Après une année scolaire 2018/2019 éreintante, marquée par trois mois de grève et des résultats catastrophiques aux examens nationaux, les élèves sont en pleines vacances. Si d’aucuns profitent pour se remettre en question, les moins nantis passent leur temps dans les marchés pour se faire des sous avant l’ouverture des classes. C’est le cas de nombreux écoliers rencontrés par un reporter de Guineematin.com ce mardi, 27 août 2019, au marché de Kaporo, dans la commune de Ratoma.

Les vacances scolaires ne riment pas avec repos chez certains élèves, obligés de se livrer à certaines activités pour tirer leur épingle du jeu dans une conjoncture pour le moins compliqué. C’est le cas de certains écoliers rencontrés au marché de Kaporo qui proposent divers produits aux passants.

Pour M’Mah Bangoura, en classe de CM 1 (5ème année), c’est pour aider sa maman qu’elle revend des galettes. « Pendant les vacances je revends des galettes pour ma maman parce qu’elle n’a pas les moyens pour subvenir à nos besoins. L’argent que je gagne, c’est pour elle. Je sors à partir de 9h pour vendre les galettes jusqu’à 18 heures. Par jour, je peux gagner jusqu’à 60 mille francs guinéens », dit-elle.

Même son de cloche chez Mory Kpoghomou, âgé de 11 ans, qui aide sa maman en vendant du citron. Le peu d’argent ainsi récolté lui permet de s’acheter une nouvelle tenue scolaire. « Je vends du citron au marché de Kaporo ici pour aider ma maman. C’est elle qui m’a donné pour vendre. Je sors à 9 heures pour finir à 13 heures. L’argent qu’on gagne avec ça, c’est pour acheter une tenue scolaire pour moi », a expliqué le garçonnet.

Mama Salivogui, est pour sa part vendeuse de feuilles de patate à Kaporo marché. Elle pratique cette activité dans l’espoir de s’en sortir plus tard. « Je fais le petit commerce juste pendant les vacances et je le fais pour qu’après avoir fini mes études, si je n’arrive pas à avoir du travail, je peux continuer à exercer ce métier de vendeuse. Ça me permettra d’aider ma famille. Je sors de 8h à 14 h et je peux gagner 50 mille FG par jour ».

De son côté, Saran Camara, élève en classe de CM 1 (5ème année), vendeuse d’aubergine, fait le petit commerce pour aider sa grand-mère. « Je vends des aubergines pendant ces vacances, c’est mon travail actuellement. Je peux gagner par jour 4O à 50 mille francs guinéens. Je le fais pour aider ma grand-mère pour quelle puisse acheter ma tenue à l’ouverture prochaine des classes ».

Tel est le quotidien de ces nombreux enfants, tant à Conakry qu’à l’intérieur de la Guinée, obligés de passer par là pour joindre les deux bouts d’autant plus que la pauvreté gagne du terrain chaque jour un peu plus.

Aissatou Sow pour Guineematin.com

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