Réunis dans un premier temps au sein d’une coordination nationale, les enseignants ayant donné cours lors de la dernière grève du SLECG dirigé par Aboubacar Soumah ont pris finalement des chemins différents. Offusqués par les propos et actions de leurs amis, certains d’entre eux se sont retirés du mouvement pour mettre en place une nouvelle structure dénommée Collectif des Enseignants Contractuels issus de l’ISEGG et des ENI (CECIE).

Au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com hier, mardi 05 novembre 2019, Ibrahima Sadio Sow, le chargé de communication de ce collectif, est revenu sur la naissance de cette structure et le combat qu’elle mène pour l’intégration de ses membres à la fonction publique.

Décryptage !

Guineematin.com : qu’est-ce qui vous a motivé à quitter la coordination nationale pour mettre en place le Collectif des Enseignants Contractuels issus de l’ISEGG et des ENI (CECIE) ?

Ibrahima Sadio Sow, chargé de communication du Collectif des Enseignants Contractuels issus de l’ISEGG et des ENI

Ibrahima Sadio Sow : le Collectif des Enseignants Contractuels issus de l’ISEGG et des ENI est né le 14 avril 2019. L’histoire date de la publication des diplômes authentiques des sortants de l’ISEEG et des ENI par le ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA). Il faut se souvenir d’abord que nous étions contractuels depuis que le SLECG d’Aboubacar Soumah a déclenché la grève. On a travaillé pendant 3 mois et plus, ensuite l’Etat nous a remerciés. C’est ainsi que nous avions créé un mouvement qui s’appelait la coordination nationale des enseignants contractuels. De là, le président de la République a instruit le ministre de l’Education nationale d’examiner avec attention les diplômes des sortants de l’ISEEG, des enseignants sortants dans le but de les reverser sur la liste des enseignants titulaires.

Alors, en dépit de ça, le ministre a demandé à toutes les institutions de remonter les diplômes de leurs produits légalisés. C’est ainsi qu’on a envoyé les diplômes, et l’ISEEG a été la première institution à faire parvenir les diplômes au MENA. De là, ils ont authentifié les diplômes des sortants de l’ISEEG et des ENI, immédiatement ils ont publié la liste. A la suite de cela, certains de nos amis de la coordination ont dit qu’ils veulent nous diviser. Nous leur avons dit que ce n’est pas le cas. Nous leur avons dit d’attendre la suite de la vérification des diplômes. Et ceux-là qui étaient censés nous soutenir, nous couvrir au sein de cette coordination, certains parmi eux ont dit que ce sont les repêchés au baccalauréat qui ont été envoyés à l’ISEEG. Nous nous sommes sentis lésés dans la situation.

On a essayé de leur faire comprendre, ils n’ont pas accepté. Et puisqu’on dit que la meilleure manière de répondre à celui qui te dit que tu n’es pas capable c’est de prendre une distance et de prendre tes responsabilités, parce que qui ne dit mot consent, nous avons dit que si nous ne réagissons pas, c’est qu’on leur donne raison. Nous avons donc décidé de mettre le collectif en place. Ça, c’est le premier aspect. Secundo, dans les démarches administratives, nous leur avons dit (à la coordination, ndlr) de mettre la violence de côté, car les grandes personnalités telles que Mandela, Gandhi et j’en passe, ont utilisé la voix pacifique pour atteindre leur objectif. Ils n’ont pas accepté, ils ont commencé à tenir des discours invectives à l’endroit de ceux qui sont censés nous intégrer à la fonction publique. Et puisque nos verbes ne sont pas entendus et compris par eux, c’est pourquoi on a décidé de prendre la distance et faire la promotion du professionnalisme.

Guineematin.com : quels sont les principaux objectifs du CECIE ?

Ibrahima Sadio Sow : le CECIE a trois objectifs fondamentalement : le premier objectif, c’est de restaurer le statut particulier des enseignants de l’ISEEG et de l’ENI. Nous avons estimé que depuis 10 ans, après l’évaluation du système éducatif, le niveau de l’éducation ne fait que dégringoler, ne fait que chuter. Nous avons également compris que depuis 10 ans, les enseignants ne sont pas pris dans les institutions de formation. Ni à l’ISEEG, ni à l’ENI, on ne recrute plus comme avant. Alors, nous avons tiré la conclusion pour dire que c’est parce que celui qui est chargé de former n’est pas en salle de classe, c’est pourquoi le niveau est bas. Alors, nous nous sommes fixés un objectif de restaurer le statut particulier de l’ISSEG.

Le deuxième objectif, c’est notre intégration à la fonction publique sans test ni concours encore moins une évaluation. Parce que notre parcours est suffisamment explicatif. Quelqu’un qui fait le rapport de stage, quelqu’un qui fait la pédagogie, la didactique, la psychologie pendant quatre ans, celui-ci pourra gérer un enfant en situation de classe. Le troisième objectif, c’est la pérennisation des acquis pédagogiques. Parce qu’il faut toujours pérenniser les acquis pédagogiques. Le savoir est continuel, la répétition est toujours mère des sciences. Au fur et à mesure que vous répétez, au fur et à mesure vous vous améliorer.

Guineematin.com : depuis la mise en place de votre collectif, quels sont les actes que vous avez eu à poser dans le sens de l’atteinte de ces objectifs ?

Ibrahima Sadio Sow : pour atteindre ces objectifs, nous avons mené assez de démarches qui nous ont permis d’avoir des rencontres d’audiences plusieurs fois au MENA, avec le conseiller particulier du président de la République en l’occurrence Dr Bano Barry, avec des hauts cadres du ministère de la fonction publique, avec l’USTG et du SLECG version dame Kadiatou Bah.

Guineematin.com : aujourd’hui, quelles sont vos perspectives ? Je veux parler de vos projets notamment à court terme.

Ibrahima Sadio Sow : aujourd’hui, nous avons espoir après tout ce qui est mené comme actions sur le terrain, que l’intégration à la fonction publique n’est qu’une question de temps. Parce qu’imaginez, alors même que nous ne sommes pas intégrés à la fonction publique, nous avons eu le privilège d’être sollicités pour assister à la passation de service entre la nouvelle secrétaire générale du MENA et le sortant. Ça veut dire que l’autorité a une attention particulière sur nous. Cela grâce à dame Kadiatou Bah (secrétaire générale du SLECG) qui nous accompagne pour notre intégration à la fonction publique.

Dans ses mots de remerciements, lors de cette passation, le ministre Mory Sangaré a dit qu’il remercie tous ceux qui ont accepté de faire le déplacement et particulièrement les sortants de l’ISEEG et des ENI qu’il qualifie d’ailleurs comme étant ses amis. Ceci nous permet de dire aujourd’hui que nous avons grand espoir quant à notre intégration à la fonction publique. Nous invitons nos amis à la sérénité car notre intégration à la fonction publique n’est pas pour longtemps.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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