Obsèques des victimes du 3ème mandat, propos d’Alpha Condé à N’Zérékoré… Saïkou Yaya à Guineematin

20 novembre 2019 à 22 10 28 112811
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines

L’actualité sociopolitique guinéenne est chargée avec les manifestations meurtrières contre le 3ème mandat pour Alpha Condé. Le gouvernement n’a toujours pas rendu les huit corps des jeunes assassinés en marge des manifestations du Front National pour la Défens de la Constitution (FNDC). Une situation qui révolte le député Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines (UFR). Dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com ce mercredi 20 novembre 2019, monsieur Barry dénonce la déshumanisation de notre société. Il en a profité pour répondre au discours du président Alpha Condé, tenu ce weekend à N’zérékoré.

Guineematin.com : le gouvernement a décidé de retenir les corps des jeunes tués en marge des dernières manifestations pour, dit-il, poursuivre les autopsies. Ce qui de facto a amené le FNDC à reporter les obsèques de ces victimes. Comment avez-vous accueilli cette décision ?

Saïkou Yaya Barry : c’est avec le cœur serré que j’ai appris cette nouvelle. Ça prouve que les gouvernants actuels n’ont pas de respect même pour les morts dans notre pays. Il y a eu une déshumanisation des citoyens dans notre pays. Nous comprenons que c’est une manière de torturer la population sur cette question-là alors que le combat que nous menons continuera. Nous estimons aujourd’hui que la population guinéenne est aujourd’hui prête pour se battre jusqu’à la dernière minute pour défendre la constitution guinéenne. Ces jeunes gens, morts à la fleur de l’âge, il faut le reconnaître, c’est une manière de décimer une jeune génération de notre pays. Vous n’êtes pas sans savoir que tous ceux qui sont morts, ont moins de 25 ans, c’est-à-dire que l’âge moyen varie de 10 à 15 ans. Ça veut dire qu’ils veulent décimer une partie de la génération guinéenne, finir avec eux. Et, dans un sens aussi, donner l’impression que c’est une ethnie qui est concernée par la riposte, alors qu’aujourd’hui la majeure partie des Guinéens est déterminée à se défendre sa constitution. Nous avons écouté l’un des responsables du parti au pouvoir, en l’occurrence l’honorable Amadou Damaro Camara. C’est même déplorable parce qu’il a une femme Peulh ; en disant que c’est seulement une région de la Guinée qui est opposée à ce projet machiavélique de nouvelle constitution. Alors que toutes les régions sont opposées à ce projet.

Guineematin.com : comment l’UFR accueille la mise en place de l’Agence Nationale d’Inclusion Economique et Financière (ANIES) ?

Saïkou Yaya Barry : quand on parle de l’indice de développement, on parle de lutte contre la pauvreté. Si tel est le cas, c’est tous les Guinéens qui sont concernés. Mais malheureusement, l’objectif qui est visé ici, c’est un objectif politique qui l’amène vers la région de la Moyenne Guinée afin de commencer à battre campagne. Vous avez vu les affiches ? Les affiches démontrent la volonté affichée des populations à ce projet machiavélique. Moi je vais dire que si la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire sont intéressés par cette action, je suis ouvert à cette question. Mais, la manière dont on l’utilise à l’intérieur du pays, c’est tout autre. Je crois que cette discussion doit se faire à l’Assemblée nationale pour donner les méthodes et la manière dont cela doit se faire. Mais, je ne me souviens pas avoir lu ce document dans ce cadre-là et qui montre suffisamment que les populations les plus pauvres seront prises en compte réellement dans ce projet.

Guineematin.com : le président de la République lors de sa dernière visite à N’Zérékoré a dit qu’il ne laissera pas la Guinée dans les mains des bandits. Comment vous réagissez à ce pan du discours d’Alpha Condé ?

Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines

Saïkou Yaya Barry : d’abord il n’est pas Dieu. Je vais rappeler que Sékou Touré n’avait jamais prévu que c’est Lansana Conté qui allait le remplacer et Lansana Conté n’avait jamais prévu que c’est lui Alpha Condé qui allait être là. On a tendance à croire que c’est lui le peuple, par rapport à ce qui est la volonté populaire pour désigner le chef. La deuxième chose qu’il faut retenir, c’est que la quintessence des bandits économiques, du système Conté au système Dadis de la transition sont autour de lui. Il est entouré par les plus grands délinquants économiques du pays. Je ne peux pas les citer parce que plus de 70% de ceux qui l’entourent sont dans ce cadre-là. Je me demande de quels bandits il parle parce qu’en réalité, les bandits sont avec lui. Les vrais guinéens qui veulent qu’il y ait le changement dans ce pays, qu’il y ait la prospérité pour les Guinéens, aujourd’hui sont dans l’Opposition, il faut le reconnaître. Il a pris l’habitude d’indexer toujours ceux qui savent bien faire. Le problème qu’a Alpha Condé, c’est qu’il ne veut pas voir la Guinée se développer à son temps. Parce que les temps que les Guinéens lui ont donné pour gérer la Guinée, il n’a rien fait. Il ne fait qu’indexer les autres. En attendant, qu’est-ce que lui, il a fait ? Voilà le problème que nous avons. Aujourd’hui, il veut mourir au pouvoir et on ne parlera du développement qu’après lui parce qu’avec lui, on ne peut pas. Sinon, en ces temps si vous avez constaté, vous avez vu l’état de nos routes ? Qu’est-ce qu’il a pu apporter aux Guinéens tout ce temps ? Une école ? Une université ? Un système hospitalier de qualité ? Non. Tout ce qu’il a comme projet, c’est comment les guinéens peuvent se diviser entre eux, comment les guinéens vont s’embraser entre eux, comment les guinéens vont se regarder en chiens de faïence. C’est cela son objectif. C’est ce qui l’a amené ici. Et je crois que les Guinéens commencent à comprendre et je pense qu’il ne peut rien contre la volonté de Dieu sur ce qui se fera dans ce pays-là.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien, avez-vous un dernier mot ?

Saïkou Yaya Barry : ce que je demande, j’appelle les Guinéens à réfléchir très bien. Alpha Condé n’aime personne, mais il utilise quelques personnes pour se servir de nous ; malheureusement. Vous avez vu aujourd’hui le cas des blocs vendus. Sinon ça ne sert à rien à la fin d’un mandat de vendre les blocs 1 et 2 de Simandou si ce n’est que prendre quelques billets de banques. Alors que nous avons d’autres priorités aujourd’hui. Donc, les Guinéens doivent se lever pour se battre ensemble pour trouver quelqu’un de capable pour changer notre condition de vie.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Viol et assassinat d’Aïssatou Diallo : ses parents réclament justice

20 novembre 2019 à 22 10 19 111911
Elhadj Sadou Barry

Une attaque à main armée, suivie de viol ayant entraîné la mort, avait indigné plus d’un à Conakry, entre juin et juillet 2017, au quartier Sonfonia Gare, dans la commune de Ratoma. Quelques semaines plus tard, la police était parvenue à mettre la main sur Jean Faya Kamano et Paul Lamah, présumés être les auteurs du viol de dame Aissatou Diallo. Leur procès, programmé pour hier mardi, 19 novembre 2019, au tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la mairie de Ratoma, n’a finalement pu se tenir au grand dam de la partie civile qui veut que lumière soit faite dans ce dossier, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Jean Faya Kamano et Paul Lamah sont les deux individus poursuivis dans ce dossier criminel. Ils seront jugés pour viol, vol aggravé, Coups et Blessures Volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Des faits prévus et punis par les dispositions des articles 268, 374 et 245 du Code Pénal Guinéen.

Présent au tribunal hier mardi, Elhadj Sadou Barry, beau frère de la victime et partie civile dans ce dossier, a dit son souhait de voir jaillir la vérité dans ce dossier. « Ceux qui sont présumés être les auteurs de ce crime, nous les attendions beaucoup ce mardi pour qu’ils s’expliquent. Je les ai vus au tribunal. En tant que partie civile, mon souhait est que la justice tranche dans ce dossier en toute vérité, que la vérité soit dite parce que la victime, Aïssatou Diallo, a été agressée à son domicile, de façon injuste, tuée par ses agresseurs. Ça c’est passé le 04 juin 2017. Elle est décédée le 05 juillet 2017 vers 11 heures ».

Elhadj Sadou Barry

Au lendemain de l’agression de cette dame, Elhadj Sadou Barry rappelle avoir saisi la police. « J’ai aussitôt saisi la Direction de la Police Judiciaire pour porter plainte contre X. Je leur ai remis le numéro de téléphone de la victime qui avait été emportée par les malfaiteurs. Heureusement, ils ont réussi à localiser le téléphone. C’est ainsi qu’ils ont réussi à mettre la main sur Jean Faya Kamano qui détenait le téléphone. Devant les agents, il a dit que c’est Paul Lamah qui lui a donné le téléphone de la victime. Mis aux arrêts à son tour, Paul Lamah a nié avoir donné un quelconque téléphone à Jean », a-t-il expliqué.

Pour finir, Elhadj Sadou Barry compte sur la justice pour que la lumière soit faite dans cette affaire. « Je demande que la justice dise la vérité. Je ne demande pas qu’on m’aide en condamnant des innocents. Mais s’ils sont coupables, que la loi s’applique, qu’on sache pourquoi ils ont tué Aissatou. C’est ce que je souhaite », a-t-il martelé.

Il reste à savoir ce que les accusés, Jean Faya Kamano et Paul Lamah, vont dire pour leur propre défense. Ils sont détenus à la maison centrale de Coronthie depuis le mardi, 08 août 2017.

A lire :

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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Manifestation contre Kassory Fofana à Labé : voici le communiqué du Gouvernement

20 novembre 2019 à 20 08 38 113811

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, la visite du Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, a été perturbée par une manifestation. Massivement, ces jeunes se sont mobilisés pour protester de vives voix contre les tueries des manifestants, le refus de la justice pour les victimes et la volonté du régime de changer la Constitution pour permettre au président Alpha Condé de rester au pouvoir après son deuxième et dernier mandat.

Ainsi, après l’entretien avec les sages de la ville, le Premier ministre et sa délégation ont « confinés » dans leur résidence pendant plusieurs heures par des manifestants qui ont érigé des barricades et résisté face contre les forces de l’ordre. C’est à l’arrivée des renforts, en provenance de Mamou que les manifestants ont été dégagés, aux environs de 16 heures.

Très déçu de cet humiliant accueil réservé au Premier ministre, le Gouvernement a regretté ce comportement dans un communiqué que Guineematin.com vous propose ci-dessous :

Communiqué du Gouvernement

Conakry, le 20 novembre 2019 – Dans la matinée de ce mercredi 20 novembre 2019, de jeunes loubards ont tenté de perturber le déroulement normal de la mission de travail de Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement, dans la région administrative de Labé.

Le séjour de travail en Moyenne Guinée de Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement, s’inscrit dans le cadre du lancement des opérations d’identification des bénéficiaires de l’appui de l’Agence Nationale d’Inclusion Economique et Sociale (ANIES).

Le Gouvernement, fortement préoccupé par l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, déplore ces agissements qui n’honorent pas leurs commanditaires et qui vont à l’encontre des attentes des populations bénéficiaires de l’appui de l’ANIES.

Le Gouvernement saisit cette opportunité pour réitérer son invite au respect des valeurs morales et civiques qui fondent la République.

Le Gouvernement rappelle à tous les citoyens que tout manquement à ces principes républicains exposera les coupables à la rigueur de la loi.

Le Gouvernement de la République de Guinée

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Manifestation contre Kassory à Labé : le FNDC rejette toute implication

20 novembre 2019 à 19 07 40 114011

Comme annoncé précédemment, la visite du Premier ministre guinéen à Labé a été marquée par des mouvements de protestation. Plusieurs jeunes ont manifesté ce mercredi, 20 novembre 2019, dans la rue et devant la résidence d’Ibrahima Kassory Fofana pour exprimer leur opposition au projet de changement de l’actuelle constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Accusée par certains d’être à l’origine de cette protestation qui a bloqué le chef du gouvernement guinéen à sa résidence pendant plusieurs heures, l’antenne du FNDC à Labé n’a pas tardé à réagir. Elle rejette toute implication dans les mouvements qui ont secoué la ville.

« En ce qui concerne nos activités, nous FNDC, nous les faisons à visage découvert, on ne se cache pas pour effectuer nos actions. Hier, vous avez vu comment la marche des femmes du FNDC s’est déroulée. Aujourd’hui, on a vu tôt le matin, des élèves sortir huer le cortège du Premier ministre. Donc le FNDC n’est ni de prêt, ni de loin associé à cela. On ne connait pas comment cela s’est passé, on ne peut pas justifier quelque chose qu’on ne connait pas. Le seul appel que nous avons à lancer aux militants du FNDC, c’est de rester connectés à nos communiqués, aux décisions du FNDC. Donc nous demandons à tout un chacun la retenue et à ne pas commettre des actions au nom du FNDC sans l’aval de la coordination », a déclaré Habib Bah, le coordinateur régional du Front National pour la Défense de la Constitution à Labé.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guinéematin.com

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CMIS Camayenne : la police rend au FNDC les 11 cercueils des jeunes enterrés à Bambéto

20 novembre 2019 à 19 07 30 113011

Après plus de 2 semaines de disparition, les cercueils des 11 jeunes tués par balles lors des manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été redus ce mercredi, 20 novembre 2019. C’est à la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Camayenne, dans la commune de Dixinn, que cette restitution a eu lieu en présence de certains responsables du FNDC, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’enterrement le 04 novembre dernier des premières victimes contre le 3ème mandat a été émaillé de violences suite à l’agression du cortège funèbre par les forces de sécurité. Après avoir gazé la procession, les agents avaient aspergé du gaz lacrymogène la mosquée et le cimetière de Bambéto. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont confisqué les cercueils après l’enterrement en catastrophe des victimes. Ce sont ces cercueils qui ont été restitués au FNDC ce mercredi.

Après avoir reçu les cercueils, le coordinateur par intérim chargé des opérations, Mamadou Billo Bah est revenu sur les circonstances dans lesquelles les cercueils ont disparu au cimetière de Bambéto. « Ces cercueils sont ceux que la police s’est arrogé le droit de venir confisquer, retirer au niveau du cimetière de Bambéto et les envoyer à la CMIS de la Camayenne ici pour les garder, il y a de cela plus de 2 semaines. Ce qui montre combien de fois nous avons des forces de défense et de sécurité qui sont de plus en plus inhumaines. Sans quoi, rien ne justifie qu’on vienne non seulement disperser les marcheurs qui n’étaient ni armés, ni animés par la violence, ni par le vandalisme ou quoi que ça soit qui se rapporte à cela, mais des marcheurs qui étaient venus pour accompagner ces victimes de la répression sanglante du régime du Professeur Alpha Condé. Nous avions quitté l’hôpital Sino-guinéen pour la mosquée de Bambéto. Arrivés au niveau de la côte de Bambéto, ils nous ont dispersés. Lorsqu’ils nous ont dispersés, on a eu du mal à accéder au cimetière et après l’enterrement qui s’est fait dans la précipitation, ils sont venus prendre ces cercueils là. On avait appris par les médias que cercueils avaient été confisqués, personne n’avait cru. Mais aujourd’hui c’est une preuve éloquente qu’effectivement c’est la CMIS de la Camayenne qui les avait confisqués » a expliqué Billo Bah.

Le coordinateur par intérim chargé des opérations du FNDC a mis l’occasion à profit pour réitérer l’engagement du mouvement à respecter la date du 26 novembre 2019 consacrée à une marche pacifique sur l’ensemble du territoire national. « Selon notre planification, demain jeudi, on devrait faire en sorte que les familles des victimes puissent faire leur deuil. Mais fort malheureusement, au moment où nous nous apprêtions à nous retrouver en réunion préparatoire, on nous apprend que les corps ne sont pas encore disponibles sous prétexte que les autopsies ne sont pas terminées. Alors qu’on leur a donné un délai de près de 2 semaines pour faire ces autopsies là, on n’a pas besoin de toute une éternité pour les faire. C’est une manière inavouée de faire en sorte qu’on ne respecte pas la journée de demain et que ce décalage puisse affecter l’organisation de la marche du 26 novembre 2019. Nous les informons que la marche du 26 novembre 2019 reste maintenue sur toute l’étendue du territoire national et que nous attendons une forte mobilisation du peuple souverain de Guinée qui nous a donné l’indépendance, qui nous a donné la démocratie et qui attend de nous la préservation de ces acquis démocratiques », a-t-il laissé entendre.

La police quant à elle n’a pas voulu faire de commentaires sur la restitution des cercueils.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622919225 / 6669199225

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Manifestation contre Kassory Fofana à Labé : le calme revient grâce au renfort venu de Mamou

20 novembre 2019 à 18 06 26 112611

Après les échauffourées de la journée de ce mercredi, 19 novembre 2019, à Labé, le calme est revenu ce soir dans la cité. La résidence du Premier ministre, Kassory Fofana, située au quartier N’diôlou, dans la commune urbaine, a été sécurisée. Les jeunes protestataires ont été obligés de battre en retraite, grâce notamment à l’intervention d’un renfort venu de Mamou, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Kassory Fofana a eu chaud ce mercredi à Labé, coincé dans la capitale du Fouta par des jeunes en colère. Ces derniers avaient barricadé la route, empêchant le Premier ministre de dérouler son programme de la journée et même de se rendre à Pita, à 34 kilomètres de là.

Toutefois, les pneus qui ont été brûlés ainsi que les barricades dressées par les jeunes ont été enlevés par les forces de l’ordre. Tous les protestataires ont été contraints de replier dans le quartier. Il aura fallu l’intervention d’une équipe de gendarmes venus de Mamou pour maîtriser la foule, prise en tenaille entre deux feux.

Pour le moment, il est difficile à dire si le Premier ministre va maintenir son programme initial. Mais, selon les informations reçues auprès des autorités de la région, le programme qui prévoyait la visite des chantiers de l’ANAFIC (Agence Nationale de Financement des Collectivités) a été ajourné par Kassory et sa suite.

Cependant, sa mission pour Tougué reste maintenue, sauf changement de dernière minute, a confié à notre reporter un cadre du gouvernorat qui n’a pas souhaité être cité.

Au moment où on quittait les lieux, la résidence du Premier ministre était toujours sécurisée. Le gouverneur, Elhadj Madifing Diané, et le préfet, Elhadj Safioulaye Bah, avaient pris leurs véhicules de commandement pour repartir en ville. Les autres ministres comme Mouctar Diallo (Jeunesse) et Thierno Ousmane Diallo (Hôtellerie) se sont dirigés vers Pita où ils passeront la nuit.

Pour l’heure, Ibrahima Kassory Fofana est dans sa résidence située à N’Diôlou sous haute surveillance.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Report des funérailles : voici un communiqué du FNDC

20 novembre 2019 à 17 05 50 115011

Dans son dernier communiqué datant du lundi 18 novembre 2019, le FNDC a annoncé son nouveau programme d’activités. Cette annonce s’est faite en marge de la plénière du Mouvement qui a regroupé les leaders de toutes les entités membres du FNDC.

La marche des femmes du FNDC qui s’est tenue le mardi 19 novembre 2019 a connu un franc succès notamment à Conakry, Labé, Dalaba et aux États-Unis d’Amérique. Au cours de ces manifestations, les braves femmes de Guinée ont dénoncé les assassinats de leurs enfants partout en Guinée en réclamant justice pour les victimes des différentes manifestations du FNDC et la libération sans condition de tous les membres du FNDC injustement arrêtés à Kindia, Conakry et à Mamou.

Par ailleurs, le FNDC dénonce les conditions inhumaines de détention de ses membres qui sont injustement emprisonnés à Kindia. Nous exprimons notre vive préoccupation par rapport à l’état de santé du coordinateur régional de Kindia, Alseny Farinta Camara.

Le FNDC rappelle que la marche programmée pour le mardi 26 novembre 2019 est maintenue à Conakry et sur toute l’étendue du territoire nationale.

En outre, une vingtaine d’antennes préfectorales du FNDC sont à pied d’œuvre pour tenir des manifestations ce jeudi 20 novembre 2019 afin de dénoncer les manœuvres du pouvoir visant à maintenir au pouvoir le Président de la République au-delà de ses deux mandats constitutionnels.

Cependant, le FNDC informe le Peuple de Guinée que les enterrements des victimes de nos dernières manifestations ne pourraient intervenir demain jeudi 21 novembre 2019, contrairement à l’annonce faite le jour de notre plénière.

En effet, le gouvernement a confisqué, comme d’habitude, les corps sous prétexte que les autopsies ne sont pas terminées. Les parents des victimes ne pourraient malheureusement pas entrer en possession des dépouilles de leurs enfants avant la semaine prochaine.

Le FNDC suit de près l’évolution de ces autopsies qui, si elles sont menées avec intégrité, pourraient contribuer à la manifestation de la vérité sur les causes et l’identité des auteurs des assassinats sur les manifestants qui ne sont autre que les forces de défense et de sécurité à la solde du pouvoir sanguinaire de M. Alpha Condé.

Le FNDC fixera la date des enterrements de nos martyrs dès que les corps seront rendus aux familles et prendra soin d’informer à temps le Peuple de Guinée du programme des funérailles.

Le FNDC sait compter sur l’engagement patriotique du Peuple de Guinée pour maintenir la pression sur le clan mafieux qui dirige notre pays jusqu’à ce qu’il renonce à son funeste projet de tripatouillage de notre Constitution.

Ensemble unis et solidaires, Nous vaincrons.

Conakry, le 20 novembre 2019

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Manif contre le 3ème mandat : l’UFR, le BL et l’UFDG invitent à investir les rues de N’zérékoré

20 novembre 2019 à 17 05 17 111711

Les responsables des partis politiques de l’opposition et les acteurs de la société civiles de N’zérékoré, tous membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), se sont réunis ce mercredi, 20 novembre 2019. La démarche visait à statuer sur les derniers réglages en prélude à la marche programmée pour demain jeudi et qui vise à s’opposer au projet de nouvelle constitution. Les membres des formations politiques appellent leurs militants et sympathisants à se mobiliser fortement contre le 3ème mandat, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Après la réception accordée au président Alpha Condé le weekend dernier, le FNDC de N’zérékoré compte battre le pavé contre le 3ème mandat. La marche pacifique partira du rond-point du Gouvernorat pour le Terrain Rouge Scierie.

A la fin de la rencontre de ce mercredi, les partis d’opposition, membre du FNDC N’zérékoré, ont appelé leurs partisans à se mobiliser pour barrer la route aux promoteurs du 3ème mandat. Ils invitent par ailleurs les services de sécurité à l’esprit démocratique.

Cécé Loua

Pour le coordinateur régional de l’Union des Forces Républicaines (UFR) de N’zérékoré, Cécé Loua, la population doit démontrer son opposition à toute violation de la Constitution. « Demain, c’est le jour j pour que le FNDC N’zérékoré, en collaboration avec les partis politiques de l’opposition, manifeste dans les rues de Nzérékoré. Donc, militants et militantes de l’UFR de Nzérékoré, c’est le lieu demain de montrer notre détermination que nous sommes pleins dans le FNDC, que nous sommes contre le 3ème mandat, le referendum et le changement constitutionnel. Donc, sortez demain massivement pour que nous montrions à l’opinion nationale et internationale que le problème de 3ème mandat est un non évènement et que notre préfecture ne marchera pas dans le sillage des promoteurs du 3ème mandat », a-t-il laissé entendre.

Moise Haba

Quant à Moise Haba, responsable local du Bloc Libéral, le rendez-vous du jeudi n’est pas à rater. « C’est le moment de dire aux responsables et militants du BL que l’heure est venue pour faire le baptême de notre jeune démocratie demain. C’est un rendez-vous à ne pas rater. Il revient aux forces de l’ordre de revêtir leur caractère républicain. Ils doivent prendre leur responsabilité », a-t-il conseillé.

Mamadou Maladho Diaouné

Pour sa part, Mamadou Maladho Diaouné, chargé aux affaires électorales de l’UFDG, souhaite plus de 30 000 opposants dans la rue. « Comme on l’avait déjà dit, le 3ème mandat ne passera pas ici à N’Nzérékoré. Il n’y aura pas de référendum ici à N’zérékoré. Si les promoteurs étaient 20 000 à la place de martyrs, nous demain, nous devons être plus de 30 000 manifestants de façon pacifique dans les rues de Nzérékoré. Et, nous devons faire en sorte que nous puissions montrer à la face du monde que nous ne voulons pas de nouvelle constitution, nous ne voulons pas d’un référendum… »

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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N’zérékoré : le FNDC appelle à une forte mobilisation du « vrai peuple » dans la rue

20 novembre 2019 à 15 03 50 115011

Comme annoncé précédemment, l’antenne régionale du Front National pour la Défense de la Constitution à N’Zérékoré organise une marche pacifique demain, jeudi 21 novembre 2019, dans la ville. A la veille de cette manifestation, les organisateurs ont invité les citoyens à descendre massivement dans la rue pour exprimer leur opposition à un troisième mandat pour le président Alpha Condé, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Ce mercredi matin, les leaders du FNDC-N’Zérékoré se sont retrouvés pour travailler sur les derniers réglages de leur manifestation qu’ils veulent grandiose. A l’issue de sa rencontre, Cécé Théa, le vice-coordinateur de la structure, a appelé à une grande mobilisation des habitants de N’Zérékoré pour répondre aux promoteurs du projet de nouvelle constitution.

Cécé Théa, vice-coordinateur du FNDC N’zérékoré

« Nous disons à la population dans toute sa totalité que les autorités administratives de N’Zérékoré ont déjà accepté la marche pacifique projetée par le FNDC. Donc nous appelons cette vaillante population à y participer massivement pour faire taire les promoteurs du 3ème mandat et faire sentir le vrai peuple dans les rues de N’Zérékoré », a-t-il lancé, précisant que « pour ce qui est de la sécurisation de la marche, les autorités ont déjà pris l’engagement, et nous allons travailler en commun accord avec les forces de sécurité demain ».

Dans son courrier annonçant l’autorisation de cette manifestation, la mairie de N’Zérékoré a demandé la modification partielle de l’itinéraire initialement choisi par les organisateurs. Une demande acceptée par l’antenne locale du FNDC. « Etant des démocrates, nous pensons que cette petite modification n’est pas un grand problème en tant que tel. Parce qu’en se réclamant démocrate, il faut respecter les principes de la démocratie. Raison pour laquelle nous avons accepté leur proposition. Donc, la marche partira du carrefour Komou en passant par le rond-point gouvernorat, le commissariat urbain, la grande mosquée Gboyéma, la BICIGUI, l’IRE, la justice, pour s’achever au terrain rouge, près de la douane », a dit Cécé Théa.

On apprend que la marche sera clôturée par un meeting prévu au terrain rouge de N’Zérékoré.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Kassory Fofana « encerclé » par des manifestants à Labé : la sécurité appelle des renforts

20 novembre 2019 à 15 03 23 112311

Comme indiqué dans les précédentes dépêches d’un correspondant local de Guineematin.com, le Premier ministre guinéen a très chaud actuellement dans la ville de Labé. Arrivés aux environs de 23 heures, dans la nuit d’hier à aujourd’hui, mercredi 20 novembre 2019, le Premier ministre et sa délégation avaient pourtant cru bien démarrer leur tournée dans la région de la Moyenne Guinée.

Peu après 10 heures, Ibrahima Kassory Fofana et sa suite sont allé à la Fondation Thierno Aliou Bhoubha Dhiyan où ils sont été reçus par Elhadj Badrou Bah, premier imam de la mosquée de Labé et inspecteur régional des Affaires religieuses, entouré des sages de la préfecture.

Après l’entretien avec les sages, la délégation gouvernementale s’est rendue à Konkola où elle a rencontré des responsables et militants du parti au pouvoir, le RPG-Arc-en-ciel. De là, Kassory Fofana et sa suite sont repartis à la résidence dans l’intention de ressortir visiter les chantiers liés au bitumage de la voirie urbaine de Labé et certains chantiers de l’ANAFIC, avant de quitter pour la préfecture Pita. Mais, depuis qu’ils ont rejoint leur résidence, ces membres du Gouvernement sont « coincés » par des jeunes manifestants qui protestent contre la mal gouvernance, les tueries de manifestants et surtout la volonté de changer la Constitution pour permettre au président Alpha Condé de rester à la tête du pays après la fin de son deuxième et dernier mandat.

Finalement, on apprend, de sources sécuritaires, qu’un renfort est attendu incessamment à Labé pour appuyer les agents des forces de l’ordre pour dégager les jeunes manifestants. Ce qui permettrait au Premier ministre de pouvoir sortir enfin de sa résidence et poursuivre sa mission dans la région.

A suivre !

Alpha Boubacar Diallo Labé pour Guineematin.com

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Manifestation contre Kassory Fofana à Labé : des arrestations enregistrées

20 novembre 2019 à 14 02 29 112911

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, est « coincé » depuis quelques heures dans sa résidence au quartier Ndiolou, à la rentrée de la commune urbaine de Labé, par des jeunes manifestants en colère.

Selon un des correspondants locaux de Guineematin.com qui est sur place, les agents des forces de l’ordre qui sont déployés autour de la résidence du Premier ministre guinéen ont commencé à procéder à des arrestations.

Mais, des pneus brûlés et des barricades sont toujours visibles sur plusieurs axes routiers de la ville. Malgré ces cas d’arrestations, les manifestants persistent à garder leur position et empêchent le Premier ministre de sortir pour continuer sa tournée dans les préfectures de Pita et Dalaba.

A rappeler que le chef du gouvernement guinéen a dit être allé en Moyenne Guinée (dont Labé est la première étape) pour lancer les opérations d’identification des personnes pauvres et vulnérables en vue de leur offrir la prospérité, via l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES). Mais, il est actuellement « encerclé » dans sa résidence par des jeunes mécontents de sa gouvernance (tueries des jeunes sans justice, etc.) et surtout de la volonté du régime actuel à changer la constitution pour permettre au président Alpha Condé de continuer à diriger la Guinée.

A suivre !

Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Inquiétudes à Kindia : les membres du FNDC « dans la cellule des criminels »

20 novembre 2019 à 14 02 26 112611

Les cinq (5) membres de la coordination régionale du Front National pour la défense de la Constitution (FNDC) de Kindia passent des moments difficiles en ce moment à la prison civile de Kindia. Mis aux arrêts la semaine dernière lors de la marche de protestation contre le 3ème mandat pour Alpha Condé, Alsény Farinta Camara et ses compagnons seraient logés dans des cellules avec des criminels, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Les membres du FNDC de Kindia ont repris le flambeau après l’incarcération d’Alsény Farinta Camara, coordinateur régional du mouvement, et de quatre de ses camarades. A travers un point de presse animé ce mercredi, 20 novembre 2019, quelques membres du Font ont dénoncé les conditions de détention de leurs camarades.

C’est le coordinateur par intérim du FNDC de Kindia, Kémo Mali Fofana, qui a lu la déclaration dans laquelle ils dénoncé les difficiles conditions de détention de leurs amis. « Sur la question des conditions de détention de nos camarades, il nous a été donné encore une fois de constater que M. Alsény Farinta Camara et Moussa Sanoh sont les seuls qui sont dans la grande salle. Les trois autres : Boubacar Diallo, Thierno Seydi Ly et Thierno Oumar Barry sont encore gardés dans la cellule des criminels, la cellule où on doit plutôt garder les criminels, des bandits, en un not ceux qui sont condamnés à des peines de réclusion élevées », a fait savoir Kémo Mali Fofana.

Par ailleurs, le coordinateur par intérim du FNDC a dénoncé le manque de volonté des autorités judiciaires à organiser le procès des membres du FNDC de Kindia. « Depuis cette arrestation injuste et arbitraire jusqu’à date, le FNDC Kindia constate avec amertume et regret que les autorités à tous les niveaux affichent un manque de volonté à organiser le plus rapidement possible un procès digne de nom, pour enfin libérer nos camarades qui doivent nous rejoindre pour continuer le combat » a laissé entende monsieur Fofana.

En outre, le coordinateur par intérim du FNDC redoute un risque d’empoisonnement des membres de la structure. « Pour éviter des risques d’empoisonnement, puisque cette volonté des autorités est de passer par tous les moyens pour faire du mal aux opposants de cette fameuse constitution, le coordinateur régional refuse de déguster son plat… Puisque ces plats passent dans les mains des gardes pénitentiaires, qui sont pourtant gérés depuis le sommet. Ce qui rend aujourd’hui l’état de santé du coordinateur très fragile », s’inquiète-il.

Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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Labé : la résidence de Kassory Fofana encerclée par des jeunes mécontents

20 novembre 2019 à 13 01 52 115211

Les manifestations se poursuivent actuellement contre la présence du premier ministre, Kassory Fofana, dans la ville de Labé. Selon un des correspondants locaux de Guineematin.com, le Premier ministre est ne parvient pour le moment pas à sortir de sa résidence, située à Ndiolou, encerclé qu’il est par des jeunes en colère contre la gouvernance actuelle et sans doute aussi la volonté du régime actuel à changer la constitution pour offrir au président Alpha Condé la possibilité de rester au pouvoir après son deuxième et dernier mandat.

Après sa visite rendue à Elhadj Badrou Bah, premier imam de la mosquée de Labé et inspecteur régional des Affaires religieuses, Ibrahima Kassory Fofana est depuis quelques heures assiégé à sa résidence à Ndiolou. Des jeunes manifestants ont érigé des barricades des deux côtés de la résidence.

Face aux jeunes manifestants lancent sans arrêt des pierres, les agents des forces de l’ordre, déployés sur place, usent du gaz lacrymogène pour les chasser de-là. Pour le moment, sans succès.

A suivre !

Alpha Boubacar Diallo pour Guinéeneematin.com

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Guinée : Kassory Fofana « coincé » à Labé

20 novembre 2019 à 13 01 35 113511

Comme annoncé précédemment sur Guineematin, la matinée était agitée ce mercredi, 20 novembre 2019, sur certaines artères de la ville de Labé. Des jeunes en colère ont érigé des barricades pour protester contre l’arrivée du Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, rapporte Guineematin.com à travers un de ses correspondants basés dans la capitale du Fouta.

L’atmosphère était irrespirable ce mercredi matin à Labé. Aux environs de 10 h, Kassory Fofana a rendu une visite de courtoisie à Elhadj Mamadou Badrou Bah, inspecteur régional des affaires religieuses. C’est en passant par le carrefour Hoggo M’boûro que le dernier véhicule de son cortège a essuyé des jets de pierres provenant de certains jeunes opposé à sa venue à Labé.

Ils y ont érigé des barricades avant de faire face aux agents des forces de l’ordre, décidés à ramener le calme en pulvérisant du gaz lacrymogène sur les protestataires. C’est le cas du rond point Hoggo m’Boûro où un important dispositif de sécurité a été déployé.

Certains agents de la MIS ont tenté de ramener l’ordre, mais en vain. Des cailloux pleuvaient de partout. Ils étaient contraints de quitter les lieux. Toutes les activités ont été paralysées. Le marché central n’est pas épargné par cette paralysie.

Des jeunes continuent à manifester dans les rues avec des slogans hostiles au Premier ministre.

Ibrahima Kassory Fofana est à Labé dans le cadre du lancement de l’Agence Nationale de l’Insertion Economique et Sociale (ANIES). Actuellement, les jeunes tiennent les barricades au niveau du carrefour Yali, fermant ainsi au Premier ministre la sortie pour la suite de sa tournée à Pita et Dalaba.

Nous y reviendrons !

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Urgent : le gouvernement oblige encore le FNDC à reporter sa marche funèbre

20 novembre 2019 à 13 01 07 110711

Initialement prévues demain, jeudi 21 novembre 2019, les obsèques des 8 jeunes tués lors des dernières sorties du FNDC à Conakry n’auront finalement pas lieu à cette date. Le gouvernement a laissé entendre que les corps ne sont pas encore disponibles, obligeant le Front National pour la Défense de la Constitution à reporter la marche funèbre qui doit précéder l’inhumation des victimes. C’est Abdoulaye Oumou Sow, le coordinateur de la communication du FNDC, qui a annoncé la nouvelle au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce mercredi 20 novembre.

Abdoulaye Oumou Sow, coordinateur de la communication du FNDC

« Il était prévu que nous fassions une marche funèbre demain pour rendre hommage à ces martyrs qui ont été assassinés lors du premier cortège funèbre que nous avons organisé, également lors de la dernière marche du FNDC qui a été également réprimée dans le sang par le gouvernement d’Alpha Condé. Mais très malheureusement, nous voyons que le gouvernement refuse de rendre ces corps une nouvelle fois, comme si c’était du bis-repetita. On nous annonce que les corps ne pourront être disponibles que le samedi prochain. Vous comprendrez avec moi que la volonté du gouvernement est de ne pas rendre les corps aux familles alors que ces familles voudraient aussitôt enterrer leurs enfants qui ont été lâchement assassinés par le gouvernement d’Alpha Condé », estime l’activiste anti-troisième mandat.

Pour lui, c’est une situation regrettable et « qu’il faille condamner d’autant plus que certains de ces jeunes ont été tués dans leurs domiciles alors qu’ils n’étaient même pas sortis manifester. Et, après les avoir assassinés, ce gouvernement confisque encore leurs corps pour encore nous parler d’autopsie et autres dont les résultats sont souvent donnés par le président de la République avant même les spécialistes chargés de faire le travail. Ça veut dire qu’avant qu’on assassine déjà les gens, il y a des résultats des autopsies qui sont préparés par le pouvoir pour accabler certaines personnes. Nous regrettons fortement cette décision du gouvernement. Nous comprenons encore qu’il y a une raison de plus pour qu’on s’oppose à ce gouvernement. Nous pensons aujourd’hui que nous avons dépassé la limite de l’oppression, nous avons dépassé la limite du brouillement même de l’existence de l’Etat parce qu’il n’y a plus d’Etat, il n’y a plus d’humanisme. Il n’y a que des humeurs personnelles qui sont en train d’être imposées à un peuple ».

Face à cette situation, le responsable de la communication du FNDC annonce qu’ils vont se retrouver ce mercredi même pour décider d’une nouvelle date pour la tenue de ces obsèques. « Après la réunion que nous allons avoir ce soir, nous allons déterminer quel jour ces corps seront enterrés s’ils sont disponibles et quelle sera la marche à suivre. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que la dynamique a déjà été enclenchée à partir de la dernière plénière avec les leaders politiques et les acteurs de la société civile. Et déjà, à N’Zérékoré, une marche aura lieu demain. Donc les manifestations vont continuer ici en Guinée et à l’extérieur du pays jusqu’à ce qu’on obtienne gain de cause », assure Abdoulaye Oumou Sow.

Cette situation n’est pas une première en Guinée. Après les tueries de 11 jeunes lors des premières manifestations du FNDC contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé, les autorités avaient confisqué les corps pendant trois semaines environ avant de les rendre à leurs familles.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Jet de pierres et gaz à Labé : le PM chahuté par les jeunes, « Amoulanfé »

20 novembre 2019 à 12 12 50 115011

Comme annoncé dans une de nos précédentes dépêches, le Premier ministre séjourne actuellement dans la ville de Karamoko Alfa Mo Labé. Dans la matinée de ce mercredi, 20 novembre 2019, Ibrahima Kassory Fofana et sa suite ont rencontré les sages de la ville auxquels le chef du Gouvernement guinéen a expliqué l’objet de sa visite.

Le numéro Un du gouvernement dit être allé dans la région pour lancer les opérations d’identification des personnes pauvres et vulnérables en vue de leur offrir la prospérité, via l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES).

Mais, dans le contexte politique actuel, marqué par la volonté du pouvoir à changer la Constitution pour permettre au président Alpha Condé de continuer à diriger la Guinée, après son deuxième et dernier mandat, la présence du Premier ministre est perçue plutôt pour une campagne déguisée. Ce qui fait que les adversaires du pouvoir ont pourchassé le cortège de Kassory Fofana avec des pierres et le slogan « Amoulanfé » (ça ne passera pas, en soussou).

Des agents des forces de sécurité ont alors tiré du gaz lacrymogène sur les jeunes manifestants pour essayer de les disperser. Ces derniers se sont alors repliés au carrefour Yali pour barricader la route.

A suivre !

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Herico (Lélouma) : il meurt à l’entraînement

20 novembre 2019 à 11 11 15 111511

Alpha Amadou Diallo, âgé d’une trentaine d’années, a trouvé la mort quelques minutes après s’être écroulé sur un terrain de football dans la commune rurale de Hérico, située à 50 kilomètres de Lélouma. Le drame s’est produit dans la soirée du lundi, 17 novembre 2019.

Selon des informations recueillies par un reporter de Guineematin.com sur place, c’est aux environs de 18 heures GMT que le jeune Alpha Amadou Diallo s’est écroulé tout seul alors qu’il jouait au football avec des amis. Transporté d’urgence au centre de santé local, il rendra l’âme quelques minutes plus tard.

Jean Loua, enseignant au collège de Hérico, qui fait partie de ceux qui jouaient au ballon avec le défunt, est revenu sur ce qui s’est passé. « On jouait ensemble avec lui. Il jouait à la défense avec moi. Le ballon était dans le camp adverse, mais quand on a perdu le ballon, on s’est retourné et on a vu qu’il était à terre. Nous sommes venus lui demander qu’est-ce qui ne va pas. On a demandé à arrêter le jeu. Il ne répondait pas. J’ai dit de chercher à l’envoyer au centre de santé. Il y a un jeune qui avait une moto au terrain de football. Il s’est relevé pour monter sur la moto. On a continué le match. C’est pendant qu’on jouait que le chef de la jeunesse est venu nous dire qu’il a rendu l’âme », a expliqué monsieur Loua.

Marié et sans enfant, feu Alpha Amadou Diallo a été ramené à son village natal de Pamméhoye où son enterrement est prévu aujourd’hui même, mercredi 20 novembre 2019.

Paix à son âme, amine !

Depuis Hérico, Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tél : 621 68 61 48

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Tony Elumelu au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique

20 novembre 2019 à 9 09 57 115711
De gauche à droite : Pierre Buyoya, ancien Président du Burundi et Représentant de l’Union africaine ; SE Mohamed Ould Ghazouani, Président de la République de Mauritanie ; SE Macky Sall, Président du Sénégal, Florence Parly, Ministre française de la Défense, et Tony. O. Elumelu, Fondateur, Tony Elumelu Foundation et Président du Groupe United Bank for Africa (UBA)) ; lors d’un Panel de haut-niveau sur la paix et la sécurité en Afrique au Forum international de Dakar le 18 Novembre 2019

« L’agenda du développement de l’Afrique doit donner la priorité à la création d’emplois, à la croissance inclusive et à la diversité des genres pour la paix et la stabilité sur le continent », a déclaré Tony Elumelu au Forum de Dakar

Dakar, Sénégal, 18 novembre 2019 – Tony. O. Elumelu Fondateur de la Fondation Tony Elumelu (TEF) et président du Groupe United Bank for Africa (UBA) a suggéré la création d’emplois pour les jeunes, la croissance inclusive et la diversité des genres en tant que domaines prioritaires du programme de développement de l’Afrique visant à instaurer la paix et la stabilité le continent.

Il a fait cette déclaration lors d’un panel de haut niveau en présence de Son Excellence Macky Sall, Président de la république du Sénégal, et Mohamed Ould Ghazouani, Chef de l’Etat mauritanien, Florence Parly , Ministre française de la Défense ; et Pierre Buyoya, ancien président du Burundi et représentant de l’Union africaine.

M. Elumelu a souligné la nécessité de s’attaquer en urgence au problème de la pauvreté, cause fondamentale de l’extrémisme en Afrique. « Nous savons, et nous disons, que la pauvreté, où qu’elle sévit, est une menace pour l’humanité partout dans le monde. Ce qui se manifeste dans ce que nous appelons une absence de sécurité ou terrorisme, ou l’extrémisme qui trouve en réalité sa cause profonde dans la pauvreté et le chômage. Sans vouloir vous offenser, nous pouvons organiser 101 séminaires comme celui-ci, mais à moins que nous ne commencions à prendre à-bras-le-corps la problématique de la pauvreté et du chômage de nos jeunes, ils continueront à être victimes d’endoctrinement par des personnes qui n’ont aucune perspective d’avenir, et ils continueront à s’engager dans l’extrémisme » a-t-il fait savoir.

Il a renchéri que s’il est sans doute important de discuter de stratégie militaire, et d’autres moyens pour faire face à l’insurrection, une paix durable ne peut être atteinte à long terme, qu’en investissant dans nos jeunes à travers l’Afrique.

SE Macky Sall a pour sa part reconnu la nécessité pour le secteur public de collaborer avec le secteur privé pour venir à bout de la pauvreté sur le continent. Il a déclaré que « les menaces ne peuvent être prises en charge de manière fragmentaire, car les défis ne connaissent pas de frontières. » Il a appelé à une approche plus collaborative pour combattre la violence et l’extrémisme afin de doper les investissements en Afrique.

M. Elumelu a mis en exergue l’impact du programme de l’entreprenariat des jeunes de la Fondation Tony Elumelu d’un budget de 100 millions de dollars comme l’une des initiatives pratiques du secteur privé en Afrique pouvant contribuer à apporter la paix et la stabilité sur le continent. Il a par ailleurs évoqué le partenariat entre le Programme des Nations Unies Programme (UNDP) et la Fondation Tony Elumelu (TEF) visant à accompagner 100.000 jeunes Africains sur une période de 10 ans avec un accent particulier sur la région du Sahel pour sa première année. Parlant également des partenariats du TEF avec d’autres agences internationales de développement telles que la GIZ et le CICR, M. Elumelu a rappelé que seules «des activités et des interventions de ce type contribueraient à donner de l’espoir économique aux populations de cette partie du monde et à les rendre moins exposées à l’extrémisme. Nous soutenons ces jeunes et nous commençons à voir comment leur réussite se fait sentir dans leur environnement ».

Selon M. Elumelu « les entreprises ne peuvent pas prospérer là où règne l’extrémisme, là où les gens craignent pour leur vie. Il sera encore plus difficile d’attirer les investisseurs privés nécessaires aux grands projets d’infrastructure et aux investissements à long terme susceptibles de contribuer à la stabilité de notre économie ».

M. Elumelu a toutefois terminé sur une note positive, appelant toutes les parties prenantes à collaborer pour gagner la guerre contre la pauvreté et l’insécurité. «Nous pouvons tous faire beaucoup – le secteur privé, le gouvernement et les partenaires de développement – en veillant à tout mettre en œuvre pour vaincre le terrorisme et faisant le maximum pour retenir nos jeunes tentés de traverser la Méditerranée dans des conditions périlleuses, en quête de vie meilleure, alors que nous avons en Afrique plus d’opportunités et de ressources. Nous devons travailler la main dans la main pour faire en sorte que l’extrémisme soit totalement éradiqué en Afrique. C’est possible, mais nous devons travailler ensemble pour atteindre cet objectif », a-t-il conclu.

Transmis par le service de communication de UBA en Guinée

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Basketball : une affaire de 3ème mandat divise les dirigeants de la FGBB

20 novembre 2019 à 9 09 21 112111
Sakoba Keïta, président de la fédération Guinéenne de Basketball

Une crise secoue actuellement la Fédération Guinéenne de Basketball (FGBB). Celle-ci est due à la décision de l’actuel président de l’instance de briguer un troisième mandat lors du congrès en vue. Cette situation divise profondément les responsables de la fédération, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Rien ne va plus à la Fédération Guinéenne de Basketball depuis l’annonce de la candidature de Sakoba Keïta, le président de l’instance, pour un troisième mandat. Certains membres de l’actuel bureau exécutif dont le vice-président, Amara Babila Keïta, également candidat déclaré à la présidence de la fédération, s’y opposent fermement. Ils dénoncent la violation de l’article 37 des Statuts de la FGBB, qui limite à deux le nombre de mandats du président de l’instance dirigeante du basketball guinéen.

« Il (l’actuel président, ndlr) a déjà posé sa candidature. Mais, ce qu’il a fait, c’est nul et non avenue, dans la mesure où il n’a pas respecté les textes, ni le moment. Les textes normalement l’autorisent à le faire seulement s’il a les deux tiers des membres statutaires. Malheureusement, il n’a pas ces deux tiers des membres réels statutaires. Pour être un membre statutaire à la FGBB, il faudrait que tu adresses un courrier à la fédération qui le recevra, mais pour que ça soit effectif il faut ça soit ratifié par un congrès », a expliqué Amara Babila Keïta.

Selon lui, c’est depuis 2018 que Sakoba Keïta a entamé des manœuvres visant à modifier les Statuts pour se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats légaux. Il a même organisé un congrès à cet effet en février 2019, à Sangaredi. « Il a créé certains clubs pour pouvoir faire son petit jeu, et pire encore il a fait représenter certains clubs par des gens qui ne sont même pas éligibles par leurs clubs à son congrès à Sangarédi. A l’époque, nous on n’avait adressé un courrier au ministère des sports, à la fédération elle-même, au comité olympique et à la FIBA pour les prévenir des agissements du président actuel. Donc on avait anticipé parce qu’on savait qu’il allait le faire. Donc sa candidature n’est pas éligible, il doit se retirer », soutient l’actuel vice-président de la FGBB.

Mais, Sakoba Keïta, lui, ne l’entend pas de la même oreille. Elu en 2011 et réélu en 2015, le président de la fédération guinéenne de Basketball compte bien briguer un troisième mandat. Et, il assure qu’il a le soutien des membres statutaires. « Tout le monde connait la vérité, tout le monde voit ce qui se passe et tout le monde sait ce qui se passe, mais chacun y va dans tous les sens. Mes challengers n’ont qu’à vous dire s’ils ont quatre membres statutaires avec eux. Je ne me maintiens pas à la tête de la FGBB, le mot est trop fort, je n’ai pas ce pouvoir, ni la légitimité, c’est les membres statutaires qui voteront au cours d’un congrès. Moi, je voudrais que vous preniez le temps de rencontrer tous les membres statutaires pour leur demander s’ils veulent du bureau qui est en place ou non. S’ils ne veulent pas de nous, bon débarras », a-t-il réagi.

Pour lui, rien ne l’empêche, sur le plan légal, de se présenter pour un nouveau mandat à la tête de la FGBB. « Dites-moi pourquoi je ne vais pas me présenter si j’ai le soutien des membres statutaires ? Ils n’ont qu’à me donner des raisons pourquoi je ne vais pas me présenter. Ce n’est pas de la politique que nous faisons. Ce que nous faisons, c’est pour l’unité nationale, donc c’est un sport où il faut récupérer tout le monde. Ces gens nous ont donné plusieurs raisons de les faire renvoyer parce que ça fait plus de huit ans qu’ils sont dans les mêmes contestations », a conclu Sakoba Keïta.

Avec les positions radicales des uns et des autres, on se demande bien jusqu’où ira la crise qui mine actuellement l’instance dirigeante du Basketball guinéen.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Les blocs 1 ; 2 ; 3 et 4 de la Chaine Simandou : une propriété de la Chine ? (Libre Opinion)

20 novembre 2019 à 9 09 03 110311
Abdoulaye Keita

Le potentiel

Il est d’abord écologique. Le Simandou a également un potentiel agricole pour des milliers de citoyens. Située en région forestière, la Chaîne fait plus de 100km de long sur 300m de hauteur. Elle est riche en minerai de fer de haute teneur.

Le Gisement de minerai de fer du Simandou est de classe mondiale qui devrait tenir plus de quatre (4) décennies d’exploitation pour une production annuelle de 100 millions de tonnes. Sa teneur moyenne selon les études est de l’ordre de 62% soit l’un des gisements les plus riches au monde. Le développement du projet Simandou, selon les études de faisabilité et toutes les estimations y afférentes, ainsi que les exigences imposées par l’Etat au niveau des infrastructures, fait de cette chaine un levier économique prépondérant, impactant directement près de 10 préfectures du pays.

Le Consortium SMB-Winning lève le mystère sur la montagne

Un peu Plus de 20 ans plus tôt, Espoirs perdus, annonces et rendez-vous manqués dans les calendriers de Rio Tinto et des ex propriétaires des blocs 1 et 2, VALE et BSGR tous sur le Simandou, le projet ne restera que sur papier. Des experts évoquent d’éventuels manquements orchestrés par les sociétés minières au détriment d’une véritable volonté de mise en exécution réelle des études de faisabilités pour une exploitation qui était politiquement et économiquement toujours attendue et possible.

Pour l’exploitation du fer, la Guinée n’avait jamais été si près de l’atteinte de ce objectif de production sur les gisements au Sud du pays. ‘’La pauvreté de l’Etat’’ a toujours joué en sa défaveur dans la prise de décision sur les questions d’exploitation du minerai de fer du Simandou. Prise de décision rendue complexe par la difficulté par les multinationales de répondre aux exigences des gouvernements successifs relatives à la nécessité du Transport de minerai à travers le Pays. Le mystère du Simandou ? Le Consortium SMB-Winning comme dans la bauxite pour la région de Boké est venu imposer son modèle d’investissements concret. Brisant tous les tabous de la lenteur procédurale de mise en place d’un projet de développement de mine et les aléas de recherche de financement. La SMB exploite la bauxite de Boké en devenant le premier producteur national en 3 ans. 42 millions de tonnes exportés en 2018 et 50 millions de tonnes en prévision d’expédition en 2019. Inédit. La Société a lancé une offensive dans son investissement sur la bauxite, en misant sur la transformation locale en alumine et son projet de chemin de fer pour la bauxite de 135km, devenant le leader dans le domaine des infrastructures ferroviaires, minières et portuaires ; les ports de Katougouma et Dapilon à son actif.

L’attente aura été très longue, d’annonces et de promesses. Le fer ne sortira jamais des entrailles du mont Simandou malgré sa richesse et le fait d’être dans les mains des plus grands producteurs au monde, Rio Tinto, Vale BSGR. Le gisement situé au Sud de la Guinée est devenu un mystère stratégique d’enrichissement hors du pays. A lui seul, il constitue un patrimoine économique et écologique majeur. Incontestablement l’un des plus riches au monde. Les gisements du Simandou font plus de 2 milliards de tonnes de réserves en fer de haute teneur.

La ligne de chemin de fer de 650km de Kérouané à Forécariah, la construction du port en eau profonde, les routes annexes, les infrastructures d’hébergement et celles de production d’électricité ainsi que l’alimentation en eau pour répondre aux besoins du Simandou, ont rendu plus complexe ce méga projet déjà difficile. C’était sans compter sur l’engagement d’une junior dans la bauxite qui, dans la diversification minière de ses activités, soumet aussi son offre dans la procédure d’acquisition des blocs 1 et 2 du Simandou lancé par le gouvernement le 13 juillet dernier.

Pourquoi la SMB, forte dans la bauxite a remporté le Simandou devant Fortescue Metals Group pourtant spécialisée dans le fer ?

Le dépouillement des offres du 4 octobre a été une étape déterminante dans la vie du Simandou. Sur les trois sociétés à avoir acheté les cahiers de charges, deux ont postulé, la Société Minière de Boké et Fortescue Metals Group. La troisième, Vale n’a plus continué la course du projet.

« L’offre de la SMB que nous avons eue » déclare une source confidentielle mentionnée dans une note confidentielle, le Consortium SMB s’est engagé à construire le chemin de fer le plus attendu pour la Guinée. Il fait selon son étude 670km et à réaliser le port multi-usagers en eau profonde en basse guinée pour l’expédition de minerai. Sur le volume financier, la société australienne Fortescue n’a donné aucun engagement de financement d’infrastructures au-delà de la mine soit son investissement annoncé de 3.5 milliards de dollars contrairement à la SMB qui s’annonce avec 15 milliards de dollars.

Selon le document de synthèse aussi confidentiel de sélection et sur la base des résultats de la commission interministérielle (Mines, Transport, Budget, Economie et Finances) et sur la base d’une évaluation indépendante d’une firme américaine d’audit basée à Londres, la SMB a obtenue 75.57 point sur 100 contre 42.71/100 pour l’Australienne. En plus, la SMB se serait engagée aussi à financer d’autres infrastructures comme l’aéroport de Kérouané et le corridor agricole le long du chemin de fer.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, Fadi Wazni, le Président du Conseil d’Administration du Consortium SMB Winning, UMS s’est félicité de « l’excellent travail réalisé par ses équipes pour la conquête du Simandou » se réjouissant que son projet soit le premier employeur direct en Guinée, 9000 emplois crées depuis avec 50.000 emplois indirects. Sur le plan économique, le Consortium SMB-Winning-UMS est selon lui, le premier contribuable avec 2.000 milliards de GNF d’impôts directs par an.

Les blocs 1 ; 2 ; 3 et 4 de la Chaîne Simandou, une propriété de la Chine ?
Les blocs 1 et 2 sont par une procédure transparente, non contestée par la partie perdante, la société Fortescue Metals Group, été octroyés à la SMB. La société est un conglomérat d’investissements : Le singapourien Winning Shipping Ltd, armateur asiatique de premier plan ; UMS, une société de transport et de logistique française présente en Guinée depuis plus de 20 ans ; Shandong Weiqiao, une société chinoise leader dans la production d’aluminium, forte de 160 000 employés et le Groupe Yantai Port. La République de Guinée, partenaire du projet, est actionnaire à hauteur de 10%. Le Consortium SMB-Winning est le fournisseur potentiel de la bauxite guinéenne pour la Chine. Dès lors, le besoin en métaux toujours croissant de la chine, dénote l’intérêt de la SMB à avoir mis la barre haute sur la proposition de l’investissement sur le simandou.

Or, l’on sait aussi que les autres blocs ‘3 et 4’ sont détenus par Rio Tinto et Chinalco comme actionnaire.

En octobre 2016, Rio Tinto avait décidé de geler le Simandou. Le Géant minier anglo-australien a signé un protocole d’accord avec le chinois Chinalco pour lui céder la totalité de ses parts du capital dans le gisement de fer de Simandou. La Société n’a pas réussi à réunir les financements nécessaires pour la construction des infrastructures indispensables au développement de cette mine. Rio Tinto, de son côté, devrait recevoir de Chinalco un paiement compris entre 1,1 et 1,3 milliard de dollars, une somme légèrement inférieure au montant de son investissement (1,4 des 3,5 milliards de dollars investis par les partenaires dans le projet). La Société financière internationale, véhicule de l’investissement privé de la Banque mondiale, avait elle aussi à cette époque annoncé sa sortie de Simandou.

En 2018, pendant que le Ministère des Mines de Guinée avait haussé le ton face à Rio Tinto, laissant entendre que l’Etat guinéen exige le respect des engagement de développement de ce projet de fer, et le cas échant toutes les options seraient ouvertes, Rio Tinto annonce que l’accord non contraignant conclu avec le groupe chinois Chinalco, portant sur l’acquisition de la participation de Rio Tinto dans la grande mine de fer de Simandou, en Guinée, était devenu caduc.

Rio Tinto a suivi avec attention la procédure de récupération des blocs 1 et 2 et leur réattribution à de nouveaux investisseurs « chinois ». Le Géant s’agiterait au tour du Ministère des Mines et de la Géologie selon nos informations pour annoncer son intention de revenir sur le développement du Simandou avec des options d’une possible participation au financement des infrastructures notamment le chemin de fer. Le ridicule ne tue pas. Et si, l’Etat Guinéen n’a aucune volonté de coopération véritable avec le Géant Rio Tinto, toute chose normale après les décennies de refus de Rio Tinto à promouvoir sérieusement le Simandou au détriment de la Guinée, la Société n’aurait plus d’option que de liquider ses actifs à Chinalco et l’ensemble du Simandou reviendrait à toute pompe aux investissements chinois.

La Guerre Chine-Amérique en terrain Simandou est-elle ouverte ?

Le Plus important pour l’heure est le fait que ce gigantesque projet de Trans guinéen soit lancé, un véritable boom économique le long du corridor. Dans l’espoir que l’Etat se donnera tous les moyens pour le contrôle et suivi de la future convention à signer avec le Consortium SMB-Winning.

Par Abdoulaye KEITA

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