La fondatrice de l’Université privée René Levesque est poursuivie devant la justice par la propriétaire de l’immeuble abritant cette institution d’enseignement supérieur. La plaignante, Hadja Mariama Baldé, accuse la prévenue, madame Salimatou Diallo, de n’avoir pas payé les frais de location de l’immeuble d’une valeur de 330 millions de francs guinéens. Même si Dame Salimatou a rejeté ces accusations, le procureur a requis un an d’emprisonnement et le payement de ce montant contre elle, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est en juin 2007 que madame Salimatou Diallo, fondatrice de l’Université René Levesque, a signé avec Hadja Mariama Baldé, un contrat de location d’un bâtiment appartenant à cette dernière. L’immeuble, situé à Hamdallaye, abrite depuis, l’Université René Levesque. Plus de 10 ans plus tard, la propriétaire de l’immeuble a porté plainte contre sa locataire pour non payement des frais de loyer d’une valeur de 330 millions de francs guinéens.

Devant le tribunal correctionnel de Dixinn, la prévenue a nié les faits qui lui sont reprochés assurant que c’est plutôt la propriétaire de l’immeuble qui lui doit de l’argent. Après les débats, le dossier a été requis et plaidé hier, mercredi 24 avril 2019.

Dans ses réquisitions, le procureur Daouda Diomandé a estimé que la prévenue est de mauvaise foi. « Dame Salimatou Diallo a dit que c’est Hadja Mariama Baldé qui lui devait un milliard de franc guinéen. Ensuite, elle dit qu’elle n’a pas pu payer le montant qu’elle doit à Hadja Mariama Baldé parce que l’Etat a cessé d’orienter les étudiants dans les établissements privés. Il y a eu la mauvaise foi de la part de madame Salimatou Diallo », a-t-il dit.

C’est pourquoi, le procureur demandé au tribunal de retenir la fondatrice de l’Université René Levesque dans les liens de la culpabilité en la condamnant à un an d’emprisonnement ferme, au payement intégral de la somme de 330 millions de francs guinéens, et en décernant un mandat de dépôt à l’audience contre elle.

Abondant dans le même sens que le procureur, l’avocat de la partie civile a réclamé la condamnation de la prévenue au payement du montant dû à la plaignante et au payement d’une somme de 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

« La prévenue n’a pas payé de façon régulière et à temps le loyer de l’immeuble. Elle a causé d’énormes préjudices à l’égard de la partie civile. C’est pourquoi, nous sollicitons le payement intégral du montant principal de 330 millions de francs guinéens et 100 millions de francs guinéens de dommages et intérêts. Car elle n’a pas nié avoir occupé les locaux pendant plusieurs années », a plaidé maître Mohamed Diop.

De son côté, maître Alsény Aïssata Diallo, avocat de la défense, a estimé que ce dossier est une affaire civile qui ne devait pas être traitée par un tribunal correctionnel. Pour lui, c’est plutôt sa cliente qui est victime dans cette affaire. « Cette affaire ne devrait pas être examinée par un tribunal répressif. Il n’y a que des réclamations de loyers dans cette affaire. Et, c’est la plaignante qui doit de l’argent à la prévenue.

Elle a dépensé de l’argent dans cet immeuble plus que ce qu’elle devait à Hadja Mariama Baldé. C’est cette dernière qui est devenue débitrice. Elle a donné plus que ce qu’elle devait donner. Elle a investi toute sa fortune dans cette école pendant 10 ans 9 mois. L’école était R+1, elle a financé son propre argent jusqu’à R+5. C’est ainsi que Hadja est venue lui réclamer la clef de l’école en lui demandant de sortir », a expliqué l’avocat de la défense.

Maître Alsény Aïssata a demandé donc la condamnation de la plaignante, Hadja Mariama Baldé, au payement d’un montant de 2 milliards de francs guinéens pour les dommages qu’elle a causés à la fondatrice de l’Université René Levesque.

Après avoir écouté toutes les parties, le tribunal a renvoyé l’affaire au 08 mai prochain pour rendre sa décision.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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