Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on souvent. Cette assertion se confirme aujourd’hui à Conakry où la société des aux de Guinée est incapable de fournir de l’eau aux populations, malgré tous les investissements et efforts de l’Etat et de ses partenaires.

Seulement, ce manque criard d’eau dans la capitale guinéenne est une opportunité pour d’autres citoyens qui font le commerce de l’eau, a constaté un reporter de Guineematin.

L’eau étant source de vie, personne ne peut s’en passer. Mais, à Conakry, de nombreux habitants n’ont pas d’eau à la pompe, malgré les milliards investis dans ce secteur qui semble être parmi les moins bien gérés. Et ceux qui n’ont pas de forages privés sont obligés de trouver un moyen de se procurer de cette denrée indispensable. C’est face à cette situation, qu’une forme de commerce s’est développée dans la capitale guinéenne. Plusieurs jeunes ont cherché des charrettes et des bidons pour puiser de l’eau et la revendre.

Ibrahim Diallo, rencontré au marché de Madina vit aujourd’hui de cette activité. « Je peux dire Dieu merci, ça va chez moi. C’est grâce à cette activité que j’arrive à payer le loyer, j’envoie de l’argent à ma mère au village. Je n’ai pas terminé l’école, donc je me suis lancé dans cette activité de vente d’eau. Je puise l’eau, je la transporte dans ma charrette et je la revends aux commerçants de Madina. Le bidon de 20 litres coûte 1000 GNF et deux bidons se vendent à 2.500 GNF. Dans cette activité, je peux générer 35.000 francs comme bénéfice journalier si la chance est là », a expliqué le jeune homme.

Ces jeunes qui marchent avec des charrettes ne sont pas les seuls qui profitent de ce commerce de l’eau. Au-dessus d’eux, se trouvent ceux que l’on pourrait appeler les grossistes. Il s’agit de ceux qui vendent l’eau aux charretiers. Certains d’entre eux ont des forages alors que d’autres ont des robinets dessertis par la SEG (la Société des Eaux de Guinée).

Sanko Oumar fait partie de cette catégorie. Depuis 4 ans, il gère un robinet à Dixinn, et ça va plutôt bien pour lui. « Il y a de cela 4 ans depuis que je suis là avec mon grand frère ici, et actuellement nous recevons beaucoup de clients. C’est la Société des Eaux de Guinée (SEG) qui nous aide à avoir de l’eau et à la fin du mois nous payons régulièrement la facture qui varie entre 500 et 700 mille francs. Pendant la saison sèche, même s’il y a parfois des coupures, nous gagnons assez d’argent. Moi je revends le bidon à 500 francs à mes clients et par mois, on peut générer des millions mon frère et moi », témoigne-t-il.

Et il n’y a pas que les vendeurs qui se réjouissent de cette activité. Leurs clients se félicitent aussi du fait qu’ils parviennent à trouver facilement de l’eau pour subvenir à leurs besoins, même s’ils sont obligés de débourser de l’argent pour cela. « Moi je trouve cette activité très importante. D’abord, ça permet de réduire la pauvreté et la délinquance. Ça nous permet aussi de laver nos assiettes, de prendre nos ablutions, de laver nos toilettes. Bref, de subvenir à tous nos besoins qui nécessite de l’eau », a dit un commerçant que nous avons interrogé au grand marché de Madina.

Il faut toutefois souligner que cette activité est saisonnière. En saison sèche, les vendeurs se frottent les mains. Mais en saison hivernale, leur commerce ne marche que très peu.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : 00224622079359

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin