Bijouterie : un métier qui comporte beaucoup de risques en Guinée

Ils sont nombreux à exercer le métier de bijoutier à Conakry. Une activité qui consiste à se servir de métaux précieux comme l’or et l’argent pour fabriquer des bijoux. Un métier, a priori rentable ; mais, pas pour tout le monde. Ceux qui exercent à Conakry se plaignent de plusieurs difficultés qui empêchent le véritable essor de ce secteur. Ils l’ont dit au micro d’un reporter de Guineematin.com qui est allé à leur rencontre.

Mamadou Djan Bah a sa bijouterie à Koloma marché. C’est là qu’il travaille et revend ses bijoux. Il pratique ce métier avec passion, mais non sans difficultés. Au nombre desquelles, la cherté de la matière première. « Les métaux sont chers : nous achetons 1 gramme d’or à 300 000 ou 350 000 francs guinéens. Alors que c’est ici qu’on extrait l’or. Le problème est qu’on exporte presque tout l’or qui est extrait chez nous. Sinon, ça n’allait pas coûter aussi cher dans le pays. Quant à l’argent, ça provient de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal. Nous achetons le gramme à 7500 et 8000 francs », a-t-il expliqué.

Mamoudou Bela Bah, communément appelé maître Kanté, pratique aussi ce métier depuis 1961 à Conakry. Aujourd’hui, il est le président régional de l’union des bijoutiers de la capitale. Mais, il souligne que les choses ont changé dans le mauvais sens au fil des années pour les bijoutiers guinéens. « Avant, lorsque nous nous étions jeunes, il y avait une boutique ici qui s’appelait Savanel. C’est là-bas où les gens s’approvisionnaient en or et argent.

Mais aujourd’hui, on n’a pas une boutique où acheter même un petit matériel de bijoutier. Seuls le charbon et le sel que nous gagnons en Guinée, tout le reste de nos outils de travail on l’exporte. Et puis, travailler avec les métaux précieux, (l’or et l’argent), ça comporte beaucoup de risques. Nous sommes souvent victimes de vols et d’arnaque », soutient-il.

Il déplore aussi le fait que les fonds octroyés aux artisans par le président Alpha Condé ne soient jamais arrivés au niveau des bijoutiers. « Le président de la République a donné de l’argent aux artisans, mais les bijoutiers n’ont rien vu de cet argent. Un commerçant ne doit pas partir à la place d’un bijoutier, un menuisier ou un tailleur. Chacun doit représenter sa corporation et avoir ce qui lui est destiné. Mais, ici on parle de l’argent pour soutenir l’artisanat, mais les artisans n’en profitent pas », a laissé entendre le président des bijoutiers de Conakry.

Pour faire face efficacement aux difficultés qu’ils rencontrent et permettre l’essor de leur secteur, Mamadou Yero Diallo, un autre bijoutier, l’implication des autorités du pays. « Nous demandons au gouvernement de nous venir en aide pour que nous puissions évoluer dans ce domaine. Surtout de lutter contre la fabrication des bijoux de contrefaçon. Maintenant, même les bagues d’alliance, nous constatons que nos commerçants vont les commander en Chine et ils viennent les revendre en Guinée. Cela réduit notre clientèle, alors que ces bagues en provenance de Chine ne sont pas faites d’or et d’argent pures. La plupart sont des faux bijoux, mais ça nous fatigue nous les artisans locaux.

Nous demandons aussi la construction d’un centre artisanal pour les bijoutiers, nous sollicitons qu’il (l’Etat) nous aide à avoir des machines de fabrication de nouvelles générations, parce que nous travaillons avec des vieilles matériels, tels que le marteau, l’enclume, les pinces et autres. Tout ce que nous fabriquons aujourd’hui, nous le faisons à la main, alors que ce qui est fait à la main et ce qui est fait à l’aide d’une machine, les deux ne peuvent pas être les mêmes. C’est pourquoi les autres pays nous dépassent dans ce sens », a dit l’artisan.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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