Elhadj Safioulahi Bah, préfet de Labé

Le préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah, dénonce avec la dernière énergie la Direction Nationale des Impôts (DNI) qui a pris l’initiative de retirer à la préfecture la mission régalienne de recouvrement des impôts partagés, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Depuis pratiquement 2 ans, le recouvrement de la taxe unique sur les véhicules (TUV), la contribution foncière unique (CFU) et la patente des gros contribuables évoluant à l’intérieur du pays est effectué à Conakry par la Direction Nationale des Impôts (DNI).

« Une entreprise implantée à un endroit donné ne doit pas payer sa taxe ailleurs. J’ai écrit. Je me suis déplacé. Je crois que ça commence à aller » proteste le préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah qui voit les stations d’essence de sa préfecture payer leurs taxes à Conakry : « ce n’est pas normal » insiste-t-il.

Avec cette nouvelle mesure injustifiée et injustifiable, on assiste à une baisse sensible des recettes fiscales dans les préfectures et commune de l’intérieur du pays.

« C’est la croix et la bannière pour récupérer ce qui nous revient de droit » ajoute le préfet de Labé.

Un contrôleur financier en service à Labé précise que c’est à Labé de verser des ristournes à Conakry et non l’inverse.

C’est pourquoi, Elhadj Safioulahi Bah sollicite l’appui du gouverneur de la Région Administrative (RA) de Labé, Elhadj Madifing Diané pour faire corriger cette injustice infligée aux services déconcentrés de l’Etat.

Surpris par cette information reçue de son préfet, le gouverneur de région Elhadj Madifing Diané a promis de se déployer pour rendre à césar ce qui appartient à césar.

En attendant, on est en droit de se demander ce qui motive réellement les cadres de la Direction Nationale des Impôts (DNI) ? Car, cette option prise par ces techniciens du budget est en porte-à-faux avec la politique nationale de décentralisation et de la déconcentration prôné par le gouvernement de la République. En ce sens que cette politique consiste en un transfert de compétences et de moyens à la base. Or, avec cette asphyxie programmée des administrations locales, les résultats escomptés ne seront jamais atteints.

Comment comprendre aussi, aujourd’hui, que des hauts commis de l’Etat mettent en route une initiative visant à décrédibiliser les services techniques déconcentrés des impôts dans les préfectures ? Par ce fait, ces cadres des impôts aux niveaux régional et préfectoral sont mis aux chômages techniques alors qu’ils continuent d’émarger à la Fonction Publique pour un travail désormais confié à un privé (surtout en ce qui concerne la TUV), sous le prétexte de la sécurisation des recettes fiscales en République de Guinée. Comme si on ne pouvait pas rendre efficace le contrôle interne pour sanctionner les cadres véreux.

Il est aussi à déplorer que l’Etat guinéen privilégie une société de téléphonie mobile privée contre des commissions au détriment de ses fonctionnaires, en matière de recouvrement de la taxe unique sur les véhicules (TUV).

Ne pouvait-il pas utiliser ces commissions pour encourager ces commis postés à l’intérieur du pays à mieux faire leur travail pour lequel ils sont payés sur le dos du contribuable guinéen ? En tout cas, sous d’autres cieux, ceux qui font bien leurs boulots sont légalement motivés.

Mais, l’on se rappelle que notre regretté Williams Sassine écrivait dans ses chroniques assassines que « la Guinée est entièrement à part ».

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin