Dans le souci de créer un environnement favorable au développement des PME (petites et moyennes entreprises) à travers le contenu local en Guinée, la bourse de sous-traitance et de partenariats (BSTP), en collaboration avec le ministère des mines et de la géologie, la chambre des mines, la société financière internationale (IFC) du groupe de la banque mondiale et la banque africaine de développement (BAD), a organisé ce Lundi, 24 juin 2019, un « atelier sur les standards, normes et prérequis de la sous-traitance minière ».

La démarche vise à réunir l’Etat, les sociétés minières, les entreprises locales, les institutions financières et les partenaires au développement de la Guinée dans une même salle afin d’échanger et faciliter l’accès aux opportunités des PME locales, en agissant sur le déficit de l’information, la qualification des prestations, le renforcement des capacités et l’accès au financement, a appris un journaliste de Guineematin.com qui était à cette rencontre d’échange.

Cet atelier d’une journée s’est tenu dans un réceptif hôtelier à Conakry. Il a été présidé par Abdoulaye Magassouba, le ministre guinéen des mines et de la géologie. Il a mobilisé les sociétés minières, les institutions financières et un échantillon significatif et représentatif d’entreprises locales. Son objectif est surtout de permettre aux entreprises locales de mieux appréhender les opportunités d’affaires qui existent dans le secteur des mines, mais aussi de comprendre les standards, les normes et les prérequis à atteindre pour bénéficier des contrats miniers.

Pour cette première édition, quatre secteurs à fort potentiel de sous-traitance minière ont été choisis. Il s’agit des services de construction et de vente de matériaux de construction ; les services logistiques, distribution et transport ; les services professionnels et les services de restauration et fourniture de denrées alimentaires.

Pour le directeur général de la BSTP, Ibrahima ABE Diallo, les résultats de cette journée vont orienter et influencer les différentes stratégies qui seront mise en œuvre par la bourse pour renforcer les capacités des entreprises locales et accroitre le nombre d’entreprises qualifiées en Guinée.

« Lors de cette importante journée, les sociétés minières, partenaires de cette activité, expliqueront aux entreprises locales en détails les standards, normes et prérequis pour obtenir des contrats, mais aussi les défis à relever par les PME pour améliorer leurs compétitivités. Les différents types d’appels d’offres seront passés en revue ainsi que les différents critères de sélection… Je profite d’ailleurs de cette occasion pour solliciter d’avantage l’engagement des sociétés minières, partenaires au développement et toutes les institutions soutenant la mise à niveau des PME dans l’exécution du plan d’action qui sortira de cet atelier…

Aux entreprises locales, cet atelier est non seulement l’occasion pour vous d’échanger avec les sociétés minières et institutions financières, mais c’est aussi l’occasion de s’auto mesurer et mettre en place des plans de renforcement de capacités en interne qui vous permettront d’être plus compétitives », a indiqué Ibrahima ABE Diallo, tout en précisant que dans sa dimension stratégique, cet atelier est une occasion de discuter des défis d’accès au financement.

Des études réalisées sur le contenu local par les cabinets KAISER et DAI (sous l’égide du ministère des mines et de la géologie), ont mis en évidence la propension des sociétés minières à travailler avec les entreprises locales. Cependant, ces études révèlent aussi les préoccupations des sociétés minières face à l’aptitude des PME locales à répondre valablement aux exigences desdites sociétés. Mais, assure Malick N’Diaye, le président de la chambre des mines, la Guinée et ses partenaires disposent désormais d’un outil (la BSTP) qui permettra de disposer des informations au niveau de chaque entreprise locale.

« La mise en place de la bourse de sous-traitance et de partenariats de manière inclusive concrétise la vision commune que partagent la chambre des mines, le gouvernement, le secteur minier et les partenaires au développement. Cette bourse permet de contrôler le manque d’information qui existait, tout en offrant un outil qui facilite la mise en œuvre de notre stratégie de contenu local, basée sur le partenariat entre les entreprises locales. Au-delà, elle nous permet d’avoir accès à des entreprises formées, qualifiées et prêtes à répondre aux critères et standards internationaux.

Avant la création de la BSTP, nous n’avions pas un outil pour mesurer la performance de l’utilisation des entreprises locales… Maintenant, nous avons un outil qui nous permettra d’une part de disposer des informations au niveau de chaque entreprise, mais surtout de mettre en lumière les défis auxquels font face les entreprises locales, afin que tous ensemble nous puissions travailler à améliorer l’accès des PME aux marchés des entreprises minières », a expliqué Malick N’Diaye.

Abondant dans le même sens, le représentant résidant de la société financière internationale (IFC), Saramory Kampo, soutient que la BSTP est une opportunité de coordination unique entre le secteur privé, les pouvoirs publics et l’économie locale ; avec à la clé la possibilité de décupler les gains au profit de l’intérêt général. « Il est ainsi important pour les entreprises locales qui travaillent avec les industries extractives de développer des compétences qui leur permettront de bénéficier des opportunités disponibles sur le marché », a dit Saramory Kampo.

Avec la BSTP, poursuit le représentant résidant de l’IFC, « les compagnies minières et autres multinationales pourront dorénavant accroitre les impacts directs et indirects de leurs investissements sur l’économie guinéenne en général et sur les communautés locales en particulier ».

Au nom du gouvernement guinéen, Abdoulaye Magassouba, le ministre des mines et de la géologie, a remercié les PME « pour leur forte mobilisation » et les sociétés minières « pour leur forte implication dans la préparation et la tenue de cet atelier ».

Abdoulaye Magassouba a ensuite indiqué que le présent atelier s’inscrit dans le cadre global de la politique de développement portée depuis 2011 par le président Alpha Condé, pour l’amélioration des conditions de vie des guinéens.

« Dans le cadre des réformes engagées dans le secteur minier, l’objectif a été d’attirer plus d’investissements, notamment l’investissement direct étranger. Mais, au-delà de cet investissement direct étranger, le souci fondamental du chef de l’Etat a été que de façon ultime, cet investissement puisse bénéficier à l’ensemble des populations guinéennes et en particulier les acteurs directement impliqués dans le développement du secteur minier. C’est pourquoi, en plus des dispositions du code minier garantissant la promotion du contenu local, il a été adopté une lettre de politique de promotion du contenu local au niveau national mais aussi au niveau du secteur des mines…

C’est pourquoi, le gouvernement, à travers le ministère des mines, a engagé une étude pour identifier les freins au contenu local dans le secteur minier. Et, parmi les freins identifiés, nous pouvons citer entre autres : l’accès au financement, les problèmes de capacité au niveau des PME et bien sûr la question de la transparence dans l’octroi des marchés… C’est pourquoi, l’initiative a été prise par la BSTP d’organiser cet atelier. Il s’agit pour les société minières d’expliquer clairement les exigences pour accéder aux marchés qu’elles rendent disponibles.

Il s’agit aussi pour les entreprises locales de pouvoir s’informer d’abord, ensuite identifier par cette information leurs insuffisances ; et, ensemble que tous les acteurs puissent convenir d’un plan d’action pour l’amélioration des capacités pour combler les gaps identifiés… Les sociétés doivent avoir leurs standards en place, mais s’assurer du rôle qu’elles vont jouer afin que les entreprises locales accèdent facilement au marchés, sans bien sûr altérer les bases commerciales de leurs opérations…

Cet atelier ne se mesurera pas à la fin de la journée d’aujourd’hui, mais il se mesurera au fil des mois à venir par le nombre d’entreprises locales ayant accédées à des opportunités, par le volume des affaires que ces entreprises ont eu accès », a dit le ministre des mines et de la géologie.

A noter que la BSTP est une plateforme créée pour faciliter l’accès aux informations sur les appels d’offres émis par les compagnies minières et les offres de renforcement de capacité ; faciliter l’accès aux financements ; encourager et faciliter la création de partenariats et offrir la possibilité aux fournisseurs locaux de mieux présenter et vendre leurs produits et services aux compagnies minières.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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