« Sous le règne du RPG et de son chef, Alpha CONDE, la Guinée n’a jamais été autant pillée, détruite, et dépendante en tout, à cause de l’interférence des puissances étrangères et des mafias de toutes sortes. Les entreprises étrangères associées aux dirigeants guinéens complices exploitent de façon éhontée les travailleurs, en violation de toutes les lois en vigueur dans le pays », dénonce l’Alliance nationale patriotique qui appelle tous les patriotiques et démocrates de la Guinée à se lever pour mettre fin au système.

ALLIANCE NATIONALE PATRIOTIQUE
APPEL AUX PATRIOTES ET DÉMOCRATES GUINÉENS

PLUS DE SOIXANTE ANS DE MISÈRES ET DE DÉCADENCE – CONSTAT ACCABLANT

Le peuple de Guinée a eu l’insigne honneur d’avoir été le premier en Afrique noire francophone à conquérir son indépendance et sa liberté. Cette victoire de portée historique en Afrique contre la domination étrangère, a ouvert la voie aux autres peuples africains qui, un à un se sont libérés du joug colonial.

En ayant réussi à construire son unité, le peuple de Guinée était prêt à se lancer à l’assaut du progrès, dans la liberté retrouvée. Malgré son impréparation, son inexpérience, son retard économique et technique, il bénéficiait de nombreux atouts pour réussir ce défi colossal. Nanti d’un territoire richement doté par la nature, bénéficiant de l’aide massive et du soutien de toute l’Afrique libre – particulièrement du Ghana du Président Kwame Nkrumah – ainsi que des pays de ce qu’était alors le Bloc socialiste d’Europe et d’Asie, de l’Allemagne Fédérale et des Etats-Unis d’Amérique, la Guinée indépendante avait tout pour bâtir un pays prospère, au bénéfice de ses populations qui croupissaient dans la pauvreté, l’ignorance et la domination du pouvoir colonial, aidé par la féodalité locale.

Mais la fête fut de courte durée. Très tôt, le PDG et son chef ont entrepris de mettre en place une dictature de plus en plus clanique et sanguinaire. Les démocrates et progressistes qui s’étaient vaillamment battus pour l’indépendance furent arrêtés en novembre-décembre 1961 et jetés dans le nouveau camp de torture de la Garde républicaine, rebaptisé par la suite Camp Boiro, de sinistre mémoire. Après cet épisode, la voie était ouverte pour la dictature du Parti-Etat, qui n’avait plus aucun contrepoids face à lui.

A la place d’un régime démocratique, pluraliste et progressiste, indispensable pour bâtir la nation unie, libre et développée qu’espérait le peuple de Guinée en votant pour l’indépendance le 28 septembre 1958, le chef du PDG, Sékou Touré a imposé une idéologie de pacotille, pompeusement appelée « Révolution ». Ce fut alors le règne de la terreur, de la soumission aveugle et l’aplatissement devant le pouvoir établi. Les habitudes sociales extrêmement négatives de flagornerie, de délation, de vols, de trafics de toutes sortes, de détournements de biens publics, de corruption, d’arrivisme, de mensonges, de manipulation, ont été érigées au rang de vertus. Aucune liberté politique n’était tolérée : pas de liberté d’opinion, pas de liberté de parole, pas de liberté de presse, pas le droit à la confidentialité de la correspondance, pas le droit d’aller et de venir librement, etc.

Les vingt-six années de règne du PDG ont été celles de la répression, des camps de concentration, avec des traitements inhumains et dégradants réputés parmi les plus bestiaux du monde. La plus grande partie de l’élite intellectuelle, administrative, politique, militaire et des affaires de la période coloniale a été décimée ou contrainte à l’exil. Des dizaines de milliers de Guinéennes et de Guinéens, de tous âges, de toutes les conditions sociales, même les plus défavorisés, de toutes les régions, ont été broyés par ce régime sanguinaire.

Toutes les libertés politiques étaient bannies. Seul existait le Parti-Etat. Tous ceux qui ont cru pouvoir se fonder sur la Constitution pour former des partis politiques en dehors du PDG, l’ont immédiatement payé de leur vie : Ibrahima Diallo en 1960, Mamadou Touré dit « Petit Touré » en 1965 ont été de ceux-là. A la fin de l’année 1970, tous les anciens dirigeants de partis politiques opposés au PDG avant 1958 étaient déjà crapuleusement assassinés. Les condamnations à mort se faisaient par acclamation dans les meetings du parti, à l’appel du dictateur. Toutes les « élections » étaient préfabriquées, avec des résultats à 99.9%. Pire, au fur et à mesure que l’échec du régime devenait criant, le Parti-Etat et son chef se sont lancés dans le jeu dangereux de la division des nationalités, avec le fameux « Complot Peulh » de 1976, au cours duquel un enfant de 14 ans a été accusé de complot !

Pour l’appréciation objective des graves événements de cette époque, les patriotes guinéens ne peuvent pas ignorer que la Guinée indépendante a longtemps été confrontée aux multiples actions déstabilisatrices multiformes, de la part d’opposants guinéens de l’extérieur, manipulés et fortement soutenus par l’ancienne puissance coloniale. Plusieurs attaques armées ont été enregistrées, ainsi que des tentatives d’assassinat contre Sékou Touré. Il sera crucial pour le rétablissement de la vérité historique, que la Conférence Nationale – Vérité – Justice et Réconciliation se penche sur ce douloureux passé pour en tirer toutes les leçons, afin de remettre la Guinée sur la voie de l’unité, de la démocratie et du progrès.

Sur un autre plan, force est de reconnaître que malgré ses échecs dans le domaine économique et le respect des droits humains, on peut mettre au crédit du PDG un certain nombre de points positifs : la scolarisation des filles, la protection des filles contre les mariages précoces, la promotion de la femme et la protection de ses droits. De plus, le régime de Sékou Touré n’avait jamais bradé les richesses naturelles du pays et avait efficacement sauvegardé l’environnement, contrairement aux pouvoirs qui ont suivi, surtout celui de l’actuel chef de l’Etat, Alpha CONDE.

Le président à vie, Sékou Touré est mort le 26 mars 1984. Une semaine après, le 3 avril 1984, un coup d’Etat militaire et policier a renversé le PDG. Le Comité Militaire de Redressement National (CMRN) s’installe aux commandes. Le nouveau pouvoir promet qu’il tirera toutes les leçons des « erreurs » et des anomalies meurtrières du pouvoir déchu. Mais il n’y eut aucun débat public. Le peuple de Guinée n’a jamais eu l’occasion de se pencher sur les raisons profondes de l’échec du PDG qui a laissé un pays exsangue et dans un état d’arriération indescriptible. Les dignitaires de l’ancien régime arrêtés n’ont jamais été jugés. La non-tenue d’une Conférence nationale souveraine a empêché que le peuple et ses forces vives tirent objectivement toutes les leçons du passé, en conservant les acquits positifs du PDG tout en empêchant la répétition des crimes, des erreurs et des anomalies du passé et surtout mettre fin à l’impunité et à la dictature.

Le CMRN a eu à son crédit la fermeture immédiate des prisons politiques, la libération des détenus survivants, le rétablissement immédiat des libertés individuelles et la fin de la terreur, des arrestations arbitraires, des tortures et des exactions de toutes sortes de la milice contre la population, la fin des livraisons forcées de céréales (« la norme ») et de bétail (le fameux « tour »). Mais après le vrai-faux coup d’Etat du Colonel Diarra Traoré en juillet 1985 et les massacres et pillages qui s’en sont suivis contre des compatriotes Maninka, le Général Lansana Conté a concentré entre ses mains tous les pouvoirs, cette fois avec l’habillage démocratique de la Loi Fondamentale adoptée fin 1990 par référendum. Avec le nouveau référendum du 9 novembre 2001, le Général Lansana Conté déjà malade et presque impotent, lui aussi s’attribuait un pouvoir à vie, dans un système de « Démocratie » sans alternance soutenu par des élections truquées.

Au plan économique, le capitalisme d’Etat totalitaire a cédé la place à un libéralisme sauvage, après le démantèlement désordonné et le bradage de toutes les entreprises d’Etat qui, de toute façon, ne fonctionnaient presque jamais à plus de 10% de leur capacité. Le système Conté était basé sur l’alliance entre les officiers supérieurs des forces de sécurité, le cercle familial du président, la haute bureaucratie administrative et les « princes » du négoce. On ne pouvait même pas parler de pillages des ressources publiques ou de corruption, car c’était un véritable self-service dans les caisses publiques et le patrimoine collectif. C’est ce qui a fait dire au Regretté Professeur Ibarahim Baba Kaké que ce système était celui de la « Démocratisation de la bouffe » par opposition au système clanique précédent très restrictif où le « sabou » – le piston, était roi.

A partir de 2005/2006, le pays était mis au banc de la communauté financière internationale. Les partenaires extérieurs qui ont soutenu le régime à bout de bras depuis 1984 se retirent du pays. Ne restait plus à l’élite que la braderie des richesses minières, la planche à billets et le narco-trafic pour continuer sa prédation. Ce sont les révoltes populaires de janvier-février 2007 à travers tout le pays, avec des centaines de manifestants tués, qui ont sonné le glas du régime.

Aux graves maux hérités du pouvoir précédent du Parti-Etat, le pouvoir issu du CMRN a ajouté l’indiscipline sociale et l’incivisme.

Le Général Lansana Conté, deuxième président à vie a été enterré le 22 décembre 2008, avec son régime par le CNDD (Conseil National de la Démocratie et du Développement) dirigé par de jeunes officiers, avec à leur tête, le Capitaine Moussa Dadis Camara. Sous la houlette du bouillant officier, le CNDD semble décidé à s’attaquer aux plaies séculaires du pays. Une intense campagne est lancée pour la récupération des créances de l’Etat sur les opérateurs privés, anciens associés du régime défunt. Les détournements de deniers publics sont condamnés avec véhémence. La junte exige la récupération des terrains du domaine national vendus frauduleusement ou confisqués par Lansana Conté et sa famille. Mieux, le CNDD s’attaque frontalement aux trafiquants de drogue qui ne se cachaient plus à Conakry, tant le trafic était répandu et toléré en Guinée. Des laboratoires clandestins de fabrique de médicaments frelatés ou d’amphétamines sont démantelés. La vie quotidienne des populations de la capitale connaît un net changement : en quelques mois à peine, le CNDD a réalisé des forages d’eau potable dans les quartiers de Conakry privés d’eau courante depuis le début des années 2000. Des rues sont bitumées dans les quartiers populaires. Autre miracle : un train de banlieue est rétabli, au plus grand bonheur de dizaines de milliers de Conakry-Ka qui s’y entassent tous les jours pour rejoindre la presqu’ile du Kaloum à moindre coût. Même la fourniture de courant électrique s’améliore. Le peuple applaudit et se remet à espérer l’avènement d’un changement véritable qui le sortirait de cette misère interminable.

Les intentions du CNDD étaient sans doute bonnes, mais toutes ces réalisations avaient été faites au prix d’un recours massif à la planche à billets.

Malheureusement pour le peuple de Guinée, à peine quelques mois après son arrivée au pouvoir, le chef du CNDD est subjugué par les hommes de l’ancien système qui ont pris en main le train en partance. Le CNDD a enfilé les habits du pouvoir précédent, car les habitudes et les normes en vigueur depuis l’indépendance ont la peau dure. Les velléités de reformes sont vite abandonnées. Place à la consolidation du pouvoir et pour beaucoup de membres du CNDD, il fallait « prendre rapidement notre part avant de rendre le pouvoir aux civils ». La tentative de maintien des militaires au pouvoir abouti à la grande manifestation du 28 septembre 2009, à Conakry, au Stade du même nom. Cette manifestation interdite a fait plus de 158 morts dont beaucoup n’ont pas encore été retrouvés. Pire, c’est ce jour-là que les viols collectifs de femmes ont été enregistrés pour la première fois dans l’histoire déjà sanglante de la Guinée. Ces événements ont entraîné l’effondrement du CNDD, surtout après la tentative d’assassinat du Capitaine Dadis CAMARA par son aide de camp, dans des conditions non encore élucidées.

La transition ouverte en 2010 aurait dû permettre la mise en place d’un pouvoir démocratique, attaché à l’unité du pays et tirant les dures leçons de nos échecs du passé. De très beaux textes ont été adoptés pour cela par le Conseil National de la Transition (CNT) : Constitution, Code électoral notamment. Mais c’était sans connaître la force réactionnaire du système qui a régné en maître sur le pays depuis 1958 et qui est profondément enraciné ! Ainsi, les élections présidentielles du 27 juin 2010 bien que basées sur le meilleur recensement électoral qu’ait connu le pays, n’ont pas failli à la tradition. Le deuxième tour qui aurait dû se tenir mi-juillet 2010 a été repoussé jusqu’au 7 novembre 2010 et s’est déroulé sur fond d’exacerbation de l’etnicisme, des pogroms ethniques et de fraudes massives, en violation flagrante du Code électoral – déjà ! Le candidat du RPG est déclaré élu.

Avec son habit de « président démocratiquement élu », le nouveau Chef de l’Etat, Alpha CONDE était très attendu sur les questions brûlantes des régimes antérieurs : corruption, népotisme, unité du pays, respect des droits humains, impunité, etc.

Mais là aussi, le miracle attendu n’a pas eu lieu, bien au contraire ! Aux anciennes tares du système qu’il a repris à son compte et qu’il a dangereusement aggravées, le nouveau pouvoir a ajouté l’explosion de la corruption et de l’enrichissement illicite, la gestion opaque des ressources publiques, le bradage des ressources naturelles, le règne de l’argent sale, les fausses promesses, la division des nationalités et l’accentuation du repli identitaire. Cette politique basée sur la cupidité des élites dirigeantes et leur irresponsabilité, a entraîné la ruine économique et l’effondrement moral complet du pays. Le peuple assiste impuissant au pillage effréné des ressources naturelles du pays (minerais, pêche, forêts), la destruction définitive de l’environnement – donc le cadre de vie des populations – par des entreprises étrangères qui s’emparent à vil prix de nos ressources non renouvelables, sans absolument investir un seul dollar sur place, avec la complicité agissante et intéressée du pouvoir en place, sans aucun bénéfice pour le peuple de Guinée. Jamais l’écart entre les plus nantis et les plus pauvres n’a été aussi énorme et scandaleux. Tous les investisseurs internationaux sérieux ont abandonné la Guinée, laissant libre cours aux flibustiers et autres maffias africaines et internationales de tout acabit. Le pays importe pratiquement tout ce qu’il consomme et exporte la totalité de ce qu’il produit (les minéraux essentiellement). L’endettement sans contrepartie visible du pays a repris de plus belle. Tous les actes de l’Administration guinéenne sont teintés de corruption, de favoritisme et de trafic d’influence.

Sous le règne du RPG et de son chef, Alpha CONDE, la Guinée n’a jamais été autant pillée, détruite, et dépendante en tout, à cause de l’interférence des puissances étrangères et des mafias de toutes sortes. Les entreprises étrangères associées aux dirigeants guinéens complices exploitent de façon éhontée les travailleurs, en violation de toutes les lois en vigueur dans le pays.

La santé et l’éducation, pourtant primordiales pour le devenir du peuple, sont dans un état total d’abandon. La Guinée est parmi les taux d’espérance de vie les plus bas du monde. Le système éducatif est totalement détruit et ne produit que des inadaptés sociaux et des chômeurs, pendant que la jeunesse dorée du régime reçoit une bonne éducation en Guinée, mais surtout à l’étranger.

Les libertés individuelles sont fortement menacées avec des arrestations arbitraires de citoyens pour simple délit d’opinion tel que port d’un tricot, I’ interdiction de manifester, l’impossibilité de se réunir pour tous ceux qui sont opposés au parti au pouvoir, autrement que sur des lieux privés et au risque d’être agressés par les forces de l’ordre. De fortes pressions et même des menaces d’emprisonnement s’exercent sur les hommes et les femmes des médias qui tentent de faire objectivement et honnêtement leur travail d’information du public. Plus grave, le pouvoir n’hésite plus à entretenir et à instrumentaliser des nervis ethnicistes, comme en 1957 !

Au plan légal, le pouvoir actuel répond à toutes les définitions d’une dictature, car il viole insolemment la Constitution sur laquelle son chef a juré deux fois et sur des points essentiels : non déclaration de patrimoine des dirigeants, pratique du communautarisme, patronage direct du parti politique au pouvoir, érigé en Parti-Etat, suppression de fait du droit de manifester pour les opposants, confiscation du pouvoir au moyen de mascarades électorales, viol de la fixité des mandats électifs et surtout, tentative de se maintenir indéfiniment au pouvoir, en violation de la règle sacrée de limitation des mandats.

Comme on le voit, l’actuel chef de l’Etat a directement chaussé les bottes du système trouvé en place. Comment s’en étonner ? Depuis le début, le pouvoir actuel du RPG s’est attaché les précieux services d’un grand nombre de personnages-clés du régime précédent, certains parmi les plus décriés du système

APPEL AUX PATRIOTES GUINÉENS

Ce bref rappel historique montre à suffisance que depuis 1958, les pouvoirs se succèdent, sans aucun changement véritable. Chaque arrivant continue les tares du précédent en les aggravant et en y ajoutant ses propres maux. Les virages historiques de 1984 et 2009/2010 se sont transformés pour le peuple en mirages et faux départs, tant les espoirs ont été déçus. La cruelle vérité est qu’au-delà des dirigeants tous accrochés à la présidence à vie, c’est la continuation et la perpétuation du même système, obstacle infranchissable pour le développement économique, social et culturel de notre peuple, qui est en jeu. C’est ce système qui a entraîné la Guinée dans cette décadence sans fin, faisant de notre pays l’un des plus misérables et des plus corrompus d’Afrique et du monde.

Si la situation actuelle persiste, la jeunesse guinéenne n’aura aucune chance d’être bien éduquée, de travailler et de vivre dignement sur la terre de ses ancêtres.

Les patriotes guinéens doivent tirer les dures leçons de ces victoires du peuple confisquées par des élites politiques pour leurs seuls intérêts égoïstes, leurs privilèges et leur maintien au pouvoir. Nous avons la conviction que la décadence de notre pays et sa descente interminable aux enfers n’est pas une fatalité. Comme en 1958, avec des sacrifices sans limite et une bonne organisation, le redressement est possible, pourvu que le pays revienne aux valeurs fondatrices de la République de Guinée.

Le peuple de Guinée, particulièrement la jeunesse guinéenne doit refuser de sombrer dans le désespoir et la résignation et prendre ses responsabilités afin de relever le défi de la renaissance de notre pays, en hommage aux patriotes africains qui, au péril de leur vie, ont refusé de vendre leur pays ou de trahir leur peuple. Nous devons reprendre le glorieux flambeau légué par les vaillants combattants anti-colonialistes de Guinée et d’Afrique, les démocrates et progressistes dont beaucoup sont morts en héros, assassinés par les ennemis de la liberté et du progrès des peuples africains. Nous devons réhabiliter les nobles valeurs du dévouement pour la cause commune, l’attachement à l’unité et à la fraternité du peuple, le respect de l’Etat de droit, à la justice sociale, l’amour du travail honnête, le refus de la corruption et de l’atteinte au bien public. La Guinée doit cesser d’être un des enfants malades du continent africain pour revenir au rang des pionniers de la lutte pour la renaissance de l’Afrique, pour la liberté, la justice et le progrès. Nous devons restituer au peuple de Guinée sa dignité et sa place dans une Afrique libre, unie et renaissante.

Dans un grand sursaut national pour le sauvetage de notre pays, nous appelons solennellement à un vaste rassemblement de toutes les forces vives. Ce vaste regroupement fait appel à toutes les couches de la population, à toutes les communautés et à toutes les générations. Notre mouvement, bâti sur la base de la défense des intérêts supérieurs du peuple comprendra :

  1. Personnalités patriotes, indépendantes, irréprochables au regard de leur probité et de leur attachement à la démocratie et à l’unité du pays ;
  2. Organisations de la société civile œuvrant pour le bien-être des populations : santé, éducation, citoyenneté, droits de l’homme, de la femme et des enfants ;
  3. Organisations syndicales réellement engagées pour la défense des travailleurs et à leur-bien être ;
  4. Partis politiques s’engageant à défendre l’unité du peuple, l’intérêt général, la démocratie, le respect du bien public, la déclaration des biens des dirigeants publics et le règne de l’Etat de droit.

Tous les membres s’engagent à travailler dans l’unité, la sincérité, la tolérance, la solidarité et le respect mutuel, pour le triomphe de la cause commune du peuple de Guinée.

TACHES IMMÉDIATES POUR LE SALUT DE LA GUINÉE

Considérant le dangereux vide institutionnel dans lequel l’actuel chef de l’Etat a installé notre pays et pour sortir définitivement de ce système criminel, anti-démocratique et corrompu, nous exigeons, à effet immédiat :
1) La dissolution de l’Assemblée Nationale qui n’a plus de mandat du peuple ;
2) La dissolution de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI), bras du pouvoir chargé d’organiser des élections qui ne sont ni libres, ni honnêtes, ni transparentes ;
3) A titre de mesure de sauvegarde, l’interdiction immédiate de tout nouveau contrat minier et de pêche ;
4) La convocation d’une Conférence Nationale – Vérité, Justice et Réconciliation. Cette assisse nationale dont les modalités seront à définir, aura à se pencher sur les soixante et un ans de la gestion catastrophique de la Guinée, afin d’en tirer toutes les leçons, de rendre justice aux victimes, de réconcilier durablement les Guinéens, de mettre en place de nouvelles institutions démocratiques viables, adaptées à nos réalités, garantissant un nouveau départ pour la Guinée, dans l’unité, la démocratie large et inclusive et le progrès. Les élections doivent être conduites par un organe véritablement indépendant et basées sur un fichier électoral fiable, comprenant tous les citoyennes et les citoyens de l’intérieur et de l’extérieur ayant le droit de vote. Aucune élection ne doit se tenir sans ces préalables.

En tout état de cause, l’actuel chef de l’Etat devra quitter ses fonctions à l’expiration de son mandat en décembre 2020. Tant qu’une nouvelle assemblée législative ne sera pas élue en conformité avec les nouvelles institutions démocratiques issues de la Conférence, le chef de l’Etat ne devra pas légiférer par ordonnance.

Des propositions détaillées seront présentées ultérieurement pour fixer les conditions de tenue de la Conférence Nationale – Vérité – Justice – Réconciliation ainsi que ses objectifs et son ordre du jour.

Nous attirons l’attention du peuple de Guinée, de la communauté africaine et internationale sur la gravité de la situation dans laquelle notre pays est plongé et les risques d’instabilité et de troubles affectant toute la sous-région, si rien n’est fait pour résoudre la crise politique et institutionnelle actuelle.

Conakry, le 5 septembre 2019

Pour l’Alliance Nationale Patriotique, le Porte-Parole

Boubacar SYLLA, Société civile
Membre fondateur

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