Avec les performances réalisées par le Horoya AC en Ligue Africaine des Champions de football, la Guinée passe de deux à quatre clubs représentants dans la compétition africaine des clubs. Une bonne nouvelle pour le football guinéen qui peine à renaitre de ses cendres après la glorieuse épopée des années 1970 avec les performances du Hafia FC et du Sily National.

Le seul hic est que notre pays ne dispose que du très vieillissant stade du 28 septembre pour recevoir les quatre clubs africains qui doivent en découdre avec leurs homologues guinéens, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ces dernières années, le Horoya est parvenu à se hisser en quarts de finale de la ligue africaine des champions de football. Ce qui fait que la Guinée a progressé dans l’indice de la Confédération Africaine de Football (CAF) avec quatre clubs qui prennent part aux compétitions africaines qui ont déjà débuté.

En effet, les matches aller du tour préliminaire se sont disputés le weekend du 09, 10 et 11 août 2019. En Ligue des champions, le Hafia FC a dominé l’Etoile du Sahel de la Tunisie par 2-1. Le Horoya est allé accrocher le Stade Malien à Bamako (1-1). En coupe de la CAF, le Santoba a gagné en déplacement au Nigéria face à Tornadoes (2-1). Le Club Industriel Kamsar s’est lourdement incliné en Algérie face à Paradou AC (3-0).

Dans moins de dix 10 jours, le Horoya AC, le CIK et le Santoba devront accueillir leurs adversaires à Conakry dans le cadre des matches retour qui vont s’étaler sur trois jours. Le stade du 28 septembre, qui ressemble à un champ de patate à cette saison pluvieuse, est le seul stade disponible pour recevoir ces 3 matches. Un espace peu propice à la pratique du football.

D’ailleurs, des spécialistes du football guinéen n’ont pas manqué de dénoncer la vétusté de ce stade. « Ce stade doit aujourd’hui aller au musée. Il ne doit plus abriter une rencontre internationale. Il faut qu’on ait le courage de le dire. D’ailleurs, il faut sonner l’alerte. Le stade du 28 septembre est de 1964. Quelle est aujourd’hui la résistance des matériaux de ce stade ? On est entrain d’aller là, de se mettre à danser, chanter et tout. Il faut faire venir les Russes pour qu’ils vérifient pour ne pas qu’il y ait un drame humain là-bas. Je regrette, mais le stade du 28 septembre n’est plus dans les normes internationales »

Que dire du stade de Nongo, dont les travaux de finition ne finissent pas ?

Le stade Nongo, d’une capacité d’accueil de 50 019 places, n’est jusqu’à présent pas opérationnel, au grand dam des mordus du cuir rond. Malheureusement, ce joyau architectural, offert à la Guinée depuis 2008 par la Chine, n’est toujours pas mis à la disposition des guinéens, férus de football. Séduit par les promesses d’Antonio Souaré, l’Etat l’a finalement concédé pour un bail de 33 ans à l’entreprise Guinée Business Marketing (GBM) en 2016 avec l’assurance que le peu de travaux qui restaient (parking, toilettes publiques, clôture..) seraient vite bouclés.

Force est de constater que, malgré les multiples promesses et autres déclarations, les travaux ne sont toujours pas achevés. Antonio Souaré et Bantama Sow avaient promis que le dernier match du Syli aux éliminatoires de la CAN 2019 allait se jouer là. Il n’en a rien été. Pire, il fut un moment, le stade avait été transformé en lieux de concerts et de remises de diplômes pour les universités privées de Conakry.

Où sont les terrains synthétiques qui devaient venir de la Chine, promis à la Ligue Guinéenne de Football Professionnelle (LGFP) par Antonio Souaré ?

A l’occasion d’une conférence presse, Antonio Souaré avait annoncé que des discussions étaient en cours pour que la LGFP soit dotée de stade en terrain synthétiques. Ces terrains ne sont jamais venus, peut-être que le chinois est mort avant l’embarquement.

Le seul recours qui reste aujourd’hui, c’est le vieux stade du 28 septembre où le spectacle est rarement à la hauteur du public. La désaffection vis-à-vis du championnat, de la coupe nationale et d’autres compétitions, n’en est que plus visible.

Le football guinéen est malade de ses dirigeants, dont certains sont plus préoccupés à se servir que de servir l’intérêt général. La gestion scabreuse de la CAN 2019 en Egypte, les soupçons de rackets, de corruption et de détournement en sont une parfaite illustration.

Pour un pays qui est dans les starting-blocks pour l’organisation de la CAN de 2025, on a du chemin à parcourir.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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