« Le conseil a décidé à l’unanimité les sanctions suivantes : un blâme écrit adressé au Doyen, Dr. Mamady Dioubaté, pour son laxisme avéré dans la gestion de la faculté ; la révocation de Sayon Dioubaté de son poste de directeur des programmes ; la suspension de Mamoudou Doumbouya du poste de chef de département Administration des Affaires ; un avertissement pour Ibrahima Bah et Mohamed Lamine Kourouma ; le retrait et l’invalidation du diplôme de l’étudiante concernée pour l’année universitaire 2020-2021 suite à l’annulation des notes indûment attribuées à elle par Ibrahima Bah et la reprise obligatoire du cours ».

La remise des diplômes aux étudiants sortants de la douzième promotion du système LMD marque officiellement la fin de l’année universitaire 2020-2021 à l’université Julius Nyéréré de Kankan. Mais, une sordide affaire de notes « offerte » à une étudiante trouble actuellement les esprits au sein de cette institution d’enseignement supérieure. Et, ce sont les hauts cadres de la faculté des sciences économiques et de gestion qui sont cités dans une scandaleuse affaire. Les mis en cause auraient donné des notes à une étudiante, à la place du professeur titulaire. Et, l’éclatement de l’affaire au grand jour y a fait tomber des têtes, appris le correspondant de Guineematin.com à travers à Kankan.

Selon nos informations, l’étudiante qui a bénéficié des notes à l’origine de cette honteuse affaire est du département ‘’Administration des Affaires’’. Elle n’a pas suivi le cours de ‘’Stratégie de Gestion’’, enseignés en Licence3 ; et, le professeur chargé de ce cours n’a pas pu l’évaluer à cause de manquement aux évaluations programmées. Mais, à la stupéfaction générale, l’étudiante a été évaluée dans cette matière (Stratégie de Gestion) par un autre enseignant (Ibrahima Bah), avec les bénédictions des responsables du département administration des affaires, à l’insu du professeur titulaire. Finalement, la fille a été déclarée admise. Et, son nom a été porté dans les « résultats définitifs de fin d’études » affichés par ledit département.

Évidemment, cela n’a pas été du goût du professeur de stratégie et de gestion. Et, pour dénoncer cet acte qui empiète sur ses prérogatives, il a saisi d’une plainte la faculté des sciences économiques et de gestion dont relève le département ‘’administration des affaires’’. Malheureusement, le doyen de la faculté n’a pas accordé de l’importance à cette plainte. Il a fallu que le rectorat de l’université soit saisi pour qu’il y ait une suite à cette plainte du professeur de stratégie de gestion. Car, en conseil, le rectorat a déclaré le chef du département et son chef des programmes coupables de faux et d’usage de faux.

Dr Moustapha Sangaré, recteur de l’université de Kankan

« Le doyen de la faculté a fait preuve de laxisme avéré et de légèreté dans la gestion de ce problème. Ibrahima Bah est coupable de complicité de faux et d’usage de faux. Monsieur Mohamed Lamine Kourouma a fait preuve de partialité. Donc, le conseil a décidé à l’unanimité les sanctions suivantes : un blâme écrit adressé au Doyen, Dr. Mamady Dioubaté, pour son laxisme avéré dans la gestion de la faculté ; la révocation de Sayon Dioubaté de son poste de directeur des programmes ; la suspension de Mamoudou Doumbouya du poste de chef de département Administration des Affaires ; un avertissement pour Ibrahima Bah et Mohamed Lamine Kourouma ; le retrait et l’invalidation du diplôme de l’étudiante concernée pour l’année universitaire 2020-2021 suite à l’annulation des notes indûment attribuées à elle par Ibrahima Bah et la reprise obligatoire du cours », a indiqué le recteur Dr Moustapha Sangaré, tout en fustigeant le comportement des enseignants qui transportent les relations avec les filles du quartier dans les départements de l’université.

A noter que, selon des sources concordantes, ces genres de pratiques (des enseignants qui octroient des notes aux étudiants en fonction de leurs relations) sont courantes à l’université Julius Nyéréré de Kankan et dans d’autres universités guinéennes. « Ce sont des notes sexuellement transmissibles », ironisent certains étudiants pour dénoncer le laxisme.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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