Mamasatan Mané, présidente de l’Union Koliba-Gaoual et membre de la fédération des paysans du Fouta Djallon

Malgré une conjoncture pour le moins compliquée, certaines femmes de notre pays parviennent à se frayer un chemin à travers leur engagement dans divers secteurs d’activités. C’est le cas de Mamasatan Mané, présidente de l’Union Koliba-Gaoual et membre de la fédération des paysans du Fouta Djallon. Cette femme leader, qui évolue dans le secteur agricole, a pris part à une rencontre tenue le vendredi, 23 août 2019, à la maison des jeunes de Koumbia, animée par le Projet de Développement Rural Intégré (PDRI), a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ce projet est financé par la Banque Islamique de Développement (BID) et le gouvernement guinéen à hauteur de 22 millions de dollars américains. Il vise à apporter un soutien à la paysannerie locale.

Interrogée par le reporter de Guineematin.com à la sortie de cet entretien, Mamasatan Mané est revenue sur les points débattus au cours de la rencontre. « C’est un projet très longtemps annoncé qui vient de pointer à l’horizon. Nous avons reçu la délégation du Projet de Développement Rural Intégré (PDRI). Ils nous ont demandés plusieurs choses. D’abord, l’espace pour les cultures ; ensuite, les problèmes liés aux travaux. De l’aménagement des terres à la transformation des récoltes en passant par la mise à disposition du matériel agricole aux paysans, des semences sélectives et hâtives, de l’utilisation des engrais, le problème de la pluviométrie, la divagation des animaux et l’inaccessibilité des zones de production …Nous avons parlé de tout cela », a indiqué la responsable de l’union Koliba-Gaoual.

En ce qui concerne les attentes de la paysannerie, Mamasatan Mané espère que l’autosuffisance alimentaire sera une réalité à l’issue de la réalisation des projets financés par la BID. « Nous avons beaucoup d’attentes, mais la principale reste la concrétisation du projet. Il y a longtemps que ce projet a été annoncé. Nous attendons beaucoup de ce projet pour atteindre l’autosuffisance alimentaire », a-t-elle expliqué.

Selon Mamasatan Mané, il existe quatre unions agricoles à Koumbia. Il s’agit de l’Union Koliba-Gaoual, qui comprend 26 groupements ; l’Union Tanda Kâdé, qui compte 33 groupements ; l’Union Coton, qui fédère 56 groupements ; et l’Union Bowé-Badiar, qui couvre en plus des groupements évoluant à Koumbia, d’autres organisations paysannes à travers la préfecture et même au-delà.

Malgré la faiblesse des moyens et l’apport encore insuffisant des acteurs évoluant sur le terrain, les paysans reconnaissent avoir bénéficié d’appuis de la part de certains bailleurs et organisations spécialisées. « Nous avons bénéficié de formations, de voyages d’études et vraiment d’appui, même si beaucoup d’entre nous sont encore dans le besoin », a reconnu Mamasatan Mané.

Abordant la question relative à la cohabitation entre éleveurs-agriculteurs, notre interlocutrice a rappelé la loi Dombia qui indiquait la date de démarrage du labour et la fixation du bétail selon les zones. « Cette loi n’a pas fonctionné, puisqu’il y a des éleveurs qui disposent de plus de mille têtes. Avec cela, tu ne peux pas contrôler leurs mouvements. C’est une chose à revoir. Les cultivateurs devraient respecter le zonage et les éleveurs aussi s’occuper de leurs bêtes. Nous pensons que la clôture des champs est une solution. Mais elle seule, ne suffit pas. Il faut que les paysans respectent le zonage », a conclu la bonne femme.

Il est à souligner que la commune rurale de Koumbia, dans Gaoual, est considérée comme l’un des principaux greniers de la région de Boké. Des cultures vivrières comme le riz, le maïs, le fonio, le mil, le manioc, y sont produites en quantité. A ces cultures vivrières, s’ajoutent celles maraichères et les légumes, des cultures de rente comme les mangues et les oranges qui sont produites et exportées dans les pays voisins comme le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bissau.

De retour de Koumbia, Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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