En Guinée, la cherté du loyer, ainsi que les arnaques dans le secteur de l’immobilier sont devenues un véritable casse-tête pour les citoyens. Une situation qui se caractérise souvent par l’absence des textes réglementaires dans le secteur. C’est pourquoi, le projet ONAPI (Organisation Nationale des Professionnels de l’Immobilier) a tenu une assemblée générale constitutive ce samedi 28 août 2021. L’objectif visé est la mise en place d’une structure devant lutter contre le blanchiment de capitaux et l’anarchie qui règne dans le secteur, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette rencontre.

Grâce à un appui financier d’OSIWA, des professionnels de l’immobilier se mobilisent contre le blanchiment de capitaux issus de la corruption dans leur secteur.

Selon Oumar Kanah Diallo, président de l’Association Guinéenne pour la Transparence (AGT), l’objectif est de doter les agences immobilières des textes  réglementaires, validés par l’ensemble des membres initiateurs et une structure représentative capable de mettre en œuvre les politiques liées à son fonctionnement. Cette rencontre vise également à mettre en œuvre le processus de conformité suivant les normes nationales et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux. 

Oumar Kanah Diallo, président de l’Association Guinéenne pour la Transparence (AGT)

« Cette cérémonie qui nous réunit vise à outiller les professionnels de l’immobilier pour que les criminels financiers n’utilisent pas cette profession pour blanchir les fonds issus de la corruption et de ses corolaires », a-t-il dit dans son discours.

À en croire Amadou Négué Diallo, le porteur du projet, l’ONAPI a déjà mené (depuis la fin 2019 et toute l’année 2020) plusieurs activités dans le but de réglementer le secteur immobilier en Guinée. 

Amadou Négué Diallo, porteur du projet ONAPI

« Vous conviendrez avec moi que le secteur immobilier est un secteur très vulnérable, surtout dans le cadre du blanchiment des capitaux », dit-il, ajoutant qu’il y a également beaucoup d’arnaque dans ce secteur. 

« Donc, nous nous sommes dit qu’il faut lutter contre ces phénomènes. À l’avenir, nous ferons en sorte que l’Etat puisse construire des logements sociaux et nous partirons au niveau des propriétaires des biens immobiliers pour mener des campagnes de sensibilisation afin qu’ils comprennent l’objectif du projet », a-t-il promis.   

Président la rencontre, le président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), Koly Mara est revenu sur l’importance de l’immobilier dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. 

Koly Mara, président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF)

« L’évaluation nationale des risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme a conclu que le secteur immobilier était le secteur le plus exposé à cette pratique. Il est exposé en termes de menace parce que les criminels financiers ont la propension à venir investir au niveau des immobiliers, acheter des propriétés foncières, construire des immeubles avec de l’argent sale. Avec ça, c’est plus facile de blanchir… C’est pourquoi, la mise en place d’une organisation faîtière est la meilleure façon de se protéger contre ces criminels financiers », a-t-il expliqué.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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