La question de la préservation de l’environnement préoccupe de plus en plus les dirigeants du monde mais aussi des acteurs de la société civile. L’association des jeunes pour la restauration écologique AJRE, est l’une de ces organisations certes jeune mais dynamique et surtout pleine d’ambitions.

Engagée sur les questions de restauration du couvert végétal, de l’assainissement, de la lutte contre le réchauffement climatique et de la promotion des Objectifs de Développement Durable (ODD), cette jeune association a beaucoup d’ambitions et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, bien au contraire.

Pour en parler, la rédaction du site d’informations Radio Environnement Guinée a reçu deux responsables de cette association. Il s’agit de Souleymane CONDE diplômé de l’université de sonfonia, département géographie environnement, président de l’association et Mariam KEITA, Secrétaire Général de l’AJRE. Le rôle des femmes dans la protection de l’environnement en général n’était pas été en reste de notre entretien.

Bonjour M. CONDE merci d’être passé nous voir tout d’abord quelles sont les missions de votre jeune association que peut-elle faire en matière de préservation de l’environnement dans notre pays ?

Merci Madame de nous accorder cette interview. Notre association est née il y’a quelques mois, mais je peux vous assurer que nous avons de grandes ambitions notamment pour le monde rural qui souffre beaucoup de la dégradation de l’environnement et de la pauvreté. Pour inverser cette tendance, nous comptons nous investir dans le reboisement  des sites dégradés, sensibiliser les usagers sur l’accès à l’eau potable, à l’utilisation rationnelle de la ressource et l’assainissement comme mentionné dans l’ODD6. La lutte contre le réchauffement climatique qui fait l’actualité malheureusement et qui fait des ravages est prévue dans notre plan d’action.

Pour mettre toutes ces actions en œuvre, c’est vrai on sent que vous avez de la volonté, de l’énergie, vous êtes jeunes, mais avez-vous les moyens de votre politique comme dirait l’autre ?

Sourire… vous avez raison, nous avons des ambitions mais nous n’avons pas encore les moyens de les mettre en œuvre. Pour cela, nous comptons élaborer des projets bancables afin de les soumettre aux partenaires pour financement. Ensuite nous sommes jeunes, vous l’avez dit, donc notre énergie et notre détermination seront au service de la protection de l’environnement, nous vous prenons l’assurance.

Mariam KEITA, vous êtes la Secrétaire Générale de l’association, dites-nous comment vous comptez faire pour impliquer les femmes dans le combat de la préservation de l’environnement en général, et sur la question de l’eau et de l’assainissement en particulier puisque les femmes sont plus touchées par ces questions ?

Vous avez raison, le problème d’eau et de l’assainissement sont au centre des préoccupations des populations en général et des femmes en particulier. Vous le savez en ce qui concerne la corvée de l’eau par exemple, les femmes sont celles qui souffrent le plus, surtout en milieu rural, elles parcourent de longues distances pour s’approvisionner en eau pas toujours potable, il faut le dire. Ensuite il y’a la question de l’insalubrité surtout dans les marchés comme c’est le cas ici à Conakry et certainement dans d’autres régions du pays, c’est impressionnant.

Pourtant, c’est de là que viennent la nourriture que nous consommons, et ces femmes sont également exposées à des maladies. Il vous suffit de parcourir les marchés de Conakry pour s’en rendre compte.  Donc les femmes sont vraiment concernées par ces questions et si elles s’impliquent dans la sensibilisation par exemple, si on les explique les conséquences, bien qu’elles le savent pour certaines, et non pas toujours le choix il ne faut pas l’exclure non plus, elles peuvent cependant comprendre la situation et les dangers, et peuvent surtout, s’engager pour inverser la tendance, c’est ce qui est plus important à mon sens.

Vous avez mentionné les femmes rurales, que proposez-vous pour elles, surtout que vous savez qu’elles sont plus dans le besoin et subissent la dégradation de l’environnement notamment la pauvreté des sols

Effectivement ce sont elles qui souffrent beaucoup plus que nous qui sommes à Conakry et dans les grandes villes du pays et cela, sur tous les plans. Donc nous pensons à elles et si nous avons les moyens nous comptons aller vers elles, pour parler de la protection de l’environnement et de leur autonomisation, afin de lutter contre la pauvreté qui se féminise davantage à cause des charges qui pèsent sur elles, doublées de l’analphabétisme, et d’autres travers sociaux.

Justement parlant de travers sociaux, beaucoup de femmes sont aujourd’hui indépendantes, mais d’autres continuent à se prostituer il faut dire les choses comme elles sont, il y’en a qui aiment la facilité, qu’avez-vous à leur dire ?

C’est de revenir à la raison, et entreprendre. Il ne s’agit pas que d’aller à l’école, mais elles peuvent faire la couture, la teinture ou le commerce, et qu’elles acceptent de se prendre en charge pour se faire respecter dans la vie et réaliser leurs projets, pour elles et pour la nation.

S’agissant de l’insalubrité dont parlais votre collègue Mariam KEITA, vous dites qu’il faut du civisme dans notre pays car cet aspect manque à beaucoup de Guinéens n’est-ce pas ?

Effectivement c’est un vrai problème dans notre société. Il manque du civisme dans notre pays, les gens se permettent de jeter n’importe où les ordures dans les rues, et ce qui est regrettable c’est que ce ne sont pas toujours des personnes analphabètes, il y’a des cadres, des intellectuels qui jettent à longueur de journée des canettes de jus, des sachets d’eau au travers des voitures, et ce n’est pas bien pour la santé et pour l’environnement aussi.

Un message justement pour ces derniers et de tous afin qu’ils adoptent des attitudes éco-citoyens

Je souhaite que nous prenions conscience de la situation de dégradation de l’environnement et que chacun agisse là où il se trouve, car aucun geste n’est peu ou de trop pour notre environnement que nous avons l’obligation morale de protéger, pour nous et surtout pour les générations futures.

M. CONDE on va parler à présent de l’initiative présidentielle de reboisement en cours, que pensez- vous de cette initiative et que peuvent faire les jeunes afin qu’elle prospère ?

C’est une bonne initiative, au vu de tout ce que nous constatons comme dégradation du couvert végétal à travers le pays et que nous-mêmes les hommes avons occasionné. Mais je pense comme certains, qu’il ne faut pas planter pour le plaisir de le faire, il faut suivre l’évolution des plants et surtout des plants adaptés au sol c’est important à mon avis.

Nous sommes au terme de cet entretien, dites-nous que pensez-vous de Radio Environnement Guinée et de ce qui se fait sur cette radio web, la première du genre dans notre pays  et surtout ce que nous pouvons améliorer pour mieux servir les auditeurs et lecteurs que vous êtes

Je vous encourage vraiment, nous vous suivons depuis la création de la radio web en 2017, moi personnellement, qu’il s’agisse du site ou de la page Facebook, j’avoue que c’est beaucoup de travail j’imagine avec si peu de moyens. Donc nous ne pouvons que vous encourager et vous souhaiter  plein succès et beaucoup d’engagement pour persévérer dans cette voie. Encore merci de nous avoir reçu, ce fût un réel plaisir pour nous.

Entretien réalisé par Idiatou CAMARA pour radioenvironementguinee.org

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