Hélène Kamano, gérante du salon de beauté Patricia Coiffure

Depuis quelques semaines, la desserte du courant électrique a connu une nette dégradation à Conakry. Les délestages sont devenus récurrents dans la capitale guinéenne, où de nombreux quartiers se retrouvent privés de courant pendant un long moment chaque jour. Et, cette situation ne reste pas sans conséquences sur le secteur économique du pays. En effet, les délestages affectent sérieusement plusieurs activités économiques qui nécessitent le courant pour fonctionner. C’est ce qu’a constaté un reporter de Guineematin.com qui a fait un tour dans des ateliers de soudure et de couture et des salons de coiffure de Conakry.

Depuis fin décembre 2018, Conakry retrouve peu à peu ses vieilles habitudes sur plan de la fourniture du courant électrique. Les délestages ont repris de plus belle, et chaque jour désormais, de nombreux quartiers de la capitale guinéenne n’ont pas de courant pendant toute la journée ou pendant une bonne partie de la nuit. Ce qui affecte sérieusement le travail de Hélène Kamano, gérante du salon de beauté Patricia Coiffure, sis à Kipé Dadya.

Hélène Kamano

« Tous les jours, le courant part ; et une fois que le courant part, ça ne nous arrange pas, parce que tout ce que nous possédons comme matériel de travail, a besoin de courant pour fonctionner. Une fois que le courant part, nous souffrons beaucoup avec nos clientes. On allume notre groupe pour travailler, mais dans ce cas, on est tenu obligé d’éteindre le climatiseur pour que le moteur puisse tenir nos appareils. Et là, il faut ouvrir la porte pour éviter la chaleur. Donc, cela ne nous arrange pas du tout », a-t-elle confié.

Lancinet Sanoh

Lancinet Sanoh, soudeur, est confronté aussi à la même situation. Depuis la dégradation de la desserte du courant à Conakry, son activité est fortement perturbée. « Actuellement, nous n’avons pas de courant. Le courant vient, mais ce n’est pas stable, il y a trop de coupures. Et cela affecte sérieusement notre travail nous les soudeurs parce qu’on ne peut pas travailler sans courant. Nos clients se plaignent du retard de leur travail. Parfois nous leur donnons un délai de deux à trois jours, et le travail ne finit qu’une semaine plus tard, en raison du manque de courant. Nous souhaitons que l’Etat nous aide à avoir régulièrement le courant pour qu’on puisse bien travailler et éviter de retarder nos clients », plaide ce soudeur.

Amadou Korka Diallo

Ces délestages récurrents, créent également des soucis à Amadou Korka Diallo, tailleur à Ratoma. Il fait recours à un groupe électrogène pour travailler mais, souligne-t-il, cela n’est pas la bonne solution pour lui. « Les délestages constatés actuellement à Conakry, ça nous cause énormément de problèmes. Parce que s’il n’y a pas de courant, on est obligé d’allumer le groupe pour travailler. Ce qui ne nous arrange pas du tout. Parce que non seulement il faut acheter le carburant pour faire tourner le groupe mais aussi il y a souvent des pannes au niveau du groupe qu’il faut régler. Et si nous augmentons les prix des coutures, les clients vont se plaindre pour dire que c’est cher. Donc, nous souffrons beaucoup actuellement à cause du manque de courant », déplore Amadou Korka Diallo.

Cheick Taliby Sylla

Interrogé par Guineematin.com, le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Cheick Taliby Sylla, a expliqué que ces délestages sont dus à l’étiage. Avec la fin de la saison pluvieuse, le niveau de l’eau a fortement diminué dans les barrages hydroélectriques, empêchant ces barrages de répondre au besoin énergétique.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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