Depuis 2016, les 33 quartiers de la ville de Kindia se retrouvent chaque année autour d’un tournoi de football destiné à de déceler les talents locaux et à renforcer le tissu social entre les fils du terroir. Mais, pour cette année 2019, le tournoi a tourné au vinaigre, notamment dans la soirée d’hier jeudi, 26 septembre 2019. Des échauffourées ont été enregistrées à l’occasion de la 2ème journée des demi-finales qui mettait aux prises l’équipe de Condeta 3 à la formation de Manquepas Mosquée, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Le tournoi censé renforcer les liens entre les fils de Kindia, doté du trophée président Alpha Condé, a tourné à la bagarre au stade Fodé Fissa ce jeudi. Depuis son coup d’envoi, des incidents sont souvent signalés entre les supporters des différentes équipes.

Pour la journée d’hier, des jeunes gens ont empêché la poursuite de la deuxième journée des demi-finales. Alors que Condeta 3 et Manquepas Mosquée étaient à égalité, des manifestants ont gâché la fête. C’est pendant la 2ème mi-temps que la tension est montée d’un cran. Pendant plus de 10 minutes, une pluie de cailloux s’est abattue sur le terrain. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les semeurs de troubles.

Plusieurs jeunes gens ont été blessés. C’est le cas de Lansana Boukhary Camara, journaliste sportif à Kindia. « A chaque fois qu’on organise le tournoi inter-quartiers de football de Kindia, les jeunes s’attaquent directement les uns aux autres. Je crois bien que ce n’est pas la solution. Il faut que la jeunesse de Kindia soit consciente maintenant pour que nous pussions jouer cette compétition, surtout un tournoi doté du trophée le professeur Alpha Condé. Je crois bien que c’est une manière d’animer la ville de Kindia. Aujourd’hui, il faut que les jeunes comprennent que Kindia appartient à tout le monde. Certains joueurs sont blessés. Je crois bien que les organisateurs n’ont pas organisé ce tournoi pour que la jeunesse de Kindia se donne des coups de poing. La rencontre d’hier aussi qui opposait les quartiers de Koliady 1 au quartier Gare, on a vu des jets de pierre un peu partout, suite à la défaite de Gare. Depuis le début de cette compétition, quand un quartier est éliminé, les loubards de ce quartier jettent les pierres sur les adversaires… C’est vraiment dommage », s’indigne-t-il.

Saliou Sylla, dit Moalim

Même son de cloche chez l’entraîneur de football, Saliou Sylla, alias Moalim, qui dénonce cet état de fait. « Cette compétition vise à renforcer les liens d’amitié et de fraternité entre les 33 quartiers et de faire vibrer Kindia en cette période des grandes vacances, en plus pour détecter les difficultés qui minent le football de Kindia. Par exemple, pour le FC GANGAN, c’est à cette compétition qu’on peut recruter les joueurs pour notre équipe, reléguée en ligue 2 pour qu’ils puissent faire la fierté de Kindia. Vraiment, cet acte barbare est une désolation de notre part. Le règlement est établi par les organisateurs, mais la rigueur manque, la magouille règne aussi au sein du groupe des organisateurs. Même pas pour ce tournoi seulement, dans les autres compétitions, si vous faites un règlement intérieur, il faut l’appliquer. Mais, eux ils ne l’appliquent pas. On se souvient que depuis le début de ce tournoi, il y a trop de pagaille. Et aucun quartier n’a été sanctionné et c’est ce qui continu jusqu’à présent », dénonce-t-il.

Pour sa part, Ibrahima Khalil Touré, ingénieur de formation, dénonce la mauvaise stratégie des organisateurs. « C’est un manque d’organisation, pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas comprendre que deux groupes de supporters soient assis dans un même lieu, cela va forcément occasionner la pagaille. D’autre part, il y a une question de maturité. Le coach de Condeta 3 était là à discuter avec les supporters et cela a suscité la tension. Il faudrait que les organisateurs se préparent, en passant de quartier en quartier pour la sensibilisation. Partout en Guinée, on ne peut pas jouer un match et terminer. Je dirais à la jeunesse de Kindia d’être consciente, d’être plus réfléchie dans sa manière de faire. Quand ont dit le changement, ça commence d’abord par la mentalité, par le caractère, par soi-même, avant les autres ».

Alhassane Soumah

De son côté, Alhassane Soumah a subi la colère des forces de sécurité. « Le policier m’a frappé six fois avec sa matraque. Le commandant m’a dit de pardonner. Donc, je ne peux rien. Ils m’ont blessé avec leur matraque. Pourtant, je ne fais pas partie des jeunes manifestants ».

Si tout va bien, la finale dudit tournoi doit se jouer le 2 octobre prochain.

Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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