Retrait du SLECG du recensement : « la décision reste maintenue », dit Aboubacar Soumah

Le torchon brûle depuis quelques jours entre le SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) et le gouvernement. La pomme de discorde est née des difficultés liées à l’application du protocole d’accord de janvier dernier qui a permis de suspendre la grève dans le système éducatif. Le SLECG a déjà décidé de se retirer du processus de recensement des enseignants, engagé il y a quelques semaines.

Pour parler de cette question et de ce qui pourrait arriver, un reporter de Guineematin.com a rencontré Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLEG, dans l’après midi de jeudi, 4 avril 2019. Selon monsieur Soumah, la décision de se retirer du processus est consécutive au refus du ministre de l’enseignement supérieur, Abdoulaye Yéro Baldé, que l’opération se fasse dans les établissements d’enseignement supérieur. Et, contrairement aux informations qui circulent annonçant l’accord ministre, Aboubacar Soumah annonce que le retrait reste maintenu…

Guineematin.com : le recensement général du corps enseignant est terminé pour la zone spéciale de Conakry. Quel enseignement peut-on tirer ?

Aboubacar Soumah : personnellement, je ne peux pas faire un bilan. Mais, tout ce que je peux dire, c’est que nous avons effectivement commencé les opérations d’assainissement du fichier pour la zone de Conakry, au niveau des institutions d’enseignement secondaire et technique. Pour ce qui concerne l’enseignement supérieur, nous nous sommes confrontés à un obstacle qui est sciemment créé par le ministre, Abdoulaye Yéro Baldé, qui déclare que son département n’est pas intéressé par la grève.

Donc, c’est à cause de cela que nous avons suspendu notre participation à l’assainissement de ce fichier. Il y a un arrêt depuis que nous avons terminé l’étape de Conakry. Nous nous sommes abstenus de toute poursuite de l’opération d’assainissement tant que les points concernant le protocole d’accord au niveau de l’enseignement supérieur ne sont pas respectés. Les points sont entre-autres : le rétablissement de nos camarades qui ont été élus au niveau de nos structures dans les universités.

Ces camarades syndicaux ont été démis de leurs fonctions administratives d’abord et ensuite mutés dans les autres universités. Ce qui prouve à suffisance que le ministre de l’enseignement supérieur n’est pas pour la liberté syndicale, il ne veut pas sentir le SLECG au niveau de l’enseignement supérieur. Donc, en lieu et place du SLECG, il a créé un syndicat en y regroupant les secrétaires généraux de l’ancien bureau du SLECG qui étaient là et qui ont été récusés par l’ensemble des travailleurs au niveau de ces universités.

Avec ceux-ci, il a formé un syndicat et aujourd’hui au niveau de toutes les universités, le SLECG a ses démembrements, mais qui ne sont pas du tout acceptés par les différents recteurs. Tout ceci est consigné dans le protocole d’accord : la liberté syndicale et l’engagement à la fonction publique de dix homologues au niveau de l’université de Kindia.

Donc, c’est à cause de tout cela que nous avons suspendu notre participation et tant que le gouvernement n’a pas pris ses dispositions par rapport à cela, nous ne saurions nous intéresser à cet assainissement encore.

Guineematin.com : depuis ce jeudi, 4 avril 2019, des informations disent que le ministre, Abdoulaye Yéro Baldé aurait accepté que le recensement se fasse dans les universités. Est-ce que vous avez eu cette information ?

Aboubacar Soumah : je ne peux pas confirmer ce message parce que, comme vous le savez, moi je ne m’en tiens qu’à la déclaration du gouvernement. Pour le moment, le gouvernement n’a pas confirmé cette information. Mais, il y a mon secrétaire général de l’USTG, monsieur Abdoulaye Sow, qui m’a appelé pour m’informer qu’il a échangé hier mercredi avec le ministre et qu’il aurait en tout cas accepté la poursuite de l’assainissement au niveau de l’enseignement supérieur.

Mais, pour la confirmation, je ne peux rien dire parce que pour moi, il faut que le gouvernement nous adresse un message qui nous confirme effectivement l’acceptation de la mission et le respect du protocole d’accord par le ministre de l’enseignement supérieur.

Guineematin.com : cela veut dire que jusqu’à présent votre retrait de la commission est en vigueur ?

Aboubacar Soumah : notre retrait reste maintenu.

Guineematin.com : à quoi on peut s’attendre ?

Aboubacar Soumah : de toutes les façons, nous avons lancé un appel au gouvernement. Nous leur avons signifié qu’à la date du vendredi, 05 avril 2019 au plus tard, si nous n’avons pas une solution par rapport à la réticence du ministre, le super ministre de l’enseignement supérieur, alors nous avons programmé une assemblée générale le lendemain samedi à notre siège qui va regrouper tous les enseignants et toutes les autres fédérations affiliées à l’USTG.

Nous allons décider en ce moment des actions qu’il faut mener pour faire respecter le protocole d’accord par le ministre de l’enseignement supérieur.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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