Une semaine après son meurtre, c’est toujours avec beaucoup d’émotions que nous parlons des circonstances de la mort de notre fils, Amadou Boukariou Baldé.

Après notre première déclaration, nous vous informons que la famille avait demandé à faire l’autopsie avant l’enterrement, le lundi 03 juin 2019, au cimetière de DEMOUDOULA à Bantounka 1.

Pour votre information, la famille sait que cette même autopsie a été requise par le ministère de l’Enseignement supérieur. Nous espérons que cette démarche s’inscrit dans la logique de la promesse du Ministre Abdoulaye Yéro Baldé de faire la lumière sur cet évènement tragique. Ce à quoi la famille l’encourage.

Coups violents et répétés ayant entraîné la mort de l’étudiant

A son 26ème jour de jeûne, Amadou sortait d’une évaluation et s’apprêtait à regagner sa résidence, selon le chef du département Informatique de l’Université de Labé, venu nous présenter ses condoléances. Au portail, il semble avoir été l’une des premières personnes rencontrées par les furieux agents de la sécurité qui venaient de faire leur entrée. Requise par les autorités régionales, cette intervention n’a pas semblé privilégier un retour au calme. Une violence inouïe sera exercée sur plusieurs étudiants. Pour sa part, Amadou sera roué de coups, après avoir inhalé une forte quantité de gaz lacrymogène. Le rapport d’autopsie révèle qu’il a reçu de violents coups sur plusieurs parties de sa tête et sur ses mains. Laissé pour mort, il sera évacué par des étudiants sur une moto pour le centre de santé de Hafia.

Non-assistance à personne en danger

A en croire plusieurs témoignages concordants, les responsables de l’université de Labé ont été sourds aux plaidoiries des étudiants qui tenaient à sauver leur camarade. Le rapport d’autopsie confirme que notre fils n’a pas été évacué à temps dans une structure sanitaire adéquate qui aurait pu le sauver. Ce n’est qu’après plusieurs menaces que les autorités universitaires leur ont finalement prêté une voiture pour le conduire à l’hôpital régional de Labé, tout en continuant leur réunion.

Comportement mercantiliste et inhumain de l’hôpital régional de Labé

Après avoir appris la mauvaise nouvelle, la famille a pu mobiliser certains proches à Labé. Le cas d’une femme venue au secours de notre fils est illustratif du respect de la déontologie des médecins trouvés sur place. Ces derniers ont exigé le paiement de leur prestation avant de daigner tendre l’ordonnance à la bonne dame. Elle tenait à avoir l’ordonnance, payer le médicament avec le peu d’argent qu’elle avait sur place avant de payer leur prestation. Un retard qui a participé à l’amenuisement des chances de survie de la victime…

Le rapport d’autopsie dont qu’il est question aujourd’hui est formel : il a été tué par un objet contondant ! Il a reçu plusieurs coups à plusieurs niveaux. Il a essayé de se protéger par ses mains et il n’a pas été évacué à temps…

Extrait du rapport médico-légal réalisé par le médecin légiste, Professeur Hassane Bah : « L’autopsie a mis en évidence un traumatisme cranio-encéphalique et facial associant :

  • Un hématome fronto-temporal droite, une hémorragie sous conjonctivale bulbaire droite et otorragie gauche
  • Une infiltration hémorragique de la face interne de la région fronto-temporale gauche et frontale droite ;
  • Une plaie hémorragique circulaire au niveau du poignet (lésion de défense).
  • Une ecchymose au niveau du scrotum.

Ces lésions ont été provoquées par des objets contondants donnés à trois endroits différents. Le traumatisme temporal a entrainé une hémorragie méningée avec formation d’un hématome extra-dural d’installation progressive et responsable de la mort par engagement bulbaire et arrêt respiratoire.

L’état du malade nécessitait une prise en charge urgente dans un service de neurochirurgie qui aurait probablement permis de le sauver.

CONCLUSION :

L’autopsie médico-légale réalisée le 03 juin 2019, du corps de monsieur Amadou Boukariou Baldé permet les conclusions suivantes :

  • Cause du décès : traumatisme cranio encéphalique avec engament bulbaire et arrêt respiratoire.
  • Mode décès : compatible avec une mort violente par objets contondants ».

Je vous remercie

Pour la famille

Abdourahmane Baldé, oncle de la victime

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Guineematin