Les élections législatives prévues pour se tenir le 28 décembre prochain se retrouvent au centre d’un nouveau bras de fer entre le pouvoir et l’opposition en Guinée. L’opposition qui voit dans ces élections une autre stratégie du pouvoir pour faire passer le projet de troisième mandat du président Alpha Condé, rejette le calendrier du président de la CENI qu’elle juge complètement irréaliste. Le sujet était au centre des débats de l’assemblée générale hebdomadaire de l’UFR hier, samedi 21 septembre 2019, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Elhadj Ibrahima Bangoura, vice-président de l’Union des Forces Républicaines, a tenu a expliqué aux militants de la formation politique, les enjeux de ces élections législatives. « Ce que le président de la CENI veut faire, c’est d’organiser des élections truquées en faveur du président de la République pour lui assurer un troisième mandat », a-t-il dit, ajoutant que ces élections législatives constituent la quatrième phase d’un long processus.

« La première phase, c’était d’aller directement au troisième mandat. Ils ont commencé à faire des meetings un peu partout, ils ont vu que cela ne marchait pas. Ils ont dit bon, il faut essayer de camoufler notre démarche en révision constitutionnelle, ils ont vu aussi que l’article 154 de notre constitution verrouille cette partie. Parce que le nombre et la durée du mandat du président de la République, ce sont deux choses qui sont intangibles dans notre constitution, on ne peut pas modifier ça.

Ils ont même trouvé des juristes éminents pour essayer d’accréditer la thèse de la révision de la constitution, cela n’a pas marché. Alors, ils se sont dit on va changer de fusil d’épaule, nous allons parler carrément de changements de la constitution. C’est-à-dire au lieu de réviser l’actuelle constitution, ils vont la changer et mettre une nouvelle constitution à sa place. Mais, ça aussi ça n’a pas marché… Alors, la quatrième phase c’était le 04 septembre dernier. Ils ont pensé qu’en annonçant directement par le président de la République, cela allait marcher.

Mais, la tension qu’il y avait ce jour dans le pays était tellement vive que le président a modifié son discours et il a demandé à ce que le Premier ministre organise une consultation. Maintenant, ils se sont dits, puisque rien n’a marché jusqu’ici, à la fin de cette consultation, nous allons organiser des élections législatives. Mais, ce ne sont pas des législatives qui sont organisées, c’est toujours cette combine du troisième mandat qui continue », a dit Ibrahima Bangoura.

L’opposant souligne que ces élections consistent tout simplement à « distribuer les sièges des députés aux partis qui sont dans la mouvance présidentielle ». Il annonce même que la répartition des sièges a déjà été faite. « Ils (le RPG Arc-en-ciel et ses alliés) veulent avoir au moins 84 députés. Et, vous savez combien ils nous réservent à nous (UFR) ? C’est 2 députés, comme deux doigts. Et, l’UFDG qui a aujourd’hui 37 députés, ils ont dit qu’il faut diviser ce nombre-là par deux pour leur donner 18 députés.

Voilà le scénario qui est préparé par le RPG Arc-en-ciel et le président de la CENI. Est-ce qu’on va accepter cela ? Non. Cela n’est pas possible. C’est pourquoi vous allez rester mobilisés partout où vous êtes pour barrer la route à cette manipulation », a lancé le responsable du parti de Sidya Touré, assurant que « le troisième mandat ne passera pas. Qu’ils le disent où qu’ils ne le disent pas, le troisième mandat ne passera pas en Guinée ».

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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