Comme annoncé précédemment, le dossier opposant Kiridi Bangoura, ministre d’Etat, ministre secrétaire général à la présidence, et le journaliste, Almamy Kalla Conté, a connu son dernier virage ce lundi 18 mars 2019. On en était aux réquisitions et plaidoiries au tribunal de première instance de Mafanco dans ce dossier où Kalla Conté est poursuivi pour diffamation.

Le parquet a requis une amende de trois millions de francs guinéens contre notre confrère, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Au sortir de cette audience, les avocats de la défense disent n’avoir aucun espoir. Ils dénoncent un procès expéditif et punitif, déclenché entre un homme fort et un homme faible. « Nous avons une lecture de déception pour la bonne et simple raison, conformément aux dispositions de la loi sur la liberté de la presse, nous avons demandé au tribunal d’accepter que ce procès soit juste et équitable, dans lequel le droit de la défense est garanti.

En réalité, Almamy Kalla Conté n’a fait que le compte-rendu… Si désormais on peut vous poursuivre pour avoir fait un compte-rendu, dans ce cas, votre métier est attaqué dans son cœur. C’est la liberté de la presse, la liberté d’expression, la liberté d’information qui vont s’envoler et disparaître. C’est le cas de figure. Je suis très triste, les maux me manquent, c’est pourquoi nous avons plaidé le non-coupable. Nous avons constaté que dans ce procès, nous avons en face un fort et un faible.

Nous avons constaté malheureusement la justice a refusé qu’on rapporte la preuve qu’il n’est pas l’auteur de cette information. Il l n’a fait qu’un compte-rendu. Nous avons compris que nous sommes dans un procès expéditif et punitif. Donc, nous donnons rendez-vous à la Cour d’Appel.

Parce que là, au moins aujourd’hui nous avons la chance d’avoir des magistrats, comme dans le passé d’ailleurs, compétents et intègres au niveau de la Cour d’Appel… Nous pensons que devant ces magistrats de la Cour d’Appel nous pourrons vraiment obtenir la bonne application du droit. Mais, à ce stade là, nous n’avons aucun espoir », a dit maître Salifou Béavogui.

Par contre, les avocats de Kiridi Bangoura défendent mordicus la version selon laquelle le journaliste est l’auteur de l’article qu’ils croient diffamatoire. Selon maître Ousmane Simakan, l’infraction est imputable à monsieur Kalla Conté. « Il y a eu des propos, et ces propos sont imputables à celui qui l’a dit. Il n’a apporté aucune preuve pour étayer ses déclarations.

Donc, nous restons fidèles à notre logique selon laquelle l’infraction est constituée à l’égard de monsieur Kalla Conté. Les débats l’ont prouvé. Vous avez suivi, la défense n’a pas pu démontrer que l’infraction n’est pas établie. Ça, c’est évident. Vous savez, nous sommes en matière de presse. La liberté d’expression est constitutionnelle, cela est vrai. Mais, cela ne doit pas donner aux journalistes de dire ce qu’ils veulent.

Nous défendons tous la démocratie. Parce que, harceler ou inquiéter les journalistes, c’est contraire à la Constitution, c’est mettre à l’eau la démocratie. Mais, lorsqu’il faut laisser les journalistes dire ce qu’ils pensent sans aucun respect de la déontologie et de l’éthique, là ça ne va plus. Cela remet encore la démocratie à l’eau », a-t-il lancé.

Le verdict dans ce dossier est attendu pour le jeudi 21 mars 2019.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/664 413 227

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