Comme annoncé précédemment, de nombreuses personnes se sont réunies hier, vendredi 28 juin 2019, au Palais des sports du stade du 28 septembre de Conakry, pour rendre un dernier hommage au maire de Ratoma, Souleymane Taran Diallo, avant son inhumation. Plusieurs témoignages ont marqué ce symposium, dont celui de sa Belle-fille, madame Diallo Fanta Kaba. La voix pleine d’émotion, la jeune dame a magnifié les qualités de l’homme qu’elle considère comme étant son père.

Guineematin.com vous livre ci-dessous son émouvant témoignage.

« Vous êtes venus dire au-revoir à votre père, à votre oncle, cousin, fils, beau-fils, ami. Moi aujourd’hui, je dis au-revoir à mon ange-gardien. Mon ange-gardien terrestre. Mon père biologique décédé, mon beau-père, monsieur Souleymane Taran Diallo, est monté sur l’estrade au Palais du peuple et devant des centaines de personnes, il a fait la promesse que je ne souffrirais jamais, que je ne pleurerais jamais, que je n’aurais jamais mal, que je ne ressentirais jamais l’absence de mon père, car il serait là pour m’aimer, me protéger et me chérir.

C’est ce qu’il a fait, il a tenu sa promesse jusqu’au bout. Papa était drôle, extrêmement brillant, l’esprit vif, le cœur sur la main. Tout son maître était amour, compassion et respect de son prochain. Il aurait soulevé des montagnes pour moi, il m’offrait toujours le meilleur de ce qu’il avait. Je me suis mariée dans la famille Taran Diallo lorsque le contexte politique était extrêmement difficile, avec des tensions sociales et raciales exacerbées. Lorsque je me mariais, les gens étaient sceptiques : « fais attention, tu es malinké, tu te maris chez les peulhs, tu vas souffrir ». Jamais, jamais ça n’a été le cas.

Mon beau-père a toujours été mon protecteur contre vents et marées. Pas une fois il m’a fait pleurer, pas une fois il ne m’a refusé quelque chose ; même lorsqu’il ne pouvait pas, il trouvait une solution, il me disait toujours oui. Il m’a traité comme une princesse. Il se serait dressé entre le monde entier et moi si quelqu’un me voulait du mal. Il nous a rassemblés. Grâce à lui, je peux dire avec certitude que Labé c’est chez moi, autant que les gens de Labé peuvent dire que Kankan c’est chez eux, grâce à mon beau-père Souleymane Taran Diallo.

Si dans chaque famille de ce pays, il y avait une personne comme lui, ce pays serait indivisible. Personne ne pourrait lui faire tomber. Papa était un guinéen avant tout et le pays doit être fier d’avoir eu en son sein quelqu’un comme lui. En tout cas, moi je suis fière et je vous le dis ici. Merci mon père pour tout l’amour que tu m’as donné. Tu as été extraordinaire et je t’aime de tout mon cœur. Repose en paix ! ».

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin