La calligraphie est l’un des arts pratiqués par un grand nombre de personnes à Conakry. Les pratiquants de ce métier (calligraphes) utilisent leur savoir-faire pour décorer des habits, des tableaux et autres, de manière esthétique. Mais, la plupart d’entre eux se plaignent aujourd’hui de leur situation, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ernest Kolié est calligraphe à Lambanyi. Il exerce ce métier depuis 20 ans. C’est grâce à la calligraphie qu’il a eu tout ce qu’il possède aujourd’hui. « Le métier de calligraphe est un don pour moi, j’ai commencé à le pratiquer depuis 1999, en Côte d’Ivoire. Ce métier m’a permis de faire face à l’avenir de mes enfants, dont deux de mes fils ont fini leurs études grâce à l’art que je pratique. Le troisième fait l’université et le plus petit fait la 9ème année cette année. Et, c’est aussi dans ça que je fais face à leurs conditions de vie », explique-t-il.

Ernest Kolié, calligraphe à Lambanyi

Pour ce qui est de la clientèle, Ernest Kolié compte sur les expatriés. Car ce sont eux qui achètent les tableaux dont les prix varient de 500 000 à 2 000 000 de francs guinéens. Mais, il précise que cette clientèle est rare aujourd’hui « parce que le tourisme n’est pas développé en Guinée. Alors que ce sont les blancs qui sont nos véritables clients. C’est avec eux que nous gagnons quelque chose de consistant. C’est pourquoi, la plupart de ceux qui pratiquent ce métier ne parviennent pas à bien vivre du fruit de leur travail ».

Mohamed Camara, calligraphe basé à Nongo Taady

Une version que partage largement Mohamed Camara, un autre calligraphe basé à Nongo Taady. Passionné de la peinture depuis très tôt, il dit avoir été galvanisé par les cours sur l’art qu’il a suivis au lycée et qui l’ont poussé à opter définitivement pour la calligraphie. Il pratique ce métier depuis 10 ans, mais il peine aujourd’hui à vivre de ce travail. Raison pour laquelle il a décidé de jumeler la calligraphie à la tapisserie pour pouvoir s’en sortir. Pour lui, les difficultés des calligraphes guinéens sont dues en grande partie à l’envahissement du marché par les Chinois.

« Il n’y a pas mal de difficultés qu’on rencontre telles que la qualité des peintures à huile. La peinture à huile qu’on utilisait avant, ne se vend plus sur le marché. C’est le cas de la peinture nationale. Parmi toutes les peintures qu’on vend en Guinée, c’est la peinture nationale qui est la meilleure qualité. Mais celle-ci a disparu a disparu aujourd’hui. Et puis, la calligraphie ne marche pas comme avant. Parce qu’avant, il y a des tableaux d’affiches, des panneaux, des banderoles qui coûtaient cher.

Maintenant, avec l’arrivée de l’art commercial, telles que les banderoles autocollantes qu’on voit sur les véhicules, ce n’est plus comme ça, parce que tout cela était fait avant à la main. Donc les chinois sont venus tout ravager sur le marché. Avant, je parvenais à m’en sortir très bien dans la calligraphie, parce que c’est dans ça que je me suis marié. Mais actuellement je ne m’en sort pas, c’est pourquoi je fais aussi le rotin », a laissé entendre notre interlocuteur.

Ces artisans souhaitent que l’Etat accompagne financièrement les calligraphes et qu’il construise des centres d’artisanat. Ce qui permettrait de booster leur secteur et lui permettre de créer plus d’emplois.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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