poursuites judiciaires. Le multipartisme ne doit pas être un bouclier pour les prédateurs du dénier public.

Excellence Monsieur le Président !

La fondation d’une Guinée nouvelle où il fera beau vivre, passera forcément par des réformes courageuses non opportunistes. Comme l’a dit Obama, je cite : l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais des institutions fortes. Pour cela, il faut un homme providentiel. J’ose croire que cet homme est vous. Même si certains diront que c’est encore prématuré de croire ainsi. Un homme providentiel, selon mon entendement, est celui-là qui est intelligent, méthodique, imperturbable, qui écoute et respecte les autres. C’est aussi celui-là qui respecte scrupuleusement la constitution de son pays et qui ne se prend pas pour un messie irremplaçable. Bref, un patriote au sens réel du terme.

Excellence Monsieur le Président !

Les crimes et violences politiques qui caractérisent notre pays depuis l’indépendance, doivent nous amener à remettre en cause notre système de gouvernance politique. Malheureusement on assiste à une démission collective de l’élite. Chacun pense que les crises sociopolitiques auxquelles le pays est confronté depuis des décennies, trouveront solution d’elles-mêmes ! Le combat de chacun se résume à un combat personnel, combat pour la réussite personnelle dans lequel on n’hésite pas à sacrifier le pays et les autres. En d’autres termes, c’est l’incompatibilité du système de gouvernance politique avec nos réalités concrètes qui génère toutes ces crises parfois sanglantes. Croire que notre pays n’est pas confronté à une quelconque crise identitaire est soit hypocrite soit une méconnaissance totale de la réalité. On ne peut pas réveiller quelqu’un qui fait semblant de dormir.

Excellence Monsieur le Président !

On mettra certainement pression sur vous pour l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives dans un bref délai. Mais sachez que si les questions fondamentales qui nous divisent profondément ne sont pas résolues, quiconque viendra après vous, butera sur les mêmes obstacles infranchissables : l’esprit communautaire ou ségrégationniste fera de celui qui viendra un bon démocrate au début mais il finira avec le temps par devenir un dictateur féroce. Car il va tuer et faire emprisonner beaucoup de citoyens à cause des divergences politiques. Le perpétuel recommencement avec son cortège de malheur. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Dit-on. Le malheur c’est qu’on ne tire pas de leçon du passé.

Excellence Monsieur le Président !

Logiquement, tout chef d’État africain ayant passé plus de dix ans au pouvoir, en modifiant la constitution de son pays ou non, ne doit intervenir en sapeur-pompier dans notre crise. Malheureusement le ridicule ne tue plus.

Espérant que cette nouvelle opportunité qui s’offre à notre pays pour sa refondation ne se transformera pas, une fois de plus, en un cauchemar pour le peuple, je vous remercie et compte sur vous.

Dr. Mory Mandiana DIAKITÉ

Ingénieur agronome

Enseignant-chercheur-Écrivain

Email : [email protected]

Tel : +224 620 04 15 06

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Labé : la mère du lieutenant Abdoulaye Baldé réclame au CNRD le corps de son fils

9 septembre 2021 à 12 12 32 09329
Madame Hawou Baldé, mère de feu lieutenant Abdoulaye Baldé

Marié et père de deux enfants, le lieutenant Abdoulaye Baldé, membre de la garde présidentielle, est l’un des militaires qui ont été tués dimanche dernier, 05 septembre 2021, dans les affrontements avec les forces spéciales qui ont renversé le régime d’Alpha Condé. Son corps serait toujours à la morgue de l’hôpital Ignace Deen et sa famille souhaite le récupérer pour lui assurer un « enterrement digne ». Madame Hawaou Baldé, sa mère, demande aux nouvelles autorités guinéennes (le comité national de rassemblement et du développement) de lui permettre d’inhumer son fils, tombé sur le champ de bataille, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Labé.

A son domicile, situé au quartier Campanya, dans la commune urbaine de Labé, madame Hawaou Baldé est chagrinée. Les souvenirs du dernier appel téléphonique qu’elle a reçu de son fils très tôt dans la matinée de dimanche, quelques temps avant sa mort, est encore vif dans son esprit. Elle se souvient de chaque mot, chaque détail. Son fils (le lieutenant Abdoulaye Baldé) avait promis de la rappeler dans la journée ; mais, le destin en a décidé autrement. Et, aujourd’hui, tout ce qu’elle souhaite, c’est d’avoir l’occasion d’enterrer dignement son enfant.

« C’est le dimanche dernier (05 septembre 2021) que mon fils Abdoulaye Baldé m’a appelé au téléphone pour prendre de mes nouvelles et demander l’état de ma santé comme j’étais malade ces derniers temps. Il m’a promis de me rappeler avant de raccrocher. J’ai passé toute la nuit sans dormir lorsque j’ai appris ce qui s’est passé à Conakry avec ce coup d’Etat, connaissant son métier. Je suis restée comme ça jusqu’au lundi, dans la journée, j’ai appelé son numéro de téléphone qui a sonné maintes fois, mais il n’a pas décroché. Puis, j’ai joint son épouse pour savoir si elle au moins elle a les nouvelles de son mari, elle a répondu par la négation. Elle a dit qu’elle a même écrit à son mari, mais ce dernier n’a pas répondu. Je suis restée comme ça jusqu’aux environs de 17 heures, deux de mes frères sont venus me rendre visite. Ils m’ont trouvée dans la cour. Mais, dès que je les ai vus ensemble, j’ai douté de quelque chose et j’ai directement eu la supposition que mon fils Abdoulaye Baldé est décédé. C’est lorsque j’ai crié pour leur demander de me dire la réalité, que j’ai vu mon grand frère prendre sa tête. C’est comme ça que j’ai compris que mon fils est mort. Mais, connais pas je ne savais pas les circonstances de sa mort. Ce jour (Dimanche 05 septembre 2021), je sais qu’il s’était rendu à son service. C’est sûr, c’est après son appel à 07 heures du matin qu’il aurait été tué. C’est  lundi que l’un de mes frères s’est rendu à la morgue, comme ils ont appris que des officiers ont été tués lors de ce coup d’Etat, c’est là qu’il a retrouvé le corps de mon fils Abdoulaye. Son corps est toujours à la morgue, ils sont dans les démarches pour voir s’ils vont récupérer son corps. Je demande aux nouvelles autorités du pays de nous aider à récupérer le corps de mon fils pour l’enterrement dignement », a dit Hawaou Baldé avec beaucoup de peines et de chagrin.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Guinée : Quels ingrédients réunir pour réussir une transition démocratique en Guinee ?

9 septembre 2021 à 12 12 13 09139
Maître Thierno Souleymane Barry, membre du collectif d’avocats du FNDC

Libre Opinion : 05 septembre 2021. Coup d’Etat en Guinée renversant le pouvoir du Pr Alpha Conde. Discours du Président du Comité National pour le Rassemblement et le Développement, le Lieutenant-colonel Mamady Doumbouya indiquant l’ère d’un air nouveau. Sommes-nous entrés dans une phase de transition démocratique ? Si la réponse est affirmative, que faut-il faire pour une transition démocratique consensuelle et réussie? Un modeste regard d’universitaire nous permettra d’y répondre.

La Guinée est-elle entrée dans une phase de transition démocratique depuis le Coup d’Etat du 05 septembre 2021 ?

D’emblée, il convient de cerner le concept de « Transitions démocratiques ». Pour Huntington, la transition démocratique « comporte la mise à terme du régime non démocratique, l’instauration du régime démocratique et la consolidation du nouveau régime » [Samuel Hungtinton, Troisième vague, 1996]. Le Pr Holo définit le concept comme « une période au cours de laquelle un pays change ses structures politiques et passe d’un régime autoritaire vers un régime démocratique » [Theodore Holo, Séminaire de DEA Transitions démocratiques, Université d’Abomey-Calavi, 2001]. Pour l’auteur de ces lignes, « les transitions démocratiques désignent le passage d’un régime autoritaire méconnaissant les droits de l’homme à un régime démocratique, un régime protecteur des droits de la personne [Thierno Souleymane Barry, Transitions démocratiques et droits de l’homme en Afrique de l’ouest : cas du Benin, la Guinée, le Togo et le Mali, Mémoire de DEA, Université d’Abomey-Calavi, 2001]. Le passif du régime précédent en termes des droits humains, le Coup d’Etat intervenu et les orientations des nouvelles autorités tendant à la libération des détenus politiques et à la restauration du processus démocratique permettent de répondre par l’affirmative à la question que dessus. La Guinée est entrée dans une période de transition démocratique.

Quels ingrédients indispensables faudrait-il réunir pour réussir une transition démocratique en Guinée ?

Un processus démocratique ne peut aboutir avec succès que lorsque la période de transition démocratique qui le précède est bien définie. Les éléments indispensables à réunir pour obtenir un tel processus sont ceux qui suivent. Il urge d’engager de consultations nationales, ouvertes à toutes les sensibilités socio-politiques de l’intérieur comme de l’extérieur de la Guinée en vue d’aboutir à un consensus sur deux points : l’encadrement de la période transitoire et l’adoption d’un projet de société. Un tel consensus obtenu doit être enchâssé dans une Charte de la transition. Cette Charte doit minimalement contenir l’exposé des principes démocratiques et le respect des droits humains, les organes de la transition et l’interaction entre eux, la durée de la transition et le calendrier de mise en place des nouvelles institutions républicaines par voie d’élections sincères, libres et transparentes. Un gouvernement de large consensus et à composition restreinte formé de technocrates civils et militaires, chargé de gérer les affaires courantes (les programmes sociaux de base, santé, éducation,…), les domaines régaliens (justice, sécurité, affaires étrangères,…), le pool économique et les reformes institutionnelles et constitutionnelles, est de mise. La rédaction et l’adoption par voie référendaire d’une constitution avec l’affirmation du principe de limitation à deux du mandat du Président de la République, la confection d’un fichier électoral informatisé permanent et arrimé à l’Etat civil et l’apurement du passif des droits humains de l’ancien régime par la poursuite des crimes de sang entre autres et l’amorce de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale complètent l’attelage d’une transition réussie.

-Juris Guineensis No 13.

Conakry, le 09 septembre 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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