Manque d’enseignants à Koumbia (Gaoual) : 6 écoles primaires fermées !

La situation de l’enseignement en Guinée reste très préoccupante. A l’instar des autres localités du pays, la commune rurale de Koumbia (qui a 45 écoles publiques, communautaires et privées) souffre d’un manque criard de personnel enseignant et d’édifices répondant aux normes requises. Et, au moins dix de ces 45 écoles sont en hangar en ce 21ème siècle. D’autres écoles n’ont pas pu recruter en 2021, par manque de tables-bancs. Lors d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com qui était récemment sur place, Moussa Kourouma, le Délégué scolaire de l’enseignement élémentaire (DSEE), a déploré la fermeture d’au moins six écoles primaires et communautaires par faute d’enseignants ou manque de tables-bancs. Il s’agit des écoles de Nétéré, Yoro, Payar, Téré, Hounsiré et celle de Fané.

À en croire Moussa Kourouma, malgré le manque criard d’enseignants dans cette commune rurale de Gaoual, les programmes ont été enseignés à 98 %. Un effort vivement salué par le Délégué scolaire de l’enseignement élémentaire (DSEE).

Moussa Kourouma, DSEE de Koumbia

« De décembre 2020 à juin 2021, les enseignants ont fourni un grand effort et ont réussi à atteindre 98 % du programme. Ici, avoir un tel pourcentage est une chose qui mérite d’être saluée. Puisque pour les 45 écoles, il n’y a que 48 enseignants titulaires : 13 femmes et 49 enseignants communautaires dont 3 femmes pour un total de 192 groupes pédagogiques », a dit Moussa Kourouma, avant de préciser que la plupart des écoles ont des niveaux multigrades.

Si tous les enseignants titulaires sont présents depuis un an dans leur lieu d’affectation, ce qui est une chose rare, les problèmes scolaires restent de loin focalisés sur le manque criard de personnel enseignant et qualifié.

« Actuellement, nous avons besoin du double, c’est-à-dire 49 enseignants titulaires de plus que maintenant», a dit M. Kourouma qui a insisté sur le niveau de formation des enseignants.

Mais ce n’est pas tout. Dans la plupart des écoles, il y a des conflits qui opposent les bureaux de l’APEAE aux directions des écoles.

« Koumbia a la chance d’avoir 21 écoles couvertes par le Programme alimentaire mondial (PAM) dont l’impact sur la fréquentation des enfants est sans commentaire. Souvent, l’APEAE veut gérer seule les denrées du PAM, ou c’est la direction de l’école qui veut contrôler toute seule les produits alimentaires et ça crée des problèmes. Mais, dès que je suis informé, j’essaie de régler le différend en insistant sur le caractère de la gestion des denrées offertes par le PAM », précise-t-il.

Pour le Délégué scolaire de l’enseignement élémentaire de Koumbia, à l’instar des autres localités du pays, la scolarisation des enfants et notamment celle des jeunes filles continue d’être lamentable.

« Cette année 2021, Koumbia comptait 5 367 élèves dont 2 678 filles. Mais, si au début il y a un nombre important de filles, ce n’est pas le cas en 5ème et 6ème année. A ces niveaux, on a une diminution drastique du nombre de jeunes filles. Généralement, elles sont victimes des mariages précoces ou des grossesses non désirées. Elles abandonnent très tôt les cours avant même d’être au collège. Ce qui n’est pas bien pour les filles elles-mêmes, leurs familles et toute la société guinéenne », mais ce n’est pas tout, s’empresse-t-il de souligner.

« Vers le mois de mars 2021, quand il y a eu la découverte de l’or à Kounsitel et à Gaoual centre, les écoles se sont vidées d’un trait. Les enfants des classes de 4ème, 5ème et 6ème année et même certains enseignants communautaires ont abandonné les cours pour aller à la recherche de l’or. Heureusement, le gouvernement a interdit l’activité. C’est ce qui nous a aidés à sauver l’année scolaire », s’est réjoui Moussa Kourouma.

A côté du manque d’enseignants, de la vétusté de certains établissements scolaires et des tiraillements sur la gestion des produits alimentaires du PAM, il y a le manque de table-banc qui a empêché le recrutement dans certaines écoles.

« Nous, nous avons reçu tout le matériel pédagogique et les primes des enseignants ne posent plus de problème. Mais il y a ce manque de table-banc dans nos écoles… Koumbia a besoin d’au moins 500 tables-bancs. Cette année, certaines écoles n’ont pas fonctionné par manque de tables-banc et les parents d’élèves ont été informés par le gouvernement qu’ils ne doivent pas en payer. Nous lançons un appel au gouvernement pour qu’avant l’ouverture qu’il puisse nous aider à avoir un nombre suffisant de tables-bancs et permettre une reprise correcte des cours dans toutes les écoles », a plaidé M. Kourouma.

Pour cette année, six écoles des 45 établissements que compte Koumbia, n’ont pas pu ouvrir les portes. Il s’agit des écoles primaires de Nétéré, de Yoro, Payar, Téré, Hounsiré et Fané.

Pour permettre une reprise des cours dans tous ces établissements, le DSEE lance un appel  à tous les acteurs pour venir en aide aux enfants.

« C’est l’occasion pour moi, en tant que DSEE, de remercier toutes les ONG qui interviennent dans le secteur. C’est le cas de l’Association pour la protection de l’environnement et la promotion du tourisme (APEPTG) pour le travail qu’elle a fait à Dyoti. Grâce à l’APEPTG, le hangar qui était là depuis 2007, a été remplacé par un bâtiment flambant neuf de trois salles de classe, équipées de tables-bancs et de bureaux pour les maîtres avec un bloc de latrine de trois cabines. C’est une première dans cette municipalité ; et, nous tenons à saluer les membres de l’APEPTG. D’ailleurs, l’établissement inauguré le 17 juillet 2021 porte le nom de son Excellence le Professeur Alpha Condé. Nous n’oublions pas les autres bonnes volontés qui interviennent auprès des APEAE ou qui envoient des livres pour les enfants. Nous saluons tous ces efforts et souhaitons que d’autres suivent ces bons exemples pour mieux aider à faire évoluer l’éducation des enfants de Koumbia », a expliqué Moussa Kourouma, tout en rappelant l’existence d’une dizaine d’écoles en hangar dans la commune rurale de Koumbia.

À rappeler que le gouvernement a révélé que la Guinée dispose actuellement 8 114 écoles primaires publiques dont 14% sont des écoles en hangar ou en construction précaire ; 740 établissements du secondaire dont 569 collèges, 85 lycées et 78 collège-lycées (dans cet effectif, 24 établissements sont en cycle incomplet et 14 en hangar ou en construction précaire), précise le gouvernement.

De retour de Koumbia, Abdallah BALDE pour Guineematin.com   

Tél : 628 08 98 45

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