Parmi les métiers qui sont pratiqués actuellement à Conakry et qui font vivre de nombreuses familles, figure la tôlerie. Un métier qui consiste à réparer les véhicules endommagés par suite d’accident de la circulation pour leur redonner leur forme normale. Parmi ses pratiquants, certains ont été attirés par la passion et d’autres par d’autres raisons, notamment le chômage des jeunes diplômés, a appris un reporter de Guineematin.com qui s’est entretenu avec certains tôliers exerçant à Conakry.

Me Issiaka Camara

Dans la matinée de ce vendredi, 12 avril 2019, nous avons trouvé Vakemon Issiaka Camara à son atelier, situé aux alentours du terrain de Kipé. Ce maître tôlier qui exerce ce métier depuis 15 ans, essaye de remettre en forme les portails d’une voiture endommagée dans un accident de la circulation. Il se montre passionné et heureux dans son travail.

« Il y a 15 ans de cela que j’exerce ce métier. Dieu m’a aidé à connaitre cette activité. C’est grâce à cela que je me suis marié et j’ai eu 5 enfants qui vont tous à l’école. C’est grâce à ce métier que je gagne toutes mes dépenses. J’ai réussi même à acheter un terrain à Dubreka », se félicite ce tôlier. Issiaka Camara souligne que c’est la passion qui l’a conduit dans ce métier et que c’est cette même passion qui l’a permis de réussir là-dans.

Me Abdoulaye Bangoura

Tout comme lui, Abdoulaye Bangoura, maître tôlier rencontré à Kakimbo, est fier aussi de son activité. Pourtant, il rêvait, dans un premier temps, de terminer les études et trouver un travail. Mais, le taux élevé de chômage chez les jeunes diplômé l’a poussé à abandonner les études pour s’adonner à ce métier.

« J’ai étudié jusqu’en 10ème année. Ce qui m’a poussé à abandonner l’école, c’est parce que je voyais beaucoup de gens qui ont fini leurs études mais qui sont assis à la maison, qui n’ont pas de travail. C’est ce qui m’a découragé. Et, cela a été une source de courage pour moi à faire le métier de tôlier. Aujourd’hui, c’est la seule activité que je peux faire dans la vie », témoigne-t-il.

S’il se dit heureux d’avoir choisi la tôlerie comme métier, Abdoulaye Bangoura n’a pas manqué d’évoquer cependant quelques difficultés auxquelles il est souvent confronté. « Actuellement, nos matériels sont chers sur le marché. C’est ce qui est un peu difficile pour moi. Nous pouvons discuter la réparation d’une voiture endommagée à 3 millions de francs.

Mais, après avoir acheté les matériels de travail, il ne nous reste pas grand-chose dans ce montant. Parce que le prix que nous fixons, c’est les matériels de travail et la main d’œuvre réunis. Donc, les matériels dont la peinture, les bouteilles d’oxygène etc. tout est cher. En plus de cela, il y a parfois des accidents de travail qui engendrent de graves blessures », explique le tôlier.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : (00224) 622 07 93 59

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