Les chefs de quartiers des communes de Dixinn et Kaloum (Conakry) viennent de renforcer leurs capacités en matière de prévention des conflits et de prévention de la délinquance. C’était à l’occasion d’un atelier organisé par le projet « Partenaires pour la sécurité en Guinée : la réforme de la police au service des citoyens ». Un projet financé par le Département d’Etat américain et mis en œuvre par le consortium Parteners Global, Coginta et le CECIDE, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cet atelier qui a duré trois jours (du 17 au 19 septembre 2019), a réuni l’ensemble des chefs de quartiers des communes de Dixinn et Kaloum. Selon Justine Neloumngaye, chargée des programmes du projet Partenaires pour la sécurité en Guinée, la réforme de la police au service des citoyens, l’organisation de cet atelier est partie d’un constat qui démontre que les chefs des quartiers sont les plus sollicités en matière de résolution des conflits et de prévention de la délinquance.

Justine Neloumngaye, chargée des programmes du projet Partenaires pour la sécurité

« Cette formation était axée sur résolution des conflits et également la protection des jeunes et les femmes dans les quartiers. Parce que nous avons constaté qu’au niveau des quartiers, les chefs de quartiers sont beaucoup plus sollicités par la population pour répondre aux questions de sécurité ou encore aux problèmes de voisinage. Et, c’est ce qui a donc suscité cela à travers le projet partenaires pour la sécurité en Guinée : la réforme de la police au service des citoyens. Nous venons en appui à ces chefs de quartiers pour leur permettre de répondre aux attentes de la population en matière sécuritaire. Donc, c’est en quelque sorte la prévention qu’il faut, il faut anticiper et venir à la rencontre de ces habitants des quartiers pour leur prodiguer des conseils afin d’éviter de tomber dans la délinquance », a indiqué Justine Neloumngaye.

S’adressant aux bénéficiaires de cette formation, Mohamed Diara Camara, directeur de la garde communale et représentant du ministre l’administration du territoire et de la décentralisation à cette cérémonie, a souligné que la collaboration entre les chefs de quartiers et les services de sécurité est indispensable dans la lutte contre l’insécurité.

Mohamed Diara Camara

« Donc on peut bien faire avec vous, c’est pourquoi la police nationale en tant que telle, ne peut rien faire sans vraiment les communautés. Elle ne peut rien faire parce qu’on dit la sécurité pour tous. Les habillements de la police viennent du contribuable guinéen. Ce n’est pas de leur gré, ce n’est pas leur volonté de vous faire du mal dans l’exercice de leur fonction. Nous, quand il est nécessaire de venir, on vient, on vous encadre et on vous appuie. Donc c’est cette idée qui fait que ce projet s’inscrit dans un cadre de l’ancrage local et communautaire, parce que vous porterez une double casquette : vous êtes non seulement des agents de l’Etat mais aussi des autorités exécutives locales. Vous exécutez toutes les actions de l’Etat mais encore celles programmées par les communes. C’est pourquoi, l’Etat et les partenaires ne peuvent rien faire sans vous. C’est à vous donc de jouer pleinement votre rôle », a-t-il lancé.

secrétaire général de la commune de Kaloum, Djély Mory Dioubaté,

Egalement présents à la cérémonie, les secrétaires généraux des communes concernées n’ont pas manqué de saluer l’initiative et exprimer certaines préoccupations. Pour le secrétaire général de la commune de Kaloum, Djély Mory Dioubaté, « cette formation est la bienvenue parce qu’en Guinée, la situation dans les quartiers, c’est vraiment préoccupant. Quand je prends par exemple les quartiers de la commune de Kaloum, dans les débarcadères à Boulbinet et de Coronthie, nous avons vraiment des problèmes avec les jeunes qui consomment le chanvre indien. Ensuite, il y avait des braquages là-bas. Mais, depuis la mise place du conseil du cadre de sécurité et de prévention de délinquance, on a monté des plans de sécurité au niveau de ces deux lieux au service des citoyens. Au jour d’aujourd’hui, on a un peu la paix par rapport à ça », a-t-il fait savoir.

Kadiatou Diallo, secrétaire générale de la commune de Dixinn

De son côté, la secrétaire générale de la commune de Dixinn, Kadiatou Diallo, a indiqué que « pour résoudre les problèmes d’insécurité et de la délinquance, de vente de drogue ou de consommation, il faut impliquer les chefs de quartiers qui sont en étroite collaboration avec les citoyens à la base. Chez moi par exemple, dans la commune de Dixinn, les chefs de quartiers sont en train de faire un travail très pointu avec les agents de sécurité, la police de proximité. Ils sont en train d’identifier des points noirs là où se trouvent des nids des bandits et consommation de drogue. Certes, Dixinn n’a pas assez de problèmes de ce genre, mais ça existe toujours dans les communes. Donc je pense que cette formation est vraiment la bienvenue. Ça va permettre de créer des stratégies et des moyens de lutte contre le fléau, mais aussi de prévention de la délinquance ».

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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