Les conséquences économiques de l’impitoyable déguerpissement à Kaporo Rails se font de plus en plus sentir. Les usines de fabrication de glace, qui tournaient à plein temps, ont connu une baisse significative de production. Une situation qui commence à affecter certains débarcadères de Conakry, notamment à Bonfi, dans la commune de Matam, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

Les six unités industrielles menacées de destruction à Kaporo rails ne tournent plus à plein régime. Bademba Diallo, un des propriétaires d’une usine de fabrique de glace, a fait savoir que le déguerpissement dans cette zone a fortement joué sur leurs affaires. « Ça nous a troublé de sorte que même les consommateurs de la glace, c’est-à-dire nos clients, ont des problèmes. La plupart d’entre eux continue à nous demander où nous sommes maintenant. Bien que nous soyons toujours sur place ; mais, vous voyez que tout est à l’arrêt parce qu’on n’a plus le courant. Actuellement, notre production dépend de la demande des consommateurs. Si non, on ne peut pas allumer les machines pour produire. Depuis les opérations de déguerpissement, la commande a baissé parce que beaucoup de nos clients pensent que nous ne fonctionnons plus », explique-t-il.

Par ailleurs, Bademba Diallo a rappelé qu’avant la destruction de la zone, il avait 10 travailleurs. Aujourd’hui, deux sont partis, parce que le travail ne marche plus comme avant, précise-t-il. « J’avais 4 manutentionnaires, 4 techniciens et 2 gérants. Pour le moment, 2 manutentionnaires sont partis. Les autres, on les entretient en fonction de la production que nous faisons ».

Cette réduction de la production commence à se faire sentir dans certains débarcadères de Conakry. C’est le cas du port de Bonfi, dans la commune de Matam, où la rareté de la glace inquiète de plus en plus les travailleurs, notamment pour la conservation des poissons.

Selon Idrissa Camara, vendeur de poissons frais, la baisse de la production de glace inquiète plus d’un à Bonfi. « La seule usine de fabrique de glace se trouvant dans ce port ne peut pas produire une quantité suffisante pour l’ensemble des pirogues. La réduction de la production à Kaporo Rails joue beaucoup sur nous puisqu’environ 90% de la glace qu’on utilise ici proviennent de là-bas. Chaque jour, il y a trois ou quatre camions qui viennent de Kaporo Rails pour servir le port de Bonfi. Et, c’est à partir de là-bas que les pêcheurs de Dixinn, de Boffa, de Kamsar s’approvisionnent également. A Bonfi, nous n’avons pas de courant permanemment. Si ces usines de fabrique sont mises à l’arrêt, on n’aura pas d’autres moyens pour travailler puisqu’on ne peut pas garder les poissons sans la glace », a-t-il expliqué.

Abondant de la même sens, madame M’Mahawa Condé, également vendeuses de poisons, soutient que pendant le fonctionnement normal de ces usines de Kaporo Rails, elle achetait le sachet de glace entre 5.000 et 10.000 Gnf. « La glace venue de Kaporo nous aidait à bien conserver nos poissons pour les envoyer jusqu’à l’intérieur du pays et dans les quatre régions naturelles. Actuellement, avec la réduction de la production dans ces usines, on ne peut pas conserver beaucoup de poissons. Et, c’est pourquoi, nous demandons au gouvernement de laisser sur place les producteurs de glace au niveau de Kaporo Rails. Actuellement, l’impact de cette destruction de Kaporo rails est ressenti au niveau de tous ceux qui travaillent dans le domaine de la pêche », s’est lamentée la dame.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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