Ahmadou Tidiane SY, Journaliste Sénégalais et formateur

La communauté internationale célébrera demain, vendredi 03 mai 2019, la journée internationale de la liberté de la presse. Un métier passionnant qui attire de plus en plus de professionnels notamment chez les femmes.

Toutefois, le constat révèle que les fondamentaux du métier et la qualité des productions baissent de plus en plus au profit de l’amateurisme, de la « légèreté » et la corruption dans le traitement de l’information.

Alors, qui peut être journaliste, comment et pour quelles fins ? Quel est le niveau de formation actuel des journalistes, comment se porte le métier aujourd’hui dans le monde ? les astuces et « grands secrets » du métier ? Pour tenter d’y répondre, nous avons rencontré un professionnel du métier de plus de 30 ans d’expériences. Ahmadou Tidiane SY, Journaliste Sénégalais et formateur nous dit tout, sur ce passionnant métier et le « plus beau du monde », comme le dirait l’autre.

C’est un entretien réalisé à Saly au Sénégal par Idiatou CAMARA

Ahmadou Tidiane SY bonjour et merci pour ce tems que vous nous accordé, alors si on vous demandait qui peut être journaliste et dans quel but qu’allez-vous répondre?

Merci pour cette opportunité, alors qui est journaliste et pourquoi ? C’est une question difficile à répondre. Mais ce que je peux dire c’est qu’à priori c’est quelqu’un qui consacre sa vie et son travail à informer et qui vit du métier. Mais la profession est tellement élargie aujourd’hui, qu’il est très difficile de dire qui est journaliste et qui ne l’est pas. Mais un journaliste est celui qui passe par une école de journalisme, qui exerce dans une rédaction, qui a de la conviction, de la curiosité et de la passion aussi. Mais la formation est tellement ouverte aujourd’hui, comme je le disais tantôt que tout le monde est dedans et ne fait pas toujours correctement le travail comme cela se devrait. Mais c’est un métier relativement ouvert comparé aux autres.

On parle beaucoup des questions de développement, de journalistes spécialisés, est-ce qu’à votre avis les journalistes traitent suffisamment et avec professionnalisme ces questions de développement dans les pays africains en particulier ?

Oui on peut dire quand on voit que des journalistes sont reconnus, récompensés avec des distinctions et reconnus, là on peut le dire. Maintenant est-ce que ces questions sont suffisamment traités dans les médias, dans les rédactions, avec du sérieux ? Est-ce que ce sont véritablement des sujets qui intéressent les populations, les communautés, de manière professionnelle, impartiale, avec des impacts c’est cela toute la question.

Justement quelles sont les questions qui intéressent les communautés, les populations ?

Ce sont les questions liées à la santé, à l’éducation, à l’environnement, l’accès à l’eau, à la population, ce qui intéresse et préoccupe votre communauté voilà ce qu’on peut appeler les questions de développement. Il faut aussi retenir que les préoccupations ne sont pas les mêmes partout, c’est important de le savoir.

Parlant des genres journalistiques, par exemple quand est-ce qu’il est recommandé le reportage par exemple, ou l’enquête qui sont fréquemment utilisés aujourd’hui ?

Cela dépend du sujet du sens, de l’objectif qu’on veut atteindre, l’impact selon les règles qu’on veut faire, parce l’importance d’un sujet, c’est d’avoir un impact sur les citoyens. Tous les sujets ne prêtent pas à tous les genres il faut aussi le savoir. Certains estiment que ce sont des genres difficiles. Donc pour les faire, Il faut de la préparation, citer des sources fiables.

On ne peut pas juste se réveiller un matin et dire qu’on veut faire un grand reportage ou une enquête, il faut s’outiller, avoir un niveau, de la curiosité, se cultiver, avoir cette envie de découvrir, aller en profondeur bien sur tout cela doit s’accompagner de preuves et de sources convaincantes. Ce sont certes des fondamentaux, mais ils sont nécessaires à rappeler je pense.

Concernant les questions relatives à l’environnement notamment, on entend souvent parler de journalistes spécialisés sur ces questions, sur la santé, l’éducation, sur les questions économiques. Comment vous qui avez plus d’une trentaine d’années d’expériences et de pratique voyez-vous tout cela ?

En effet, vous avez raison, aujourd’hui on voit que les journalistes font beaucoup d’efforts et de recherche sur des sujets de préoccupation et de développement, on parle de « spécialisation » c’est déjà un acquis, mais moi je pense plutôt que ce sont des journalistes qui ont un centre d’intérêt beaucoup plus que la spécialisation.

Maintenant, ce que je peux dire pour celles et ceux qui sont intéressés à ces questions particulières, je pense qu’il faut éviter de répéter ce que les scientifiques nous disent tout le temps pour une large compréhension du public, simplifier les termes, ne pas devenir des remorques des termes des scientifiques. Fouiller, savoir aller en profondeur, avoir de la curiosité. Il faut apprendre ce qui est mieux ailleurs, pour s’en inspirer c’est important.

Aller en profondeur, il faut faire du journalisme, et y consacrer sa vie.

Quels sont aujourd’hui les défis du métier ?

Aujourd’hui tout le monde est devenu journaliste, avec un smartphone, un enregistreur, une tablette, mais le journaliste doit y consacrer sa vie, faire différent et de manière professionnelle pour avoir un impact sur la communauté c’est ce qui doit importer.

On parle aussi de nouvelles tendances dans le métier on parle de « fack teacking » qu’est –ce que s’est et ça consiste en quoi ?

C’est un journalisme qui se fait par les preuves, l’exactitude. On ne dit pas par exemple, qu’est-ce que vous savez que vous pensez de cette plante par exemple, votre avis, mais on parle des faits, rien que des faits.

Il y’a aussi le journalisme de « diting » qui se base sur les données. Ce sont des perspectives dans le métier qui vont permettre de distinguer les professionnels des autres dans le métier.

Propos recueillis et décryptés par Idiatou CAMARA pour Guineematin et radioenvironnement

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