Moustapha Camara, marchand ambulant, est l’une des nombreuses personnes (des responsables et des militants de l’opposition) arrêtées lors de la crise post-électorale d’octobre 2020. Cet homme de 40 ans, originaire du district de Niagara, dans la préfecture de Mamou, est détenu depuis dix mois sans jugement à la maison centrale de Conakry. Une situation qui laisse sa famille entre galère et inquiétude, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est le dimanche, 25 octobre 2020, que Moustapha Camara a été arrêté par la police au quartier Sonfonia, dans la commune de Ratoma. Selon Ibrahima Diallo, son beau-père, c’est sur le chemin de la mosquée qu’il a été interpellé par la police.

Ibrahima Diallo, beau-père de Moustapha Camara

« Ce jour-là, après avoir fait ses ablutions, il se rendait à la mosquée pour la prière de 14 heures. C’est ainsi qu’il a rencontré des policiers dans leur pick-up.  Ils l’ont pourchassé avec leur véhicule jusqu’à ce qu’il soit tombé et ils sont descendus pour l’arrêter. On l’a envoyé d’abord à la direction centrale de la police judiciaire où il est resté une semaine. Après, on l’a placé sous mandat à la maison centrale de Conakry, le 3 novembre 2020. Depuis cette date, on est passés par tous les moyens pour obtenir sa libération, mais sans succès. Jusqu’à présent, il est en prison », a-t-il regretté.

La détention de Moustapha Camara est un vrai coup dur pour sa famille, particulièrement son épouse et ses cinq enfants (2 filles et 3 garçons). Pourtant, les accusations portées contre lui ne lui ressemblent nullement pas, assure son beau-père, qui exhorte les autorités guinéennes à libérer ce père de famille. « Ses parents que nous sommes, sa femme, ses enfants, nous ne savons plus à quel Saint se vouer. Nous vivons dans l’inquiétude totale.

La dépense de sa famille, le loyer, l’éducation de ses enfants, c’est lui qui s’en chargeait. Maintenant, il est en prison. Donc, nous traversons d’énormes difficultés à cause de sa détention. C’est pourquoi, je demande aux autorités de nous aider à libérer Moustapha Camara. J’ai appris qu’ils ont dit que c’est lui qui finance les enfants pour qu’ils jettent des cailloux sur la route. Mais où un marchand ambulant peut enlever de l’argent pour financer des jeunes ?


Il n’a pas ces moyens et il n’est pas non plus de ce caractère. C’est un sage, il n’est pas violent. Tous les gens qui l’on pratiqué savent que Moustapha Camara n’est pas un homme violent. C’est un fervent musulman, un homme pieux, qui n’a jamais prôné la violence. Et c’est quelqu’un qui est honnête. Donc, nous prions les autorités de le libérer pour qu’il puisse retrouver sa famille et s’occuper de l’éducation de ses enfants », sollicite Ibrahima Diallo.

Il y a quelques mois, Moustapha Camara et plusieurs dizaines d’autres responsables et militants de l’opposition ont été renvoyés devant le tribunal de première instance de Dixinn. Mais, leur procès tarde jusque-là à s’ouvrir.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com


Tel: 620 589 527/664 413 227

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