L’arrestation des trois jeunes gens opposés au 3ème mandat dans la préfecture de Coyah et la naissance d’un Front National pour la Défense de la Constitution continuent d’alimenter les débats dans la cité. Ces deux sujets d’actualités ont été largement évoqués au siège de l’Union des Forces Républicaines(UFR) à l’occasion de son assemblée de ce samedi, 6 avril 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La rencontre a été présidée par la députée Hadja Aissata Daffé. Elle a connu la présence des trois célèbres jeunes de Coyah, arrêtés et emprisonnés pendant 5 jours à Coyah pour s’être opposés au 3èmemandat. Ces trois jeunes militants de l’UFR sont : Aboubacar Sylla, Djibril Bangoura et Mamadou Conté.

Par la voix de Mamadou Conté, ils sont venus expliquer la mésaventure qu’ils ont subie. « Le dimanche 31 avril 2019, nous les jeunes leaders de Coyah, on s’est réuni lorsqu’ils ont passé l’information dans les radios, soi-disant qu’il y aura une rencontre au stade préfectoral de Coyah pour le soutien du RPG. Ce jour, le président de la République n’était pas présent. Mais, il y avait des ministres. Au stade, nous avons suivi les discours des ministres et d’autres personnes.

Ils ont dit dans leurs discours, je suis Coyaka, je m’engage pour une nouvelle Constitution. Le deuxième est venue dire, Je suis Coyaka, j’accepte le troisième mandat pour Alpha Condé. C’est en ce moment que nous aussi, on a installé nos banderoles autour du stade sur lesquels on a écrit : Non au 3ème mandat, oui à l’alternance », a expliqué Mamadou Conté, relaxé par le tribunal de Coyah, hier vendredi pour « délit d’entrave à la liberté de manifester non constitué », malgré les six mois de prison ferme requis par le procureur.

Poursuivant, Mamadou Conté a dit que « les force de l’ordre sont venues d’abord nous retirer les banderoles. Nous étions nombreux. Mais, ils n’ont interpellé que trois à savoir : Aboubacar Sylla, Djibril Bangoura et moi, Mamadou Conté. Ils nous ont fait monter dans les pick-up pour le commissariat central de Coyah où ils nous ont retiré tout ce qu’on avait. Nous sommes restés jusqu’à 21 heures. Après, ils nous ont envoyé au poste de police de Km36 où nous avons passé la nuit.

Le lendemain, à 7 heures, on nous a ramené au commissariat central de Coyah. De là, un commandant nous a conduit au tribunal de première instance de Coyah. Devant le procureur de Coyah, on nous a auditionnés. On s’est expliqué. Le procureur nous a dit que vous n’avez aucun problème, vous n’avez rien fait mes enfants. Rentrez chez vous. Dès que nous sommes sortis de la cour du tribunal, les forces de l’ordre nous ont interpellés encore.

Ils nous ont conduits devant le procureur. Mais cette fois-ci, le procureur a changé sa décision. Il dit que nous avons fait entrave au droit de manifester. C’est ainsi qu’ils nous ont envoyé à la prison civile de Coyah. Ça, c’était le lundi à 17 heures. Ils nous ont torturés, frappés par les bandits qui étaient dans la prison. Le mardi, ils nous ont envoyé au tribunal pour le jugement, le président du tribunal nous a ramenés en prison pour trois jours où nous sommes restés jusqu’au vendredi », a-t-il détaillé.

Après cette pathétique narration, Tidiane Sylla, chargé de la communication de l’UFR, a fait savoir aux militants que c’est le ministre d’Etat Kiridi Bangoura qui est en train d’instrumentaliser les citoyens par rapport à ce projet de 3ème mandat. Cependant, ajoute-t-il, « un front dénommé Front National pour la Défense de la Constitution, composé de plusieurs partis politiques, de la société civile, des syndicats, des artistes, et autres structures, est né pour s’opposer au 3ème mandat et défendre la Constitution »

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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