La coalition nationale des professionnels de la santé (Conapros) a donné sa position sur le débat en cours autour du prélèvement de 5% des salaires des fonctionnaires guinéens. La structure s’est fait entendre à travers une conférence presse animée ce vendredi, 27 août 2021, à Conakry. Elle a salué l’initiative qu’elle trouve très importante pour les fonctionnaires, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Depuis l’annonce de l’entrée en vigueur des décisions relatives au prélèvement de 5% sur les salaires des fonctionnaires et 2% sur les pensions des retraités, le débat est houleux en Guinée. Des prélèvements qui s’inscrivent dans le cadre de l’opérationnalisation de l’institut national d’assurance-maladie obligatoire (INAMO) et de la caisse nationale de prévoyance sociale des agents de l’Etat (CNPSAE). Pendant que certaines organisations syndicales montent au créneau pour exprimer leur opposition à tout prélèvement sur les salaires des fonctionnaires, d’autres soutiennent cette mesure.

C’est le cas notamment de la coalition nationale des professionnels de la santé (Conapros). Selon le coordinateur de cette organisation, Dr Abdoulaye Kaba, le prépaiement est très important pour les fonctionnaires. Car, en cas de maladie, ils pourront se faire soigner sans difficultés. 

Dr. Abdoulaye Kaba, coordinateur national des professionnels de la santé

« Nous avons cherché à nous informer par rapport à la situation, et nous avons compris que l’objectif premier aujourd’hui de tous les pays du monde entier, c’est d’aller vers la couverture santé universelle. Et ça (le prélèvement de 5% sur les salaires des fonctionnaires, ndlr), c’est une étape très importante pour aller vers cette couverture. C’est vrai qu’aujourd’hui, il y a des fonctionnaires qui sont dans le système de santé qui ont bénéficié de ces avantages. Mais nous, au niveau de la coalition, on veut que tous les avantages se répercutent sur tous les professionnels de la santé, c’est-à-dire que tu sois fonctionnaire ou non. Et pour cela, le meilleur des mécanismes, c’est de faire en sorte que les mutuelles de santé émergent dans notre pays. Parce que ce sont les mutuelles de santé qui vont nous éviter de faire le paiement direct », a-t-il indiqué, avant de donner un exemple pour justifier l’importance de cette cotisation sociale.

« Imaginez que quelqu’un tombe malade, il va à l’hôpital pour se faire soigner, on lui dit de payer les examens, de payer ses médicaments, il peut payer plus que son salaire. Mais si par exemple il accepte son prépaiement direct sur son salaire, ça peut au moins diminuer à coup sûr  le coût de la prise en charge. Donc, nous, nous voulons que l’Etat nous accompagne  dans ce combat pour la mutualisation à outrance de la santé. Parce que cela est à l’avantage de la population », a dit Dr Kaba.

Présent à cette conférence de presse, le directeur national des ressources humaines au ministère de la santé a appuyé les explications des professionnels de santé. Dr Mamadou Faza Diallo a laissé entendre que le prélèvement de 5% sur les salaires est avantageux pour les fonctionnaires.

« Aujourd’hui, on dit que pour aller à la couverture santé universelle, dans tous les pays, il y a l’obligation de certains éléments qui sont : premièrement, c’est de promouvoir un accès équitable en supprimant les obstacles (les coûts), en supprimant les paiements directs.  La deuxième chose qu’il faut faire dans tous les pays, c’est rendre les prépaiements obligatoires. C’est-à-dire, lorsqu’on prélève 5%, si toi tu n’es pas traité, tu auras aidé quelqu’un d’autre à se faire traiter. Et l’ensemble de ces montants qui sont  prélevés sur ton salaire, c’est ce qui va t’aider toi aussi lorsque tu tombes malade, d’être pris en charge localement ou lorsque tu es en évacuation.

Le troisième élément, c’est de rendre indispensable la mutualisation des risques à grande échelle. Et je crois que c’est ce qui a été fait au niveau de l’Etat, la ventilation des 23% ou le fonctionnaire ne paye que 5% et l’Etat va prendre 18%. Quatrièmement, c’est de prendre en charge les frais de santé des personnes qui ne sont pas en mesures de contribuer », a dit ce responsable du ministère de la santé, ajoutant que le prépaiement « est un passage obligé pour réussir la couverture santé universelle ».

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620589527

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin