Immigration clandestine : « l’Europe à tout prix » un moyen pour dissuader les candidats à « l’eldorado » ?

13 novembre 2019 à 22 10 16 111611

C’est un long métrage de 90 minutes, co-réalisé par notre compatriote Oumou BALDE DIALLO, vivant en France, et Alama BANGOURA. Les comédiens ont voulu, par ce film, sensibiliser les candidats à la dangereuse et périlleuse aventure, qui, faut-il le rappeler, coûte la vie à des milliers de personnes chaque année.

Plusieurs personnalités et diplomates, mais aussi de jeunes fortement mobilisés, étaient présents à la projection au centre culturel franco guinéen, espace « Sory Kandia KOUYATE », à Conakry.

Selon Oumou BALDÉ DIALLO, « le film parle d’une jeune fille qui a terminé ses études, et qui prend le large avec ses amis, comme la plupart des jeunes en quête d’un avenir meilleur. Mais au cours de la traversée, certains de ses amis décèdent en route dans le désert, et d’autres en mer. A cela il faut ajouter d’autres maux, comme, des viols, des harcèlements subis par les femmes dans les prisons. Donc, une fois arrivée, par chance, la jeune fille, traumatisée par cette situation, décide de revenir chez elle dans son pays, en Guinée. Comme dirait l’autre, nul n’est mieux que chez soi…. Elle devient par la suite, un messager, pour sensibiliser les nombreux jeunes qui pensent encore, fort malheureusement que le bonheur se trouve de l’autre coté, en occident… ».

Interrogée, l’actrice qui vit en France depuis plusieurs années, en a profité pour sensibiliser les jeunes sur les effets des réseaux sociaux. « Certains font rêver, en postant des photos sur internet, alors que la vie, leurs vies la bas, est tout autre. Une fois postée sur internet, ceux qui sont restés en rêvent et une fois, pour ceux qui ont la chance d’arriver, font des effets sur ceux qui sont restés, alors que ce n’est pas toujours vrai ce qu’ils font croire, et je vous assure que je suis bien placée pour vous le dire, puisque je vis la bas… ». Beaucoup sont sans papiers, sans domiciles et sans avenir pour la plupart ajoute-elle.

Pour témoigner, justement du calvaire des candidats à cette aventure incertaine, des victimes de tortures et des choses inimaginables ont relaté, presque les larmes aux yeux, leur calvaire. Une manière de dissuader, ces candidats à « l’eldorado » chaque année.

Ainsi, Elhadj Mohamed DIALLO et son compagnon d’infortune, président de l’organisation guinéenne pour la lutte contre la migration irrégulière, une association mise en place par les immigrants retournés OGMLI, dira que « nous avons trop souffert, c’est tellement terrible, la prison, les blessures vous voyez les cicatrices sur moi, la nostalgie du pays, de la famille, des tueries, puisqu’il ne se passait pas un seul jour sans qu’on ne tue un immigré. J’ai fait la prison au Maroc, en Algérie, et j’ai été obligé de demander de l’aide à mes parents, pour payer, afin que je recouvre ma liberté A cela, il faut ajouter la forte chaleur, la température peut aller jusqu’à 50 degré, aucune forêt, alors qu’ici nous sommes gâtés par la nature. Et cette souffrance a durée 2 bonnes années, je dois aussi dire que chaque migrant à son histoire, et vous ne pouvez pas comprendre ce que nous avons vécus…. ». Telle a été la conclusion de Elhadj Mohamed, presqu’en larmes.

Sur le conseil à donner, il suggère de travailler et de rester en Guinée, car « nous avons des terres propices à l’agriculture. Il faut que l’Etat et ses partenaires fassent tout pour rétablir la confiance avec les jeunes, c’est important. Ensuite, il faut soutenir les projets des jeunes pour s’investir dans l’entreprenariat…. ».

Malgré tout, il y’a des jeunes encore entêtés à tenter cette dangereuse aventure. A eux, il s’adresse en ces termes « ils ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de vivre chez eux, en libreté. Je pense qu’ils ont besoin d’être informés suffisamment, sur ce qui les attend. Je pense également que vous et nous, je veux parler des journalistes et de l’association qu’on doit s’unir pour lutter ensemble comme ce phénomène qui endeuille des millions de familles à travers le monde, et particulièrement en Guinée, un pays cité en tête de peloton des pays de départ en Afrique ».

Je rappelle que le film a été suivi par les nombreux jeunes, et certains au préalable décider à partir, ont maintenant changé d’avis, pour rester vivre et entreprendre en Guinée. D’ailleurs, des propositions allant dans le sens de faire visionner ce film dans les universités, ont été positivement accueillies par les réalisateurs du film.

Idiatou CAMARA pour Guineematin.com et radioenvironementguinee.org

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Dalaba : la villa de Miriam Makéba dans un piteux état

13 novembre 2019 à 20 08 54 115411

Située au quartier Chargeur, à un kilomètre du centre ville de la commune urbaine de Dalaba, la villa de la Sud-Africaine, feue Miriam Makéba, est dans un état très mauvais état en ce moment. Cette villa, jadis somptueuse et très prisée, offrait l’hospitalité dans une ville au climat paradisiaque. De nos jours, tout ceci n’est qu’un lointain souvenir, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters en séjour dans la ville.

Selon nos informations, c’est dans les années 1970 que Miriam Makéba, artiste de renommée internationale et icône de la lutte contre l’Apartheid en Afrique su Sud, est tombé sous le charme de la ville de Dalaba. C’était à l’occasion d’une visite que « Mama Africa » a effectué sur les lieux en compagnie du président Ahmed Sékou Touré. C’est ainsi qu’elle avait à l’époque sollicité de s’établir là. D’où la construction de cette villa qui par le passé a accueilli de nombreux panafricanistes à l’image de Kwame N’Krumah, ainsi que des artistes venus des quatre coins du monde.

Aujourd’hui abandonnée à elle-même, cette bâtisse jetée aux oubliettes, n’a ni occupant ni gardien. Aucune trace de la clôture ou d’un quelconque portail n’est perceptible.

Portes et fenêtres complément rouillées, plafonds tombés par terre, toitures effondrées, murs moisis et décrépis… voilà l’état déplorable dans lequel se trouve la villa de Miriam Makéba, militante engagée dans la lutte contre l’Apartheid et chanteuse qui a émerveillé plus d’un mélomane à travers le monde.

Dans ce qui s’apparente à l’enceinte de la cour, des herbes sauvages et des lianes ont pris le dessus. Des herbes ont poussé sur la toiture où ce qui en reste. Au niveau de la terrasse, du rez-de-chaussée et à la rentrée principale, ce sont les bœufs et les moutons qui dictent leur loi. Fermées à l’aide de cadenas, les portes et les fenêtres sont complément rouillées.

Dans le voisinage, on entend des cris d’oiseaux de toutes sortes. Un monument en ruines.

Selon le témoignage de certains voisins, la maison n’a pas de gardien. « La personne qui veillait sur cette maison ne vient plus ici. En tout cas, nous, on ne voit personne ici. Mais, il parait que les moquettes et les meubles de la maison sont tous fermés dedans », a dit un citoyen de Dalaba sous anonymat.

La réalisation des infrastructures dans le cadre de la célébration des fêtes tournantes de l’accession de la Guinée à l’indépendance a permis à la ville de Dalaba de refaire sa toilette. Mais malheureusement, la villa de Miriam Makéba n’avait pas fait partie de ce lot au grand dam des habitants et des autorités locales.

En visite au Fouta en décembre 2018, le président Alpha Condé avait été interpellé sur le mauvais état de cette villa. Mais, monsieur Condé avait laissé entendre que les sud-africains s’étaient engagés à renouveler le bâtiment. « Nous avons voulu rénover la maison de Miriam Makéba, mais, l’Afrique du Sud nous a demandé gentiment, puisque le président doit venir, de les laisser rénover la maison de Miriam Makéba. C’est pourquoi, par gentillesse, nous laissons ça à l’Afrique du Sud », avait-il laissé entendre.

Depuis Dalaba, Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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N’zérékoré : 1 116 jeunes et femmes outillés en esprit d’entrepreneuriat

13 novembre 2019 à 20 08 11 111111

L’atelier de formation de plus de mille jeunes et femmes sur la vie associative et la structuration des groupements de N’zérékoré, Gueckédou et Lola a pris fin hier mardi, 12 novembre 2019, dans la capitale de la Guinée Forestière. Une initiative du Bureau des Nations Unies pour les Services d’Appui aux Projets (UNOSP) qui s’inscrit dans le cadre du projet d’appui à la réintégration socio-économique des jeunes en situation de risque et autres groupes sociaux vulnérables. La démarche vise à renforcer les capacités des groupements de jeunes et de femmes à l’esprit d’entreprenariat, rapporte le correspondant de Guineemation.com basé dans la préfecture.

Raef Melayeh, chef du bureau de l’UNOSP à N’zérékoré

Ils sont au total 1 116 participants, venus des préfectures de Nzérékoré, Gueckédou et Lola à avoir pris part à cette formation. Selon Raef Melayeh, chef du bureau de l’UNOSP à N’zérékoré, « après le renforcement des capacités des 4 ONG partenaires par l’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi (AGUIPE), le 11 et 12 juin sur la thématique de la vie associative et structuration des groupements, les personnels de ces ONG se sont mobilisés pour rassurer le déroulement des formations sur les 3 préfectures concernées de ce projet. Il s’agissait d’amener les bénéficiaires à mieux comprendre la vie associative, les règles de constitution et le fonctionnement d’une association dans le cadre de démarrage des processus de mise en place des futurs Groupements d’Intérêt Economique. Les associations comptent donc sur leurs efforts propres pour développer leurs activités génératrices de revenus. Les 44 sessions de formation programmées, qui ont démarré en août 2019, touchent à leur fin dans les 3 préfectures Lola, N’Zérékoré et Gueckédou. Elles ont permis de former au total 1 116, dont 60% sont des femmes, dans les localités citées ».

Oumar Nabé, chef de cabinet du gouvernorat de Nzérékoré

Prenant la parole, Oumar Nabé, chef de cabinet du gouvernorat de Nzérékoré, s’est dit satisfait et invite les participants à mettre en œuvre l’expérience acquise au cours de la formation. « Je note avec satisfaction que des progrès notables ont été enregistrés depuis le lancement officiel du projet le 15 mars dernier à Nzérékoré par l’unité de gestion et l’AGUIPE, appuyé par leurs partenaires. Donc, je demande à tous les bénéficiaires de ce projet d’être mobilisés et engagés pendant tout le reste du parcours : la formation en entrepreneuriat ou sur des techniques de recherche de l’emploi et de la mise en place des groupements d’intérêt économique pour une réintégration complète ».

Faya Kamano

Du coté des participants, Faya Kamano s’est dit déterminé à mettre en application les expériences acquises dans leurs groupements respectifs. « Nous remercions d’abord l’UNOSP et ses partenaires de nous avoir formé et mis sur le chemin de la vie associative. Car, cette formation nous a permis de connaitre comment créer et gérer une association, une ONG, un groupement. Ensuite, elle nous a montré comment avoir les documents juridiques, c’est-à-dire le statut, règlement intérieur et l’agrément. Elle nous a aussi permis de comprendre l’idée d’entreprise et de création d’emploi. Donc, je suis convaincu que nous, à notre retour dans nos différents groupements ou dans nos différentes associations, nous allons faire la restitution à la basse », a-t-il fait savoir.

Il faut noter que ce projet est financé par l’Union Européenne.

De Nzérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Kindia : le FNDC maintient sa marche malgré l’opposition des autorités

13 novembre 2019 à 19 07 55 115511

La manifestation projetée demain jeudi, 14 novembre 2019, à Kindia par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) contre le 3ème mandat pour Alpha Condé pourrait se dérouler sous haute tension. Alors que le FNDC maintient sa volonté de battre le pavé, les autorités de Kindia ne sont pas du même avis. Une concertation tenue dans la soirée de ce mercredi entre les deux camps n’a pas permis de faire bouger les lignes, rapporte l’un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La situation se crispe à nouveau dans la ville de Kindia. Les autorités communales arguent que la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK) prévoit de verser des indemnités à certaines communautés dans la journée de demain jeudi. Ce qui fait que la manifestation ne pourrait pas se tenir.

Selon Mamadouba Bangoura, maire de la commune urbaine de Kindia, il a été demandé au FNDC de reporter sa marche. « On leur a dit que nous sommes préoccupés demain par le communiqué de monsieur le préfet pour recevoir la CBK qui s’apprête à verser des indemnités aux communes rurales et à la commune urbaine de la préfecture. La cérémonie commence à 10h et termine à 14h. Donc pour ça, on leur a dit que nous remettons la marche à une date ultérieure », a expliqué monsieur Bangoura.

Du coté du FNDC de Kindia, c’est la déception. Pour Alsény Farinta Camara, coordinateur régional du FNDC, il n’est pas question de reporter la marche. « Nous avons fait 4 heures de réunion avec le maire et l’ensemble de ses conseillers. Mais, nous sortons de cette concertation très déçu par le comportement belliqueux du conseil communal. Tout en nous interdisant la marche malgré des heures de discussion et de propositions, eux ils n’ont fait aucune proposition. Ils ont seulement dit de reporter la marche. Et nous, nous demandons à la population de Kindia de se mobiliser demain à la première heure pour manifester de la gare routière jusqu’à la place des martyrs… Nous n’allons pas reculer et personne ne nous mettra à genoux », a martelé monsieur Camara.

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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Le FNDC à Ibnou Chambas : « dites au président Alpha Condé de libérer nos camarades et de renoncer au 3ème mandat »

13 novembre 2019 à 19 07 35 113511
Mohamed Ibn Chambas, Représentant Spécial du Secrétaire Général et chef du Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS)
Mohamed Ibn Chambas

Dans l’après-midi de ce mercredi, 13 novembre 2019, une délégation du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) s’est entretenue avec Mohamed Ibn Chambas, Représentant Spécial du Secrétaire Général et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), a appris un reporter de Guineematin.com d’une source généralement bien informée.

Au nom des défenseurs de la Constitution, Foniké Mengué, Mamadou Billo Bah, Abdoulaye Oumou Sow et Dr. Ismaël Doukouré ont chargé l’émissaire onusien de délivrer un message simple et très clair au chef de l’Etat guinéen : « demandez au président de libérer nos camarades et de renoncer à son projet de nouvelle constitution. Sans quoi, nous continuerons nos manifestations jusqu’à ce qu’il le fasse ».

Mohamed Ibn Chambas devait, ensuite, rencontrer le président Alpha Condé. Mais, transmettra-t-il aussi clairement ce message ?

En tous les cas, les défenseurs de la constitution sont, depuis leur retour de la maison commune, concentrés sur l’acte 4 de leurs manifestations contre une nouvelle constitution (qui équivaut à un troisième mandat du président Alpha Condé). Cette marche se déroulera demain, jeudi 14 novembre 2019, entre le rond-point de l’aéroport et l’esplanade du palais du peuple, dans la commune de Kaloum, en passant par Bonfi et Madina, sur l’autoroute Fidel Castro.

A suivre !

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Tueries des manifestants en Guinée : Amnesty International pointe du doigt les forces de l’ordre

13 novembre 2019 à 18 06 04 110411

Comme annoncé précédemment, Amnesty International a publié ce mercredi, 13 novembre 2019, son rapport de l’examen périodique universel de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Guinée de 2015 à 2019. L’organisation de défense des droits de l’homme a animé une conférence de presse à cet effet à Conakry. Elle a dénoncé la dégradation de la situation des droits humains et alerté sur les de violences graves qui guettent la Guinée à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

François Patuel, chercheur-Afrique de l’Ouest d’Amnesty International

Selon François Patuel, chercheur-Afrique de l’Ouest d’Amnesty International, malgré quelques avancées obtenues, la situation des droits de l’homme est très critique en Guinée. « Nous considérons que les signaux sont au rouge en Guinée aujourd’hui, notamment la liberté d’expression, la liberté de rassemblement pacifique, et l’impunité. D’abord, il faut revenir sur les progrès. On peut citer l’abolition de la peine de mort, puisque la peine de mort a été supprimée du code pénal et du code de justice militaire ; il y a la criminalisation de la torture, même s’il y a des problèmes entre la définition qui est prévue dans le code et la définition qui est prévue dans la convention contre la torture ; il y a la criminalisation des mutilations génitales féminines ; et aussi la criminalisation des mariages précoces et des mariages forcés. Donc, il y a un certain nombre de développements législatifs qui sont plutôt positifs.

Par contre, quand on regarde les droits civils et politiques, la situation est beaucoup plus préoccupante. D’abord, les manifestations sont réprimées, elles sont souvent interdites par les autorités. En 2018, le MATD avait interdit l’ensemble des manifestations sur l’ensemble du territoire national. Et quand les manifestations sont interdites, les forces de sécurité sont déployées pour empêcher les regroupements. Et, ils utilisent la force notamment : les gaz lacrymogènes, les pierres, il y a certaines vidéos et photos qu’on reçoit, et malheureusement des armes à feu sont utilisées. Et malheureusement sur le terrain, cela aboutit à des décès », a regretté le chercheur.

Contrairement aux autorités guinéennes qui rejettent souvent la responsabilité des pertes en vies humaines enregistrées lors des manifestations sur les opposants, Amnesty International estime que les forces de l’ordre sont à l’origine de la plupart de ces cas de morts. « Nous avons recensé de janvier 2015 à octobre 2019, 70 décès dans le contexte des manifestations en Guinée, dont 59 sont imputables aux forces de sécurité. Cela en fonction des témoignages que nous avons reçus de la part de témoins, des personnes qui ont été blessées en même temps, de la part des familles, des avocats, de la part du personnel médical, mais aussi quand on regarde les types de balles qui sont retrouvées dans les corps des victimes ou des blessés.

Il faut noter que les manifestations en Guinée peuvent également amener à des violences de la part des manifestants. Nous, nous avons recensé trois membres des forces de sécurité qui sont décédés entre janvier 2015 et octobre 2019. Nous avons, quelques minutes avant la conférence de presse, reçu un appel de la direction nationale de la police qui nous informe que ça aurait été 5 membres des force de sécurité qui auraient été tués dans le contexte de ces manifestations. Nous attendons de vérifier déjà ces informations, notamment la date et le lieu où ces 5 membres des forces de sécurité auraient été tués », a indiqué François Patuel.

Face à cette situation, l’organisation internationale de défense des droits de l’homme exprime des craintes à l’approche de l’élection présidentielle de 2020. « Cette répression des réunions pacifiques, mais aussi les journalistes ou les défenseurs des droits humains, les militants pro-démocratie qui sont ciblés, alors qu’il est important de savoir qu’on arrive à une élection, que les personnes sachent quelles peuvent s’exprimer librement, exprimer des opinions qui ne sont pas forcément celles des autorités, des celles du gouvernement encore moins celles du président, il faut qu’elles puissent exprimer leur opinion de manière libre sans avoir à craindre des représailles », a dit le chercheur-Afrique de l’Ouest d’Amnesty International.

Parlant des recommandations que son institution formule à l’endroit des autorités guinéenne, François Patuel a fait savoir qu’il faut « qu’il y ait des enquêtes quand il y a des cas de violations qui sont enregistrées, notamment quand il y a des décès ou des blessés dans les manifestations. Que des enquêtes impartiales, immédiates et indépendantes soient menées afin d’établir les responsabilités. Que les responsables présumés, qu’ils soient du côté de manifestants ou qu’ils soient du côté des forces de sécurité, soient présentés devant les tribunaux dans le cadre d’un procès équitable ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Sécurisation des élections en Guinée : 350 officiers et sous-officiers formés grâce àla coopération Égyptienne

13 novembre 2019 à 17 05 37 113711

L’Ecole Nationale de la Gendarmerie de Sonfonia a servi de cadre ce mercredi, 13 novembre 2019, à la cérémonie de clôture de la formation des formateurs sur la sécurisation du processus électoral en Guinée. Ils sont au nombre de 350 officiers et sous-officiers de la gendarmerie, la police et la protection civile à suivre cette formation dans un délai de 45 jours, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Fruit de la coopération entre la République Arabe d’Egypte et la Guinée, la formation des formateurs sur la sécurisation du processus électoral a été clôturée par une cérémonie qui a réuni les autorités militaires et civiles. C’est Dr. Mohamed Diané, ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles, ministre de la Défense nationale qui a présidé les activités.

Dr. Mohamed Diané, ministre d’Etat chargé de la Défense nationale

« Cette formation initiée par mon département, ainsi que toutes nos initiatives, bénéficie toujours de l’accompagnement des pays amis et des différents partenaires au développement. C’est ce qui justifie encore aujourd’hui la présence de nombreuses personnalités qui ont bien voulu nous témoigner de leur amitié en prenant part à cette cérémonie. Le sursaut démocratique que la troisième République a ambitionné sous la conduite de son Excellence le professeur Alpha Condé, exige à chaque instant la qualification du processus électoral en vue d’organiser des élections transparentes, crédibles et acceptables par tous. La formation que nous clôturons ce matin procède de la détermination de mon département à assurer sa part de responsabilité gouvernementale dans l’œuvre d’amélioration progressive des processus électoraux conformément à la volonté de son Excellence monsieur le président de la République, le Professeur Alpha Condé. Cette initiative de renforcement des capacités en matière de sécurisation des élections a bénéficié de l’appui technique de la République arabe d’Egypte, à travers un collectif de onze formateurs dont trois officiers généraux qui ont donné le maximum d’eux-mêmes pour faire acquérir à nos hommes leurs expériences », a-t-il dit.

De son côté, le Général Ibrahima Baldé, Haut commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la justice militaire a rappelé que cette formation sera démultipliée à Conakry ainsi qu’à l’intérieur du pays.

Général Ibrahima Baldé, Haut commandant de la Gendarmerie nationale

« Dans le souci d’harmoniser les enseignements reçus, ces formateurs ici présents, constitués en équipe pédagogique, vont dans un court terme être déployés sur l’ensemble du territoire national pour vulgariser les compétences acquises. Ainsi, ces méthodes et techniques dispensées par cette dynamique équipe Egyptienne seront intégralement transmises aux forces de police, de la protection civile et de gendarmerie en charge de la sécurisation des scrutins électoraux. Officiers et sous-officiers de police, de la protection civile et de la gendarmerie guinéenne, futurs formateurs de nos collègues de Conakry et de l’intérieur du pays ; en ce jour solennel vous êtes à l’honneur. A cet effet, je vous félicite et vous encourage des efforts d’apprentissage fournis et des efforts de restitution à fournir. Je vous recommande en outre, de privilégier dans vos communications pédagogiques diverses, les principes du droit international humanitaire et des droits de l’Homme », a-t-il recommandé.

Général de Brigade Ahmed Elwan Siam, chef de la mission Égyptienne en Guinée

Pour sa part, le Général de Brigade Ahmed Elwan Siam, chef de cette mission Égyptienne en Guinée, a fait savoir que « dans le cadre de notre volonté de consolider les relations amicales, de renforcer et de développer les relations de coopération entre nos deux pays, nous avons reçu à bras ouvert votre invitation à venir former nos collègues guinéens. C’est avec une grande sincérité que nous nous sommes préparés à fournir le meilleur de ce que nous avons à travers la préparation d’un programme intégré comprenant une formation sur des sujets théoriques et pratiques ».

Présent à cette cérémonie, Son Excellence Tamer Kamal Mohamed El Maligui, ambassadeur de la République Arabe d’Egypte en Guinée, n’a pas manqué d’évoquer les bonnes relations qui existent entre son pays et la Guinée.

SE Tamer Kamal Mohamed El Maligui, ambassadeur d’Egypte en Guinée

« C’est avec un grand plaisir et satisfaction que je prends la parole devant vous ce matin, au nom du gouvernement et du peuple de la République Arabe d’Egypte, pour exprimer notre fierté et engagement pour le renforcement des relations historiques existantes entre la République Arabe d’Egypte et la République de Guinée. L’Egypte et la Guinée partagent une longue histoire. Aujourd’hui, son excellence Abdel Fattah Al-Sissi et son cher frère et ami son excellence Professeur Alpha Condé travaillent ensemble pour promouvoir les relations bilatérales ainsi que le travail collectif africain. La Guinée a été le premier pays visité par le président Abdel Fattah Al-Sissi lors de sa tournée africaine après la présidence de l’Egypte de l’Union Africaine. Dans le cadre de la coopération militaire entre les deux ministères, l’Egypte offre des formations pour des militaires guinéens dans plusieurs domaines tels que l’antiterrorisme international, la sécurisation de frontières, la coopération africaine », a-t-il cité.

La cérémonie a été ponctuée par la remise de cadeaux et satisfécits aux onze officiers Egyptiens mais aussi par la remise des attestations aux 350 officiers de police, de la protection civile et de la gendarmerie ayant suivi cette formation.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Guinée : Mouctar Diallo salue « la volonté de prendre en compte les préoccupations des jeunes »

13 novembre 2019 à 17 05 15 111511

Le continent Noir va célébrer la treizième (13ème) Journée Africaine de la Jeunesse le 16 novembre prochain. En prélude à cette célébration au cours de ce mois de novembre, consacré mois de la jeunesse africaine, le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes a fait une déclaration ce mercredi, 13 novembre 2019, au siège du département.

Dans son intervention, Mouctar Diallo a rappelé « qu’aucune renaissance de l’Afrique ne peut se concrétiser sans un investissement adéquat consenti dans la jeunesse ». D’où la nécessité de mobiliser toutes les énergies dans le cadre de la prise en charge de la jeunesse, la force vive pour le développement du continent. Le ministre en a profité pour louer les efforts consentis dans notre pays en faveur de la couche juvénile.

Déclaration :

DÉCLARATION DU MINISTRE DE LA JEUNESSE ET DE L’EMPLOI DES JEUNES A L’OCCASION DE LA JOURNÉE AFRICAINE DE LA JEUNESSE ET DE LA JOURNÉE DE LA CHARTE AFRICAINE DE LA JEUNESSE
Mouctar Diallo, ministre de la jeunesse

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs ;

Chers jeunes compatriotes ;

C’est avec un agréable plaisir doublé d’un grand honneur que je m’adresse à vous à cette occasion solennelle du mois de la jeunesse africaine célébré le 1er novembre de chaque année et le 16 novembre journée de la charte africaine de la jeunesse.
La célébration de la Journée Africaine de la Jeunesse s’inscrit dans le cadre de l’adoption de la Charte Africaine par la décision du Conseil Exécutif du sommet de Banjul le 1er Novembre à l’occasion de laquelle la journée a été proclamée et instituée comme journée de la jeunesse africaine.

En juillet 2006, à Banjul les chefs d’Etats et de Gouvernement de l’UA ont approuvé la Charte Africaine de la Jeunesse, qui est un document politique et juridique qui établit la norme minimale de subsistance pour les jeunes sur le continent.

En 2009, les années 2009-2018 ont été déclarées décennie de la jeunesse avec un plan d’action. Ce plan d’action qui a été endossé par les chefs d’Etat de l’Union Africaine lors du sommet de l’UA à Malabo sur la jeunesse, est une feuille de route pour la mise en œuvre accélérée de la Charte Africaine de la Jeunesse et un mécanisme de référence et d’équité en faveur des jeunes à l’échelle continentale en 2018.

Chers Jeunes Citoyens ;

Le 13ème anniversaire de la Journée Africaine de la Jeunesse 2019 a pour thème «Compter moi dans un million ». L’initiative « 1 million d’ici 2021 » est un projet du Président de la Commission de l’UA son Excellence Moussa Faki MAHAMAT. Elle vise à atteindre des millions de jeunes africains avec des opportunités et des interventions dans les domaines clés de l’Emploi, de l’Entrepreneuriat, de l’Education et de l’Engagement (4E), dans le but d’accélérer la croissance de l’Afrique. Cette thématique s’inscrit également dans la vision du Président de la République le Professeur Alpha CONDE et démontre à suffisance le travail qu’il nous reste à faire pour l’épanouissement de cette jeunesse, qui faut-il le rappeler, est le moteur de la transformation et de développement de notre pays.

A cet instant solennel, je voudrais remercier et exprimer la profonde gratitude de la jeunesse guinéenne au Président Alpha CONDE pour les nombreux efforts louables que lui et son gouvernement déploient en faveur des populations et plus particulièrement pour les jeunes à travers toutes les ‘’ initiatives Présidentielles’’.

Mesdames et Messieurs ;
Chers Jeunes
La Charte Africaine de la Jeunesse depuis son lancement à Banjul (Gambie) le 16 novembre 2006 traduit à la fois une conviction et un engagement.
• Une conviction qui résulte du fait qu’aucune renaissance de l’Afrique ne peut se concrétiser sans un investissement adéquat consenti dans la jeunesse qui constitue la force vive pour son développement.
• Un engagement qui met en évidence sa volonté de contribuer au développement et à l’automatisation de la jeunesse africaine.

Cette Charte offre aux gouvernements, à la jeunesse, à la société civile et aux partenaires techniques et financiers un cadre continental qui précise les droits, les devoirs et les libertés de la jeunesse, mais facilite également l’élaboration des programmes et plans stratégiques nationaux pour l’autonomisation des jeunes. Elle favorise la mobilisation des partenaires et des ressources en faveur du secteur jeunesse.

Le Président de la République le Professeur Alpha CONDE dont le mandat est dédié aux femmes et aux jeunes a signé depuis le 17 juin 2011 les instruments de ratification de la charte Africaine de la Jeunesse, cela traduit sans nul doute la volonté du Gouvernement à prendre en compte les préoccupations des jeunes, conscient de leur rôle et de leur place dans le développement de la nation.

Dans le cadre de la commémoration de ces journées de la jeunesse africaine, le Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes mettra en œuvre le programme suivant :

  1. Un Boot camp axé sur l’entrepreneuriat (champ d’échanges d’expériences et activités de formation sur la base entrepreneuriale) à Mamou à partir de ce 13 Novembre 2019;
  2. Le lancement du programme « les Nouvelles Routes de l’Emploi en Guinée» le Vendredi 15 Novembre 2019 à la Blue zone de Kaloum à 9h dans la salle de canal Olympia.

Vive la jeunesse guinéenne

Vive la jeunesse africaine

Vive l’union africaine

Vive la coopération internationale

Bonne fête à tous.

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Amnistie pour des anciens dirigeants de la Féguifoot : « c’est un faux et usage de faux »

13 novembre 2019 à 16 04 26 112611
Doyen Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

A l’occasion du 60ème anniversaire de la Fédération Guinéenne de Football célébré hier, mardi 12 novembre 2019, le Président de l’instance a prononcé l’amnistie pour trois responsables de l’ancien comité exécutif de la Féguifoot qui étaient accusés de malversations financières pendant leur gestion. Mamadou Antonio Souaré a levé ainsi la suspension des trois intéressés. Il s’agit de l’ancien Président de l’instance dirigeante du football, Saliou Camara « Super V », l’ancien Secrétaire Général, Ibrahima Blasco Barry, et l’ancien Comptable, Aboubacar Morthon Soumah.

Au lendemain de l’annonce de cette décision, elle suscite des réactions au sein de l’opinion. Le célèbre journaliste et historien, Amadou Diouldé Diallo, s’est prononcé sur la question au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com ce mercredi, 12 novembre 2019. Il dénonce « un faux et usage de faux » et estime qu’il ne revenait pas à Antonio Souaré de prendre une telle décision.

« C’est un faux et usage de faux. De par la loi, seul le Président de la République a le pouvoir d’amnistier ou de gracier quelqu’un après jugement. Il ne gracie pas un prévenu, il gracie un condamné. L’amnistie et la grâce sont du ressort exclusif du Président de la République. Seul le Président de la République, par la loi, a ce pouvoir. Donc, c’est un faux et usage de faux qui interpelle le procureur de la République d’entendre Antonio Souaré pour cette attitude inconvenable », soutient-il.

Pour cet ancien collaborateur d’Antonio Souaré, cette décision du Président de la Fédération Guinéenne de Football relève d’une pure supercherie. « Il faut dire que tout ça là, c’est de la supercherie. C’est un montage habituel. Il va au front, et quand il se rend compte qu’il va perdre, il engage des gens avec lui dans le front contre d’autres personnes. Lorsque ces personnes résistent, il se rend compte qu’il n’est pas en mesure de les éteindre, il fait marche-arrière. Il cherche des médiateurs, il tente de se réconcilier avec ceux-là, en sacrifiant les combattants qui étaient avec lui », a dit Amadou Diouldé Diallo.

Ce doyen de la presse sportive estime que c’est Antonio Souaré lui-même qui est derrière l’audit qui a conduit aux accusations de détournement de fonds contre Super V, Blasco et Morthon. Il est convaincu donc que l’actuel Président de la Fédération Guinéenne de Football a pris cette décision d’amnistie uniquement parce qu’il sait que si le procès arrivait à se tenir, il allait le perdre. « Après l’audit, Morthon et Blasco sont conduits en prison et Salifou est sorti du pays, et on émet un mandat d’arrêt international contre lui. Antonio Souaré souhaitait vivement que ce dernier arrive à l’aéroport de Conakry menotté. Malheureusement pour lui, cela n’a pas été le cas. Salifou rentre en Guinée avec toutes les preuves, y compris des preuves vidéos, il se présente à la justice et prêt à la confrontation avec Antonio par rapport aux accusations.

Et, c’est Antonio qui a brillé par son absence et qui après, fait marche-arrière parce qu’il n’avait pas calculé que Salifou pouvait rentrer au pays avec toutes ces preuves possibles pour se défendre. Et, l’accusateur qu’il est, ne s’est pas présenté au procès alors qu’il a causé des dommages importants à ces trois personnes. Il faut dire que cette affaire est encore pendante au niveau de la justice. C’est lui qui se bat pour ne plus qu’il y ait procès. Donc, je signe et persiste que cette décision d’Antonio est un faux et usage de faux. A la place de ces trois accusés, je refoulerais cette décision masquée d’Antonio afin que la vérité soit dite dans cette affaire d’accusations », a laissé entendre Amadou Diouldé Diallo.

Léon Kolié pour Guineematin.com

Tél. : 661 74 99 64

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La Société Minière de Boké remporte l’appel d’offres pour l’exploitation des gisements de minerai de fer des blocs I et II de Simandou

13 novembre 2019 à 16 04 19 111911

(SMB) – Suite à un appel d’offres ouvert par le décret D/2019/0194/PRG/SGG du 13 juillet 2019, la Société Minière de Boké (SMB) a remporté l’attribution des gisements de minerai de fer des Blocs I et II de Simandou.

Conformément au Cahier Spécial des Charges relatif à l’Appel d’Offres pour l’octroi de droits miniers sur les gisements de minerai de fer des Blocs I et II de Simandou, le Consortium SMB-Winning s’engage par ailleurs à exporter son minerai via le territoire guinéen, en construisant notamment une voie ferrée de plus de 650 kilomètres, ainsi qu’un port en eau profonde à Matakong, dans un délai de cinq ans à compter de la ratification des conventions.

Depuis sa création en 2014, la SMB – consortium formé par l’armateur singapourien Winning Shipping, le producteur chinois d’aluminium Shandong Weiqiao, le groupe Yantaï Port ainsi que la société guinéenne de transport et logistique United Mining Supply (UMS) – est devenue le premier exportateur de bauxite de Guinée, avec 42 millions de tonnes produites en 2018. La SMB emploie 9 000 personnes dans la région de Boké et a construit deux terminaux fluviaux – Dapilon et Katougouma – rattachés au port de Boké. Enregistré à l’Organisation Maritime Internationale (OMI) depuis septembre 2018, Boké est le plus grand port polyvalent de Guinée en termes de volume de marchandises manutentionnées (import & export), et possède également le plus grand centre de réparation navale d’Afrique de l’Ouest.

Alors qu’il a déjà investi près de 1,5 milliard de dollars US dans ses activités dans la région de Boké, le Consortium a également lancé le Projet Boffa-Boké, comprenant une ligne de chemin de fer de 135 kilomètres dans un corridor s’étendant du terminal fluvial de Dapilon aux nouvelles zones minières de Santou II et de Houda, et la construction et l’exploitation d’une raffinerie d’alumine dans la région de Boké. L’investissement total consenti pour l’intégralité du Projet Boffa-Boké par le Consortium est estimé à 3 milliards de dollars US.

Pour le singapourien M. Sun Xiushun, Président Directeur Général du Consortium : « Le Projet Simandou Blocs I & II sera déterminant pour l’avenir de la Guinée. Ce méga-gisement est une opportunité en termes d’emploi et de création de richesses pour l’ensemble du pays. Avec le chemin de fer transguinéen, la Guinée sera désormais dotée d’une véritable ligne de vie reliant quatre régions guinéennes entre elles, accélérant la décentralisation administrative et économique, et renforçant le maillage ferroviaire du pays. »

« Avec son expérience réussie à Boké dans la bauxite, le Consortium se propose de répliquer son modèle économique et social, axé sur la responsabilité et la durabilité, dans l’exploitation du fer de Simandou I et II, explique le franco-guinéen Fadi Wazni, Président du Conseil d’Administration de la SMB. Nous sommes honorés de la confiance qui nous est accordée, tout en remerciant les équipes qui nous ont aidées à préparer l’offre du projet et que j’ai eu le privilège de conduire. Nous sommes persuadés que le Consortium SMB-Winning est le meilleur partenaire pour mener à bien le Projet Simandou I et II aux côtés du gouvernement, des autorités locales et du peuple guinéen. »

« Aujourd’hui, la Chine est le principal acteur industriel mondial, et donc le premier consommateur de minerai pour la transformation primaire » déclare le français Frédéric Bouzigues, Directeur Général de la SMB. »

« Il était stratégique que la Guinée puisse s’intégrer dans cette chaîne de valeur mondiale avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, afin de contribuer à moyen terme à une première transformation locale. »

À propos du Consortium SMB-Winning

Fondé en 2014, le Consortium SMB-Winning regroupe quatre partenaires mondiaux dans les domaines de l’extraction, de la production et du transport de bauxite : le singapourien Winning Shipping Ltd, armateur asiatique de premier plan ; UMS, une société de transport et de logistique présente en Guinée depuis plus de 20 ans ; Shandong Weiqiao, une société chinoise leader dans la production d’aluminium, forte de 160 000 employés et d’un chiffre d’affaires annuel de 45 milliards de dollars US ; et le groupe Yantaï Port. L’État de Guinée, partenaire et membre du consortium, est actionnaire à hauteur de 10%.

Communiqué transmis par le service de communication de la SMB

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Comité inter-parties : l’UFDG et l’UFR boudent les travaux

13 novembre 2019 à 12 12 09 110911

En prélude aux élections législatives prévues le 16 février 2020, la CENI a convié les membres du comité inter-parties à une rencontre ce mercredi, 13 février 2019, à Conakry. L’objectif est d’échanger avec les parties prenantes du processus électoral sur les préparatifs de ces élections. Mais, les grands partis politiques d’opposition n’ont pas répondu à l’invitation de la commission électorale, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Dans la salle, on note la présence de représentants de nombreux partis politiques membres du comité inter-parties. Mais aussi des organisations de la société civile : COFFIG, COJELPAID, REFMAP, CENAFOD, CNOSCG. Des institutions internationales comme l’USAID, la CEDAO, le PNUD et OSIWA sont également représentés à la rencontre.

Selon l’ordre du jour communiqué par la CENI, les travaux vont porter essentiellement sur le partage des résultats de mise en place et de formation des membres des commissions administratives d’établissement et de révision des listes électorales (CAERLE) ; échange sur l’état d’avancement des opérations d’identification des électeurs sur le terrain ; échange sur l’état d’avancement des travaux préparatoires des opérations de révision des listes électorales.

Ces travaux se déroulent cependant sans les grands partis politiques d’opposition. Selon le constat de notre reporter, l’UFDG et l’UFR n’ont pas répondu favorablement à l’invitation de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Les places qui leur sont réservées restent toujours vides.

L’UFDG a déjà fait savoir son opposition à aller à des élections législatives dans le contexte actuel et promis de rencontrer les autres formations politiques d’opposition du pays pour former un bloc, afin d’exiger la satisfaction de certaines conditions préalables avant d’aller à ces élections.

Ces conditions sont : la libération des leaders du FNDC incarcérés, l’installation des conseils de quartiers et ceux régionaux, et le renoncement au projet de changement de l’actuelle constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Energie : le ministre Taliby Sylla participe à la conférence sur l’interconnexion énergétique globale et de coopération « GEIDCO » en Chine

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Par l’Unité Fonctionnelle de Communication du Ministère de l’énergie : A l ‘instar du chef de l’Etat Guinéen, Pr Alpha Condé, porteur principal de l’ambitieux projet énergétique du continent « Initiative de l’Afrique pour les Energies Renouvelables (AREI) », qui, de passage dernièrement à Paris au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a évoqué les avancées de l’AREI, et de l’Alliance d’Interconnexion Énergétique, de Développement Durable en Afrique (AIEDDA) et surtout de l’importance pour le continent de parler d’une seule voix en ces termes : « Si l’Afrique parle d’une seule voix, nous pouvons relever tous les défis. Mieux, lorsque l’Afrique parle d’une seule voix, en matière d’investissements, la traçabilité des fonds est accessible à tous dans la plus grande transparence. Nos partenaires signataires de la déclaration de Paris 2015 pourront en attester. Notamment la France, l’Allemagne, l’Union Européenne », le Ministre guinéen de l’énergie, Docteur Cheick Taliby Sylla, présent à la conférence Forum de GEIDCO en Chine, a, au nom du Président de la République de Guinée, appelé l’Afrique à la mobilisation générale : « L’Afrique regorge d’abondantes ressources minières, mais ces dernières ne sont pas exploitées suffisamment et de manière efficiente, en raison entre autres, du déficit d’électricité et de financements. D’où, la difficulté à transformer les matières premières à haute valeur ajoutée, entravant ainsi le développement économique et social de nos pays. Une interconnexion des réseaux électriques de l’Afrique, avec un approvisionnement suffisant en électricité contribuera à créer les conditions d’un développement de l’industrie minière, de la métallurgie, de la transformation et des parcs industriels. Aussi, elle favorisera l’émergence d’une chaîne industrielle relativement complète.

Ainsi, les pays d’Afrique seront capables de fabriquer localement des produits industriels à moindre coût, compétitifs sur le marché et de haute qualité. L’exportation de ces produits sur le marché international leur permettra d’accroître leurs recettes en devises étrangères et de favoriser la création d’emplois. En conséquence, ils seront en mesure de booster leur croissance économique endogène et réduire leur dépendance à l’exportation des matières premières à l’état brut, grâce à l’électrification et à l’industrialisation.

En adhérant à l’Alliance d’Interconnexion Énergétique et de Développement Durable en Afrique (AIEDDA), les pays d’Afrique bénéficieront des appuis certains pour avoir des moyens pour réaliser les grandes interconnexions et faire face à la demande en énergie et particulièrement celle venant du secteur des mines »

En réitérant cet engagement de la Guinée et les démarches menées auprès des Chefs d’Etat africains, 21 Pays africains et 80 Sociétés, Entreprises et Institutions en Afrique et dans le Monde ont manifesté leurs intérêts à adhérer à l’Alliance d’Interconnexion Énergétique et de Développement Durable en Afrique (AIEDDA)

C’est dans cet élan, que GEIDCO, la Société des Trois Gorges, l’ASEA et la SGCC, ont organisé en Chine, une conférence de haut niveau, dont le thème s’articulait autours des enjeux que représentent l’Interconnexion Électrique et le Développement Durable en Afrique. Une démarche indispensable pour renforcer les opportunités d’électrification dans les pays africains par l’intégration et la valorisation des ressources énergétique du continent.

Cette rencontre était une occasion pour le Ministre Cheick Taliby Sylla, de rappeler devant Monsieur Liu zhenya, Président l’Organisation de Coopération et de Développement pour l’Interconnexion Énergétique Mondiale (GEIDCO), les grandes lignes et les circonstances heureuses qui ont amené le chef de l’Etat guinéen, PR Alpha CONDE a signé au nom de ses Pairs Africains, cette initiative visant à lancer conjointement l’Alliance d’Interconnexion Énergétique et de Développement Durable en Afrique (AIEDDA) au mois de septembre 2018 en Chine.

Pour mettre un point nodal sur cet engagement présidentiel, le Ministre guinéen de l’énergie conclura que le but de cette démarche est de relever « les défis importants de cette Initiative Africaine pour les Énergies Renouvelables (AREI) et au vu des multiples préoccupations qui interpellent son Président, pour la satisfaction de ces besoins énergétiques »,

Pour rappel, GEIDCO est une organisation créée en mars 2016 à Pékin, à l’initiative du Gouvernement chinois, pour promouvoir la construction de l’interconnexion énergétique afin de répondre aux besoins mondiaux en électricité.

A l’époque, l’annonce de sa création a été faite par le Président chinois Xi Jinping, lors du sommet de l’ONU pour le développement durable, tenu le 26 Septembre 2015 qui avait proposé d’approfondir l’interconnexion énergétique globale pour promouvoir la réponse à la demande mondiale en électricité d’une manière propre et verte.

Par l’Unité Fonctionnelle de Communication du Ministère de l’énergie

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Nouveau drame à Siguiri : 3 morts et 2 blessés dans un éboulement

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Image d’archive

Un nouvel éboulement s’est produit hier, mardi 12 novembre 2019, dans une mine d’or de la sous-préfecture de Siguiri. Il a coûté la vie à trois personnes et fait deux autres blessés, a appris Guineematin.com à travers son correspondant sur place.

Cet autre drame est survenu dans la mine appelée Doumbouloko, située entre les districts de Gbèdégbè et Kolènda, dans la sous-préfecture de Doko. Il s’agit d’un ancien site qui était interdit d’exploitation. Mais, certains mineurs se cachaient pour aller travailler sur les lieux, explique Elhadj Loucény Traoré, président de la Croix-Rouge de Doko.

« Là où l’éboulement est survenu, c’est une ancienne mine abandonnée et interdite d’exploitation en raison des risques d’éboulement. Mais, malgré les risques connus de tous et les efforts des Tombolomas (les gendarmes des mines) qui surveillent les lieux, les gens se cachent souvent pour y travailler. Ils se disent que ce genre d’endroits sont propices à l’exploitation minière », a-t-il expliqué.

Il ajoute que « 6 personnes étaient à l’intérieur de la mine au moment de l’éboulement. Ces mineurs utilisaient des machines de concassage pour creuser encore au niveau des anciens trous. Après l’éboulement, une personne est sortie indemne, et elle est partie informer les gens au village. Nous sommes venus commencer les recherches qui ont duré de 12 à 17 heures. On a retrouvé les 5 hommes qui étaient coincés dans le trou : 3 d’entre eux étaient morts et les deux autres sont grièvement blessés », a dit Elhadj Loucény Traoré.

Les trois corps ont été remis aux familles des victimes et les deux blessés ont été conduits à l’hôpital. Cet éboulement survient une semaine après un autre enregistré dans la sous-préfecture de Kintinian et qui a coûté la vie à 13 personnes.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Guinée : les voyants au rouge pour les droits humains à l’approche de l’élection présidentielle

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Au moins 70 manifestants et passants tués depuis janvier 2015 ; des journalistes ciblés ; 109 morts en détention ; Amadou Boukariou Baldé, un étudiant battu à mort par des gendarmes déployés pour disperser une manifestation à l’Université de Labé, dans le centre de la Guinée, le 31 mai 2019… Amnesty International présente son rapport sur la Guinée avant l’Examen périodique universel (EPU) de l’ONU en janvier 2020

Les autorités guinéennes doivent remédier aux violations des droits humains qui se multiplient, notamment les homicides de manifestants, les interdictions de rassemblements pacifiques et la répression des voix dissidentes, qui risquent de s’aggraver à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 13 novembre 2019.

Intitulé « Guinée. Les voyants au rouge à l’approche de l’élection présidentielle de 2020 », ce document expose la situation des droits humains qui s’est dégradée entre janvier 2015 et octobre 2019, et dénonce l’homicide de 70 manifestants et passants et d’au moins trois membres des forces de sécurité. Il met en garde contre la montée des tensions politiques, dans un contexte où les craintes sont vives que le président Alpha Condé ne modifie la Constitution pour briguer un troisième mandat.

« Neuf manifestants ont été tués le mois dernier lors des manifestations contre une éventuelle révision de la Constitution. Les leaders des mouvements pro-démocratie et de nombreux manifestants ont été arrêtés. C’est un affront pour les droits humains et une tentative violente visant à museler la dissidence », a déclaré Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International.

« Les autorités guinéennes doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour apaiser les tensions, protéger les droits humains et sauver des vies avant, pendant et après les prochaines élections. Nous demandons au gouvernement du président Alpha Condé de mettre fin au règne de la peur et de la répression en modifiant la législation relative à l’usage de la force lors de rassemblements publics et en retirant les forces armées militaires des zones de manifestation. »

Amnesty International publie son rapport avant l’Examen périodique universel (EPU) de l’ONU sur la Guinée en janvier 2020. Ce rapport évalue la situation des droits humains depuis l’EPU de janvier 2015. Aujourd’hui, la Guinée a aboli la peine de mort, ce qui constitue une avancée notable.

Cependant, dans bien d’autres domaines, les autorités n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements. Les forces de sécurité ont tué de nombreux manifestants, dont un enfant de sept ans

Amnesty International a constaté que 70 manifestants et passants ont été tués dans le cadre de manifestations entre janvier 2015 et octobre 2019. Si l’organisation n’a pas pu confirmer les circonstances de tous les décès, les témoignages du personnel médical et de témoins ainsi que le type de munitions utilisées indiquent qu’au moins 59 des victimes semblent avoir été tuées par la police et la gendarmerie. Parmi les victimes, un enfant de sept ans qui, selon des sources médicales, a été touché par une balle perdue en octobre 2015.

En outre, Amnesty International déplore l’homicide d’Amadou Boukariou Baldé, un étudiant battu à mort par des gendarmes déployés pour disperser une manifestation à l’Université de Labé, dans le centre de la Guinée, le 31 mai 2019.

Ce rapport révèle aussi que des centaines de personnes, dont des enfants de seulement quatre ans, ont été blessées par les forces de sécurité qui ont fait usage de balles réelles, de matraques et de gaz lacrymogènes.

L’une des victimes est Mamadou Hady Barry, 10 ans, touché dans le dos par une balle alors qu’il rentrait chez lui depuis l’école coranique à Conakry, le 13 novembre 2018. Grièvement blessé, il a été pendant plusieurs mois incapable de marcher.

Répression contre les défenseurs des droits humains

Ces dernières années, le gouvernement a interdit de manière arbitraire de nombreuses manifestations. Les défenseurs des droits humains et les journalistes sont convoqués, détenus ou arrêtés par la police, uniquement parce qu’ils exercent leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Au moins 60 membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un groupe pro-démocratie ont été arrêtés depuis le 12 octobre 2019. Un tribunal a condamné cinq de leurs dirigeants à des peines allant jusqu’à un an de prison pour avoir appelé à manifester pacifiquement. Des dizaines de participants ont été condamnés à un an de prison pour avoir assisté à un « rassemblement illégal ».

En outre, le rapport dévoile que les journalistes sont pris pour cibles ou agressés par des membres des forces de sécurité, et que des médias sont suspendus.

À titre d’exemple, Aboubacar Algassimou Diallo, présentateur radio à Lynx FM, et Souleymane Diallo, administrateur général, ont été convoqués par la police les 19 et 20 août derniers, après avoir diffusé l’interview d’une femme qui accusait le ministre de la Défense de détournement des fonds destinés aux Casques bleus guinéens.

Des conditions carcérales déplorables

Amnesty International a constaté une surpopulation carcérale généralisée dans les établissements pénitentiaires guinéens. À la prison centrale de Conakry, qui a la capacité d’accueillir 500 prisonniers, 1 468 personnes sont détenues. Au moins 109 personnes sont mortes en détention pendant la période que couvre le rapport.

Ce document recense également des cas de torture et de mauvais traitements, particulièrement en garde à vue – passages à tabac, viols, recours à des positions douloureuses, brûlures et privation de sommeil notamment.

Le règne de l’impunité

L’impunité continue de régner en Guinée. Les familles de personnes tuées lors des manifestations ont déposé des dizaines de plaintes, parfois en fournissant des informations précises sur les unités des forces de sécurité déployées, notamment des noms et des plaques d’immatriculation.

Pourtant, un seul cas a donné lieu à des poursuites judiciaires. En février 2019, un capitaine de police a été condamné pour l’homicide en 2016 d’un passant lors de manifestations, et ce pour la première fois depuis qu’un membre des forces de sécurité avait été déféré à la justice en 2010.

Les poursuites judiciaires concernant l’homicide de plus de 150 manifestants pacifiques et les viols et violences sexuelles infligés à plus de 100 femmes dans le stade de Conakry en 2009, ne progressent guère.

« Afin de briser le cycle de la violence en Guinée à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, les autorités doivent faire savoir avec force que les violations des droits humains ne seront pas tolérées », a déclaré Marie-Evelyne Petrus Barry.

« Enfin, elles doivent cesser de museler les voix dissidentes. »

A suivre !

Un reporter de Guineematin.com est déjà à la MDP pour vous relayer la conférence de presse d’Amnesty International sur ce rapport

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Kankan : un présumé dealer arrêté avec 37 kg de chanvre indien

13 novembre 2019 à 9 09 59 115911
Colonel Abdoulaye Sanoh, commissaire central de la police de Kankan

Le commissariat central de police de Kankan a présenté hier, mardi 12 novembre 2019, à la presse, un individu arrêté avec 37 kilogrammes de chanvre indien. Selon la police, l’homme est un dealer qui était sous le collimateur des services de sécurité, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Ce sont des Donzos (chasseurs traditionnels) qui ont interpellé le présumé vendeur de drogue, âgé de 36 ans. Ce dernier quittait la sous-préfecture de Saladou (Préfecture de Mandiana) pour Kankan. Il avait deux sacs attachés à sa moto : l’un contenant 25 kg et l’autre 12 kg de chanvre indien, a expliqué le Colonel Abdoulaye Sanoh, commissaire central de la police de Kankan.

« Dieu faisant bien les choses, et grâce à la bonne idée et à la diligence de monsieur le préfet dans le cadre de la sécurisation de la préfecture, les villages ont organisé aussi des comités de vigilance. Daye Condé, en provenance de Mandiana, a été appréhendé dans le district de Frouban sur sa moto et mis à la disposition de la sous-préfecture de Balandou. Donc, le sous-préfet m’a appelé et je lui ai demandé de le déposer directement car c’est un monsieur qui était recherché par les services de sécurité. C’est ce qui fut fait et il a été déposé au commissariat central le dimanche, 10 novembre », a-t-il indiqué.

L’officier de police ajoute que l’intéressé est bien connu de la police qui était d’ailleurs à sa recherche. « Ce monsieur est un dealer. Il y a longtemps qu’on nous a signalé qu’il est le tuteur de presque tous les grands bandits qui viennent fumer la drogue chez lui avant de sortir. J’ai envoyé une première fois une mission chez lui, mais qui l’a trouvé à Mandiana à la recherche du chanvre indien, donc nous n’avons pas pu mettre main sur lui. Et, c’est un monsieur qui prétend aller dans les radios privées pour dire que la police est venue derrière lui alors qu’il n’est pas un dealer, qu’il ne vend rien », souligne le Colonel Sanoh.

Interrogé par les journalistes, Daye Condé a reconnu avoir transporté les 37 kg de chanvre avec lesquels il a été arrêté. Mais, il dit travailler pour un responsable des services de sécurité dont il n’a pas révélé l’identité, et qui le payait à hauteur de 500 000 francs guinéens après chaque mission qu’il exécute. Il a été transféré devant le parquet de Kankan qui va s’occuper de la suite du dossier.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Littérature : « Les grimaces d’une intelligentsia divisée », bientôt sur le marché

13 novembre 2019 à 9 09 34 113411

Le paysage littéraire guinéen va s’enrichir prochainement d’une nouvelle œuvre intitulée « Les grimaces d’une intelligentsia divisée ». Il s’agit d’un essai de 180 pages, composé de 6 chapitres, écrit par Amadou Lamarana Diallo qui campe des épisodes spécifiques des actions de l’intelligentsia guinéenne du lendemain des indépendances à nos jours.

L’auteur, chef du département Recherche au CIRD (Centre International pour la Recherche et la Documentation), sociologue et démographe, en est à sa première œuvre. Dans cet essai, monsieur Diallo fait un diagnostic du comportement de l’élite de notre pays qui « s’agglutine autour des chefs mais n’applique pas les politiques de développement ».

Amadou Lamarana Diallo

Dans cette œuvre, l’auteur fait ressortir que notre pays est doté d’immenses ressources, mais dont le retentissement ne se voit pas sur le progrès de la Guinée. Ce qui dénote de l’échec des dirigeants qui ont toujours fait dans le tâtonnement. « Nous tournons en rond. L’intelligentsia préfère jouer le jeu et périr que de faire des actions de développement ».

Divers thèmes sont développés dans cet essai, publié aux éditions Publibook, qui doit coûter 170 000 francs guinéens. Il sera bientôt sur le marché, dans les rayons des librairies.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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GOUVERNANCE GÉOPOLITIQUE : Boutades autour du périmètre de sécurité

13 novembre 2019 à 9 09 23 112311

Libre Opinion : Personne n’osait douter que le Gouvernement sache où commence et finit le périmètre de sécurité de la Guinée. Ses dernières sorties montrent crûment qu’il réduit ce périmètre à un certain cordon policier sinon un dispositif de sécurité mis en place par la gendarmerie. Sans aller trop loin, il faut tout de suite dire que cette conception relève d’une erreur capitale. C’est une courte vue de la sécurité des guinéens. Une restriction qui blesse dangereusement la conscience nationale.

En effet ce périmètre s’arrête au dernier millimètre de la planète où palpite le cœur d’un Guinéen. Autrement dit il se confond à la grandeur de la nation guinéenne, très au-delà des 245.857 km2 du territoire guinéen. Son horizon s’inscrit pour tout dire, dans les limites infinies du temps et de l’espace selon les conditions que lui imposent sa solidarité avec les autres pays et la souveraineté des autres nations du monde. A chaque fois que cette nation est égratignée, le périmètre de sécurité du pays est touché.

Cette clarification faite, il est facile de circonscrire ce périmètre et montrer par des faits historiques, combien de fois, des réactions souveraines se sont imposées en son nom.

Amadou Lamarana Diallo

C’est au nom de ce périmètre de sécurité que la Guinée s’est engagée dès son indépendance à céder une partie ou la totalité de sa souveraineté pour la réalisation de l’unité africaine. Elle le dit dans son hymne national au contenu unique en Afrique et l’a prouvé à plusieurs occasions dans son appui aux mouvements de libération en Algérie, au Congo démocratique, en Angola, en Guinée-Bissau, en Namibie, au Zimbabwe ainsi que dans sa participation active au mouvement des Non-alignées et à la défense des intérêts nationaux dans le monde notamment à Cuba et au Vietnam, deux pays très éloignés des frontières guinéennes, là-bas en Amérique Latine et en Asie.

On se souvient qu’au nom de ce périmètre de sécurité, Ahmed Sékou Touré déclara un jour, au plus fort du contentieux politico-idéologique guinéo-ivoirien dans les années 70 du XXème siècle, que son armée déjeunerait à Yamoussoukro si jamais le néo-colonialisme menaçait le territoire guinéen. Dites si Yamoussoukro se trouve en Guinée. Ce n’était qu’une boutade car le même Ahmed Sékou Touré, réconciliant maliens et voltaïques du temps de Moussa Traoré et Sangoulé Lamizana, déclara plus tard : « Vous m’entendez souvent fustiger les attitudes néo-colonialistes de mon frère Houphouët Boigny de Côte-Ivoire ; mais vous n’avez jamais entendu et n’entendrez jamais de conflit frontalier entre nos deux pays. Si les Ivoiriens veulent de la terre pour cultiver, qu’ils viennent en Guinée et il ne leur sera fait aucune limite. Alors je vous invite maliens et voltaïques (aujourd’hui Burkinabè) à ranger vos armes et prendre vos dabas pour cultiver plus de champs en vous offrant des terres de part et d’autre de vos frontières respectives ». Un panafricaniste venait de parler au gré des circonstances historiques et au nom du périmètre de sécurité en Afrique de l’Ouest. Celui-ci lui dicta la deuxième boutade de de sa vie politique en déclarant la guerre à la Guinée-Bissau voisine. Cette fois-ci, juste pour rappeler à l’ordre un certain Luis Cabral au nom du périmètre de sécurité. Une sorte de parenté à plaisanterie très sérieuse en direction d’un jeune frère pas très conscient du caractère intouchable de ce périmètre s’il s’agit d’un voisin irrespectueux de l’intangibilité des frontières nationales.

Auparavant et au lendemain de l’agression portugaise de novembre 1970, le General Moussa Traoré mit son armée entière à la disposition de la Guinée. C’était au nom du même périmètre de sécurité sous régional. Ce n’est un secret pour personne qu’un contingent guinéen est aujourd’hui présent au sein de la MISUMA dans le désert malien. Des guinéens sont morts là-bas au nom de l’inviolable périmètre de sécurité.

Feu General Lansana Conté harcelait Charles Taylor avec des menaces fermes allant jusqu’à avouer publiquement à Moscou qu’il n’hésiterait pas à acheter des armes chez les russes, n’en déplaiserait aux occidentaux. Avait-il mis ses menaces à exécution ? Probablement mais dans les limites strictes du périmètre de sécurité de la Mano River Union et au sein de la CEDEAO. La suite est connue de tous : le périmètre de sécurité de la Guinée est respecté en Afrique. Le Président-paysan en véritable intellectuel, conscient des enjeux du périmètre de sécurité avait écrasé dans l’œuf la rébellion en 2000, rappelant tous les retraités de l’armée guinéenne au secours des troupes engagées au front à Gueckedou et Macenta. Il avait réussi cette victoire historique avec ses compagnons tels que les Généraux Bailo, Ousmane Sow, Henri Tofany (Paix à leurs âmes !), Balde Mamadou et Facinet Touré (Hommage aux Généraux Baldé et Touré !). Ils avaient eu le sens salutaire du périmètre de sécurité. Ils ont eu fraternellement, le sens de la grandeur de leur pays.

Le périmètre de sécurité devrait dicter au Gouvernement des actions promptes et énergiques pour qu’aucun guinéen ne meurt dans les geôles libyennes et ne soit tué en Angola. De même il devrait agir pour que Mohamed Toure et son épouse purgent leur peine en Guinée. Il devrait se gêner de voir un ancien Président en exil forcé et un autre ancien Président en déambulation sans fin en attente d’une force africaine dite en attente. Au-dessus de tout cela, le Gouvernement devrait ne jamais plus consentir qu’un guinéen meure sous des balles réelles à quelques mètres d’un cordon de sécurité quelconque et au mépris du périmètre de sécurité de la Guinée.

Le concept de périmètre de sécurité est repris dans ce texte une quinzaine de fois pour dire qu’aucun guinéen n’est hors de ce périmètre. S’il le faut on le répétera mille et mille fois, mille et mille ans. Le Peuple de Guinée a consenti avoir une armée pour cela. Les forces de l’ordre doivent le savoir et le Gouvernement doit le réaffirmer haut et fort à la face du monde. Sinon la Guinée devrait retirer ses diplomates des capitales étrangères, renoncer à sa présence aux Nations Unies et dans les autres institutions internationales et se replier dans son narcissisme géopolitique étroit. Ainsi chaque guinéen pourrait faire le choix éclairé entre appartenir à une nation en marche et résider dans un pays sans Etat responsable. Au mieux de sa sécurité personnelle et celle collective de ses compatriotes où qu’ils se trouvent dans le monde.

Par Amadou Lamarana Diallo, Sociologue et démographe

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Radio Télévision Guinéenne : RETOUR AUX CHRONIQUES NOSTALGIQUES

13 novembre 2019 à 9 09 17 111711

Libre Opinion : La RTG se livre-telle à une archéologie préventive ? Elle vient de réveiller des chroniques d’un autre temps qui l’ont aussitôt mise au service d’une époque révolue. On dirait même qu’elle veuille se mettre au service d’une idéologie passée sinon dépassée. On se demanderait d’ailleurs à quel public, la télévision nationale s’adresse par ces chroniques du passé.

Les anciennes générations n’ont plus envie de vivre cette époque. Elles peuvent s’en souvenir pour en rire ou pleurer mais ne veulent certainement pas y revenir. Elles l’ont dit au lendemain du 3 avril 1984 : « Plus jamais ça ». Un journaliste célèbre brusquement reconverti au nouveau contexte, relayait brillamment et bruyamment cette complainte unanime. Les survivants de cette époque se souviennent des éditoriaux d’alors sans trop de désir de les réécouter aujourd’hui. Au plus ils ont le plaisir de remarquer que la musique de fond, les images et le discours de chaque chronique sont nettement moins concordantes que par le passé. Un raccommodage très désagréable à voir et entendre.

Les nouvelles générations ne comprennent rien à ce langage d’un autre âge. Heureusement que la RTG elle-même a pris soin de barrer d’un trait jaune le titre de la chronique. Si d’aventure les jeunes prennent le temps d’y jeter un coup d’œil furtif entre deux clics au clavier de leurs téléphones, qu’ils comprennent vite qu’il s’agit d’un simple conte de fée destiné à combler un vide dans le programme télévisuel. Le chroniqueur aurait dû faire son exercice dans les coulisses de montage des programmes car au sein de la population, ceux qui le suivent et comprennent, toutes couches sociales considérées, ne font pas une personne. Les statisticiens appelleraient cela, zéro virgule zéro, zéro quelque chose (0,00…). Eux, oseraient s’exprimer ainsi en tant que spécialistes des mensonges utiles autorisés à produire des indicateurs sur les choses les plus banales.

Le Président que ce chroniqueur est sensé servir a déjà dit, haut et fort, qu’il n’écoute pas la radio et ne lit pas la presse guinéenne. Même Sanassy Keita le sait. Ses brillants reportages des déplacements présidentiels sont destinés aux ghettos sans antennes paraboliques que la RTG a désertés depuis sa migration vers la toile numérique.

Qui va donc et finalement suivre ce célèbre chroniqueur et profiter de ses chroniques ? De vieux nostalgiques qui lui sont contemporains ? Leurs yeux et leurs oreilles voient « pâle » et entendent « mal ». Des membres de la diaspora guinéenne et autres curieux de ce qui se passe en Guinée ? Ils ne s’intéressent qu’aux joutes oratoires de la classe politique en périodes électorales. Les folies verbales d’Ousamane Gaoual, les blagues de Bantama Sow, les envolées lyriques de Damaro, les regrets de Dansa Kourouma et les petits jeux de calendrier du président Kebe de la CENI meublent suffisamment le menu audiovisuel de ces lointains compatriotes et sympathisants, côté « Guinée ».

Il ne faut cependant pas croire que ces chroniques ne valent rien. Elles rappellent une époque qu’il ne faut pas oublier ; on l’a dit plus haut. Elles ont en outre, un double rôle : encenser et dénigrer. Hier au service de la révolution et contre les opposants de cette époque ; aujourd’hui pour se faire de la place parmi ceux qui « aiment le Président » et haïssent en conséquence les opposants au troisième mandat en cours de négociation anticonstitutionnelle.

Encenser et dénigrer sont deux mots qui cohabitent depuis longtemps en Guinée. Ils se tiennent en très bonne compagnie dans ces chroniques mais sont en très mauvaise compagnie avec le chroniqueur. Celui-ci est un journaliste célèbre et ancien. Il a vu passer beaucoup d’évènements majeurs de ce pays en compagnie d’autres journalistes célèbres aujourd’hui disparus. On se souvient qu’il fit un court passage à la Présidence de la République sous le régime du General Lansana Conté. On attendrait de lui qu’il dise beaucoup de choses intéressantes aux jeunes et moins jeunes. Par exemple – c’est une suggestion – il pourrait élaborer un lexique des radios et journaux guinéens depuis l’indépendance, écrire le dictionnaire biographique des grands journalistes de Guinée. Il pourrait même réaliser un inventaire de tous les articles de presse parus dans ce pays depuis 1958.

Au hasard des bons souvenirs que réveillent ses chroniques, le Chroniqueur pourrait parler de Sékou Touré, Emile Tompapa, Fodé Cissé, Barry Mamadou, Elhadj Abdoulaye Poredaka, Pathé Diallo, Kabine Kouyaté, Mariama Kankalabe, Mariama Dubreka, Justin Morel Junior, Boubacar Yacine Diallo, Ibrahima Barry, Aissatou Béla Diallo, Diomandé, Souleymane, le Gros Lynx, héros guinéen de la Liberté de la Presse, William Sassine, Bah Lamine, le yettee Bah foineur, Thierno Diaka Souaré, Fode Tass Sylla, Yamoussa Sidibé, Ibrahima Ahmed Barry, Alpha Abdoulaye Diallo, le jeune Lamine Guirassy, Modi Sory Barry… Le Chroniqueur pourrait réaliser ces travaux en mettant un peu de logique historique et démographique dans cette liste du reste incomplète et en terminant plus longuement par la biographie très riche d’un certain Ansoumane Bangoura.

Voilà ce que la Guinée entière attend des hommes célèbres comme ce chroniqueur de la Révolution, de l’épopée du CMRN et maintenant du pouvoir arc-en-ciel. De cette manière il aurait mieux aimé le Président, pourrait obtenir le pardon des opposants et bénéficier des bénédictions du peuple mobilisé de Guinée. Il aurait ainsi réussi une reconversion moins douloureuse que les autres et porteuse de changement révolutionnaire. Une sorte de modèle de mutation à ne pas manquer devant les générations montantes. Vive la chronique assassine.

Par Amadou Lamarana Diallo, Sociologue et démographe

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INTELLIGENTSIA GUINÉENNE : Rendez-vous au musée de l’incompétence

13 novembre 2019 à 9 09 12 111211
Amadou Lamarana Diallo

Libre Opinion : L’incompétence serait-elle si répandue en Guinée qu’il y aurait nécessité étatique de créer un musée pour recevoir les incompétents ? C’est un ministre de la République qui vient de confirmer aux guinéens qu’il en est ainsi dans un discours prononcé à Kérouané, en Haute Guinée.

Les guinéens ont le droit de savoir où se trouve ce reliquaire unique en Afrique et dans le monde. L’auteur de cette information ne peut refuser de leur montrer ce monument dédié au culte sublime de leur médiocrité. Qu’il se gêne de le faire ou pas, l’Assemblée Nationale a le devoir d’expliquer d’urgence quand est-ce elle aurait voté une loi portant création d’un musée de l’incompétence. En plus, les guinéens voudraient savoir combien de leurs devanciers feraient déjà partie des reliques logées dans ce musée. Ils veulent voir affichés à sa porte, les noms de ces héros aux héroïsmes oubliés. Ça fait une urgence de deuxième ordre pour les honorables députés par ailleurs pressés de quitter l’hémicycle, sans avoir pu faire taire par une loi, les discours du mépris et de la haine.

Ce célèbre discours de Kérouané vient des Affaires Présidentielles ajouter un concept nouveau au dictionnaire politique guinéen. Celui-ci s’enrichit tous les jours de mots caustiques inventés à la faveur des contextes électoraux. La liste commence à s’allonger. Avant-hier ce furent le mythe maléfique de l’eau empoisonnée puis le Manden Djallon suivi de l’odyssée vers la Somalie ; hier c’était l’année sabbatique d’un chef de mouvance parlementaire et très récemment ce fut le coma politique attribué à un notable de l’arène nationale par un jeune Ministre. On dirait que les fautes lourdes du début du siècle n’ont pas fini de hanter les esprits de ce pays arc-en-ciel maintenant « doté » d’un musée de l’incompétence !

Chacun dit ce qu’il veut en direction de n’importe qui avec des mots choisis pour embêter les guinéens qui en ont déjà les oreilles pleines et la conscience saturée.

Même ceux qui ont confirmé lire Paul Valery et savoir tout de son opinion sur la réussite et l’égoïsme humains, lancent n’importe quoi en direction des aînés. C’est la valse des mots durs pour faire mal, rabaisser les célébrités et doyens politiques du pays en divisant les guinéens. Chacun y va de ses coups de marteaux sur la tête rasée de ses adversaires considérés à tort comme des ennemis à abattre. La guerre des mots rebondit avec intensité. Le vocabulaire de la violence verbale revient assombrir le champ sociopolitique en embrouillant les opinions.

Les populations sont confuses. Au lieu d’un débat responsable vers le consensus national attendu comme toujours et partout, des élites, on va tout droit vers la culture des jugements de valeurs. Or dans le Saint Coran, Dieu dit « ne vous jugez pas ». Cela peut vouloir dire, entre autres, que chacun soit modeste de ses œuvres et respecte celles de son prochain. Tout discours contraire serait une faute lourde punie d’un séjour indéterminé dans l’Enfer. Là-bas, à l’au-delà, très loin de l’unique musée de l’incompétence encore connu sur la croûte terrestre.

L’autre faute lourde est celle de déformer l’histoire. On l’a dit à Kérouané ; on se serait même insurgé contre ce genre de faute courante en Guinée et de laquelle devraient s’éloigner les jeunes âmes. Toutefois on a failli la commettre. En effet on n’a pas déformé l’histoire mais on a nié qu’une proto-démocratie multipartite a eu le mérite d’exister, ici, avant l’indépendance de la Guinée. On a volontairement omis que d’elle, émergea l’idée consensuelle de réclamer sans atermoiements l’indépendance en 1958. On n’a pas déformé l’histoire mais on n’a eu l’air de nier que la démocratie actuelle fonctionne sur la base d’un arsenal de textes élaborés par le régime du Général Lansana Conté. On n’a pas déformé l’histoire mais on a astucieusement et simplement enterré les votes et législatures passés en enjambant de façon athlétique des pans entiers de l’histoire nationale y compris l’étape si glorieuse du Conseil national de la Transition. Le discours semblait dire que son auteur et ses partisans sont les « pères » de la démocratie guinéenne. Historiquement c’est faux ! Ç’aurait été utile et bon de le dire aux jeunes mobilisés à Kérouané.

L’autre faute lourde est qu’on n’arrive plus à distinguer certains ministres des leaders politiques. Sur ce plan, l’auteur du discours de Kérouané pourrait bénéficier de la présomption d’innocence en tant que vice-leader resté longtemps seul aux commandes de sa formation politique. En jouant trop le rôle de son chef resté plusieurs années hors du pays, il a acquis par télépathie miraculeuse la culture hargneuse d’opposant historique. Il en a une pratique excellente. Souvent certains de ses collègues du Gouvernement tentent de le singer avec l’infortune d’être particulièrement maladroits. Ils en ont tous les mots du vocabulaire ; mais il leur manque l’élégance des gestes.

Tout se passe comme si à chaque fois que le pays s’enfonce dans les difficultés économiques et les crises sociales, le vocabulaire politico-stratégique se rue sur les plus célèbres des leaders politiques et syndicaux pour en faire les boucs émissaires de tous les maux du pays. Aussi s’organise – t – on pour aller dans l’hinterland profond se répandre en confidences assassines aux oreilles des populations pour les opposer aux opposants. Les guinéens ne sont pas dupes. Ils ont visiblement marre de cette histoire à répétition. Il suffit d’écouter leurs réactions innocentes et impuissantes dans maintes émissions interactives des radios privées et dans les conversations intimes des pistes rurales et des salons. Cette clameur des guinéens d’en bas monte au quotidien des profondeurs sociales, rappeler qu’il est temps d’élever le niveau des débats pour en sortir une Guinée plus forte parce que réconciliée avec elle – même et avec les discours décents.

Tout semble contredire le Premier Ministre, Kassory Fofana qui, encouragé par son Patron, a eu un regain de bravoure politique et de courage physique en reprenant, après une longue hibernation, le flambeau du dialogue des sourds pudiquement appelé consultations nationales. Là aussi, on n’a pas été loin d’un échange de vocabulaire dans cette Guinée où on parle beaucoup en disant toujours la même chose souvent dans une volonté hardie de heurter l’autre ou les autres. On saura bientôt si ces consultations ont produit quelque chose de différent par rapport à tout ce qui a été dit et entendu jusqu’à maintenant. A cet égard, c’est la suite donnée au rapport attendu qui sera plus intéressant. Et si jamais une certaine expression vient, en deux mots, largement mal aimés chez les guinéens, rompre le mutisme longtemps entretenu en haut-lieu, l’atmosphère sociopolitique pourrait changer soudain de panorama ! Par le biais de palabres plus fertiles en mots caustiques et toxiques sur une éventuelle prolongation de plus ou de trop.

Pendant que le territoire de la Guinée se transforme progressivement en pré-esplanade de jugement dernier, il est très rassurant que Monsieur le Ministre de la Défense ait conclu son discours pamphlétaire par ces mots destinés aux oreilles de tous les guinéens : « Alors n’ayez crainte d’exprimer vos opinions. Vous avez le droit de le faire, librement, partout en Guinée ».

Par Amadou Lamarana Diallo, Sociologue et démographe

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