Les étudiants guinéens au Maroc, particulièrement les boursiers et stagiaires d’Etat, en ont marre de leurs conditions de vie assez précaires. Et ils ont décidé de protester contre cette situation en déclenchant une grève lancée depuis lundi, 22 juillet 2019, a appris Guineematin.com qui a échangé avec certains d’entre eux.

Les étudiants guinéens vivant au Maroc, à travers la commission Bourse, chargée de la défense des intérêts des boursiers d’Etat, ont rédigé une lettre ouverte au Président de la République Alpha Condé. Ils sont plus 300 étudiants, évoluant de la Licence 1 jusqu’au Doctorat, à tirer le diable par la queue, qui sont sevrés de leurs maigres pécules.

Dans cette lettre ouverte, dont Guineematin.com a eu copie, ils formulent essentiellement 3 revendications : la bancarisation de la bourse, la régulation dans la paie de ces compléments de bourse et le payement intégral des 650 dollars au compte des mois d’avril, mai et juin.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de cette lettre :

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Excellence Monsieur le Président,

Nous, boursiers de l’État guinéen de l’extérieur, du Maroc en l’occurrence, venons par la présente attirer votre attention sur nos lamentables conditions d’études et de séjour à l’étranger.

En effet, le boursier guinéen de l’étranger rencontre de plus en plus de mal à (sur)vivre au quotidien. L’essentiel de ses pensées tourne autour de certaines interrogations existentielles : que vais-je manger aujourd’hui ? Comment payer le loyer ? Comment payer mes factures d’eau, d’électricité ? Comment vais-je valider mes modules à la fac? Et la liste continue.

Excellence Monsieur le Président,

Nous croyons sincèrement que les boursiers guinéens de l’étranger peuvent véritablement contribuer à l’édification de notre pays. Pour ce faire, il importe de mettre sur pied une réelle politique volontariste de suivi, d’accompagnement et de drainage des boursiers brillants vers le pays afin de mettre la méritocratie et l’excellence républicaine au service de l’efficacité et de la compétitivité étatique.

Excellence Monsieur le Président, le Monde, peut-être inutile de le rappeler, évolue à la vitesse de l’imagination humaine. Les temps ont beaucoup trop changé mais malheureusement, tristement, nos compléments de bourse n’ont guère bougé depuis 1983. Le coût de la vie ici, à l’étranger, se veut de plus en plus cher. Le loyer, la nourriture, les livres, les moyens de déplacement,…difficile de joindre les deux bout pour s’en sortir financièrement. Par la force des choses, nous, boursiers guinéens de l’étranger, sommes obligés de tirer, tant bien que mal, le diable par la queue à défaut de signer un pacte avec lui.

Pourtant, force est de reconnaitre que l’éducation, la bonne formation des étudiants guinéens reste la toile de fond pour repenser et réinventer notre Guinée commune, notre héritage commun. Notre miracle économique et sociopolitique proviendra de là.

Les pays qui nous inspirent tant (la Corée du Sud, le Singapour, la Chine, le Brésil,…) ont connu des performances socio-économiques insolentes en faisant de l’éducation de ses futures élites une réalité, non un slogan vain et pompeux.

Fort malheureusement, faut-il rappeler ici que quantité de nos mémorandums adressés aux pouvoirs publics sont restés lettre morte. Nous osons donc croire que cette lettre fera exception et ne sera pas jetée aux oubliettes et, mieux, que certaines actions concrètes seront entreprises pour améliorer l’image du boursier guinéen de l’étranger.

Suivant cette logique, voici, Monsieur le Président de la République, l’essentiel de nos points de revendication :

I. La bancarisation de nos compléments de bourse ;

II. La bancarisation de nos compléments de bourse (ce n’est pas nullement une erreur !)

III. La régularité dans la paie de ces compléments de bourse.

Nous sommes en effet, convaincu que la bancarisation est un passage obligé pour assainir la liste des boursiers, obtenir une éventuelle augmentation de ces compléments de bourse et, soit dit en passant, permettre aux étudiants de s’en procurer sans déplacement aucun pour la ville de Rabat, Capitale administrative.

Pour ce faire, nous persistons à croire que vous, Monsieur le Président, serez sensible à notre situation qui reste pour l’heure très lamentable, très misérable. Sensibilité qui vous fera prendre des actions concrètes pour faire bouger les choses en la faveur des boursiers guinéens de l’étranger. Le devenir de la nation se joue entre vos mains.

Puisse Dieu bénir la Guinée et les Guinéens

Puisse Dieu guider les pas de l’étudiant guinéen de l’étranger

Association des Élèves et Etudiants et Stagiaires Guinéens au Maroc (ASEGUIM)

La Commission Bourse

ASEGUIM Centrale

Conseil Consultatif

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