Poursuivi pour détention illégale d’arme, Daouda Dioubaté, âgé de 34 ans, a été reconnu coupable ce jeudi, 16 mai 2019, par le tribunal de Première Instance de Dixinn. Ce soudeur de profession, qui a reconnu les faits à la barre, avait été arrêté dans un bar à Kobaya, dans la commune de Ratoma, entrain de manipuler l’arme de son frère, un officier de l’armée guinéenne, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters qui a suivi l’audience.

Selon nos informations, Daouda Dioubaté est détenu à la maison centrale de Coronthie depuis le 4 avril 2018. Il est accusé d’avoir soustrait frauduleusement deux cartouches et l’arme de service de son grand frère, qui suivait au moment des faits des cours d’officier supérieur au Maroc. Daouda Dioubaté se serait rendu dans un bar, au quartier Kobaya, dans la commune de Ratoma, muni de cette arme. Quand il s’est mis à la manipuler, un citoyen a alerté le poste de gendarmerie situé à quelques pas des lieux. Les gendarmes ont aussitôt procédé à son arrestation pour le déférer à la maison centrale.

Appelé à la barre, Daouda Dioubaté a reconnu les faits pour lesquels il est poursuivi. « Un jour, je m’apprêtais à sortir. J’ai trouvé l’arme au salon, à coté des enfants. Je l’ai prise pour ne pas que les enfants se blessent et se fassent du mal avec. Entretemps, j’ai reçu un appel pour aller mesurer la dimension du portail d’une cour à Kobaya. Dans la précipitation, j’ai mis l’arme dans mon sac à dos, je suis parti. En mesurant le portail, mon sac est tombé et l’arme est sortie. Les gens l’ont vue, ils ont appelé les gendarmes qui m’ont pris. L’arme appartient à mon grand frère qui est militaire, qui vit du coté du Maroc », a-t-il expliqué

Le procureur, Daouda Diomandé, ne s’est pas laissé convaincre par ces explications. Il va demander au prévenu d’être franc et de dire toute la vérité. « Soyez franc, puisque vous avez déjà commencé par cela. Mais, ce que vous expliquez n’est qu’une partie de la vérité, vous n’avez pas tout dit. Dites nous où on vous a pris avec l’arme et ce que vous comptiez faire avec ».

Le prévenu va camper sur sa position, arguant qu’il a pris l’arme pour ne pas que les enfants se blessent avec.

Des propos balayés d’un revers de main par le procureur Daouda Diomandé. « Arrêtez de mentir, vous êtes allé dans un bar à Kobaya, vous vous êtes saoulé et vous avez commencé à manipuler l’arme en vous vantant. Mais, un bon citoyen a décidé d’alerter la gendarmerie, en disant qu’il y a une personne armée dans un bar. C’est ainsi qu’ils sont venus vous cueillir », a soutenu l’empereur des poursuites.

Dans ces réquisitions, le procureur va indiquer que nul n’a le droit de détenir une arme sans en avoir l’autorisation. C’est ainsi qu’il va demander à ce que la loi soit appliquée avant de requérir 5 ans d’emprisonnement, dont 4 assortis de sursis.

Finalement, le tribunal va suivre les réquisitions du procureur en reconnaissant Daouda Dioubaté coupable du délit de détention d’arme. Pour la répression, il est condamné à 5 ans de prison, dont 4 assortis de sursis. Le tribunal, par la voix du juge Thierno Souleymane Barry, va ordonner la confiscation du pistolet et les deux cartouches.

Après avoir passé un an, un mois et 12 jours de détention, Daouda Dioubaté recouvre enfin la liberté.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 224623532504

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin