La phase d’élaboration du projet : « Gestion Intégrée des Ressources Naturelles et en Eau du Bassin-versant du Corubal » a été officiellement lancée ce jeudi, 5 août 2021, à Conakry.  Un atelier organisé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) se tient à cet effet dans la capitale guinéenne. Il regroupe une cinquantaine de cadres et d’experts venus de la Guinée et de la Guinée Bissau, qui vont plancher pendant trois jours sur l’élaboration de cet important projet, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Cette rencontre de Conakry fait suite à l’approbation du projet par le 59ème Conseil du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et les gouvernements de la Guinée et de la Guinée Bissau. Selon Aliou Faye, directeur régional de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’objectif de ces travaux est d’amener les participants à s’entendre sur les étapes de l’élaboration des documents du projet.

Aliou Faye, directeur régional de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)

« Il y a eu un concept de projet qui a été accepté par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Maintenant, le Fonds a mis à la disposition de l’UICN les ressources nécessaires pour développer le projet détaillé en rapport avec les deux pays concernés, l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) étant l’agent d’exécution. Et, à la fin des travaux, on s’attend à l’adoption du plan de rédaction du document avec les grandes lignes, les objectifs et les résultats, mais aussi à l’identification des partenaires et leur rôle », a indiqué M. Faye.

Le directeur régional de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dit espérer que ledit document sera soumis dans un délai de 6 mois et qu’il sera adopté par la réunion du secrétariat exécutif du FEM dans moins d’une année. Ce qui permettra le démarrage du projet qui est prévu pour 4 ans. Ce projet sera financé par le Fonds de l’Environnement Mondial (FEM) sous la fenêtre « Eaux internationales » à hauteur de 6.300.000 dollars et devrait mobiliser 26.149.000 dollars de cofinancement.

Il concerne l’ensemble du bassin versant du Corubal, c’est-à-dire une partie du nord-ouest de la Guinée, notamment les régions de Labé et de Boké, et une partie de l’est, du centre et de l’ouest de la Guinée Bissau. Son objectif général est d’assurer l’utilisation intégrée et durable des ressources naturelles et hydriques dans le bassin du Corubal grâce à une coopération transfrontalière et une gouvernance renforcée. Un projet qui revêt une grande importance pour les deux pays concernés, selon le directeur général de l’institut de la biodiversité et les espaces protégés de la Guinée Bissau.

Justino Biai, DG de l’institut de la biodiversité et les espaces protégés de la Guinée Bissau

« Quand on parle de l’eau, on parle de la biodiversité, du développement humain, de la communauté humaine, etc. Cela veut dire qu’on a une ressource qui est celle de l’eau du fleuve Corubal qui est partagée. Sa source, c’est en Guinée, mais ce fleuve parcourt la Guinée et arrive en Guinée Bissau. Donc, il fallait qu’on arrive à planifier quelque chose ensemble pour qu’on puisse valoriser cette ressource afin qu’elle serve tant la Guinée que la Guinée Bissau », a dit Justino Biai.

Ahmadou Sébory Touré, DG du Fonds de Sauvegarde de l’Environnement et point focal opérationnel du Fonds pour l’environnement mondial

Ce projet tient aussi à cœur les autorités de Conakry. Car selon le représentant du ministère guinéen de l’Environnement à la cérémonie d’ouverture de cet atelier, l’eau sera au centre des préoccupations dans les prochaines décennies. « On a encore 6 mois pour finaliser le document de ce projet et le soumettre à l’endossement du Fonds pour l’environnement mondial. Les grands enjeux des prochaines décennies se feront autour de l’eau. Si on parle aujourd’hui de déplacés pour des raisons économiques, on parlera de déplacés climatiques.

La Guinée étant donc le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, encore une fois, il ne suffit pas d’avoir la ressource, mais faudra-t-il savoir la gérer et la partager. C’est dans ce cadre de coopération, avec la République sœur de la Guinée Bissau, que ce projet a été initié grâce à l’expertise de l’UICN et un financement du Fonds de l’environnement mondial pour nos deux pays dans le domaine focal des eaux internationales », a dit Ahmadou Sébory Touré, directeur général du Fonds de sauvegarde de l’environnement et point focal opérationnel du Fonds pour l’environnement mondial.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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