En chantier depuis 2015 pour sa réhabilitation et son extension, la mosquée de Kokolou dans la sous-préfecture de Linsan Saran (préfecture de Lélouma) a été inaugurée le jeudi, 04 avril 2019. Les travaux de rénovation de cette maison de Dieu dont l’histoire remonte à l’an 1777 (XVIIIe siècle) ont été entièrement financés par les fils résidents et les ressortissants du district de Kokolou (vivant en Guinée et dans le reste du monde) à hauteur d’un milliard 489 millions 631 mille 215 francs guinéens, a appris l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kokolou.

La mosquée de Kokolou est vieille de près de trois (III) siècles. Elle a été construite pour la première fois par les fondateurs de Kokolou (Mama Ibrahima Sambegou Diallo de la famille de Dickoyabhè et Mama Yaghouba Diallo de la famille de Koumba N’Dabbhel), tous venus de Koggui (Labé) pour le rayonnement de l’islam.

Tout d’abord, c’était une aire de prière, puis une construction en banco (en terre battu). Au fil des années, cette maison de Dieu a connu des rénovations (en 1940, 1972,…) dont la dernière a été entamée en 2015, par les fils résidents et les ressortissants de Kokolou vivant en Guinée et dans le reste du monde (tous réunis au sein d’une association dénommée URAK).

Pour cette dernière rénovation, la mosquée de Kokolou a connu une extension et une architecture moderne. Elle est bâtie sur une superficie de 240 m² (16,64 mètres de long et 14,44 mètres de large), avec des minarets hauts de 19,75 mètres. Elle a une capacité d’accueil de 680 fidèles. Les travaux de rénovation ont été entièrement financés par l’URAK (union des ressortissants et amis de Kokolou) à hauteur d’un milliard 489 millions 631 mille 215 francs guinéens.

Selon Mamadou Cherif Diallo, le président de l’URAK, la rénovation de cette mosquée bâtie sous le pied du mont Kokolou s’ajoute à une longue liste d’actions réalisées par l’association qu’il dirige actuellement, dans le cadre de la promotion du développement socioéconomique et culturel de Kokolou.

« Depuis sa création en 2003, l’URAK a pu réaliser les activités suivantes : la clôture du village avec 180 rouleaux de grillage pour une somme de 36 millions de francs, la rénovation de l’école de Kokolou pour une somme 39 millions 200 francs, la prise en charge de deux enseignants de 2010 à nos jours, l’adduction d’eau potable dans le village, l’envoie et l’appui de plusieurs missions de sensibilisation dans notre village sur la protection de l’environnement et la lutte contre le VIH/SIDA,… », a indiqué Mamadou Cherif Diallo, tout en réitérant l’engagement de l’URAK à s’unir et mettre tout en œuvre pour que la paix, le développement, l’entente et la solidarité élisent domicile à Kokolou, pour toujours.

« Grâce à Kokolou, nous sommes. Pour Kokolou, nous nous battons. Pour notre bonheur commun, nous nous engageons, afin que notre village devienne une cité religieuse très urbanisée », a-t-il conclu.

Le cordon inaugural de cette maison de Dieu qui force le regard et l’admiration a été coupé le jeudi dernier en présence, entre autres, des autorités administratives et religieuses sous-préfectorales de Linsan Saran, du chroniqueur islamique, Dr Mamadou Oury Barry et des députés uninominaux de Lélouma et Labé.

Dans une brève allocution pleine d’enseignement, le secrétaire général de la ligue islamique préfectorale de Lelouma, Elhadj Ibrahima Leyssarè Diallo, a remercié l’URAK pour le travail accompli, avant d’exhorter les populations de Kokolou à entretenir et préserver cette mosquée.

« Nous exhortons les bénéficiaires à prendre soin de cette mosquée, d’y être tous les jours pour accomplir la prière et enseigner les enfants qui sont la relève de demain… », a dit Elhadj Ibrahima Leyssarè Diallo, tout en formulant des bénédictions pour le rayonnement de l’islam en Guinée.

Pour sa part, Mamadou Aliou Camara, le sous-préfet de Linsan Saran a dit espérer que les ressortissants des autres villages de sa juridiction géopolitique prennent l’exemple sur ceux de Kokolou. Car, soutient-il, « l’Etat ne peut pas tout faire. Il faut la participation des ressortissants. Et, pour construire un tel édifice, il faut la paix et la cohésion sociale ».

Au nom de la ligue islamique nationale et du conseil national de la Fatwa et de la recherche scientifique de Guinée, Dr Mamadou Oury Barry, a loué la solidarité, l’attente et l’unité d’action qui ont permis la rénovation de cette mosquée, avant de déclarer : « à partir d’aujourd’hui, il est autorisé d’accomplir toutes les prières (y compris celle de vendredi) dans cette mosquée. Que Dieu soit loué !

Car, cela vient s’ajouter aux autres patrimoines des musulmans dans cette localité. Ce que je demande aux habitants de Kokolou, c’est de faire de cette mosquée un lieu d’adoration par excellence. Qu’on prie ici, qu’on enseigne le coran ici, qu’on interdise ici le mal,…la mosquée a un rôle important dans l’éducation de l’âme du musulman. Et, la recherche de la connaissance est une obligation pour le musulman… ».

Par ailleurs, Dr Mamadou Oury Barry a invité les parents à s’employer davantage dans l’éducation des enfants qui, rappelle-t-il, ne font pas souvent ce que leur parents font (prier, lire le coran,…). « Aujourd’hui, la plus part de nos enfants ne font que danser, boire de l’alcool, fumer de la drogue,… Des vices que nos parents s’étaient éloignés », a-t-il rappelé.

A noter qu’au-delà des prières, des recueillements et bénédictions…qui ont ponctué cette cérémonie inaugurale, l’ouverture de la mosquée de Kokolou a été pour certains fils de ce district, une occasion de revenir à la source. Des fils de Kokolou dont certains ont fait une vingtaine d’années sans fouler du pied le sol de leur Kokolou natal.

De retour de Kokolou, Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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