Manifestation contre un 3ème mandat en Guinée : des militants de l’UFR relaxés à Kankan

18 octobre 2019 à 10 10 06 100610

Le procès de six personnes, dont trois militants de l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Kankan, membres du Front National pour la défense de la Constitution (FNDC), a eu lieu hier jeudi, 17 octobre 2019. Les prévenus, mis aux arrêts le lundi 14 octobre à l’occasion de la manifestation contre le 3ème mandat pour Alpha Condé, étaient jugés pour participation délictueuse à un attroupement. Le tribunal de première instance de Kankan les a relaxés pour délit non constitué, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Les six prévenus dans ce dossier sont : Ibrahima Kalil Camara, Yaghouba Camara, Soumaïla Koulibaly (tous de l’UFR), Aboubacar Doumbouya, Saran Diakité et Moussa Camara (se disant citoyens neutres).

Leur arrestation a eu lieu le lundi dernier, premier jour de la manifestation appelée par le FNDC pour protester contre la volonté affichée d’Alpha Condé de briguer un 3ème mandat à la tête de la Guinée. Les militants de l’UFR ont été mis aux arrêts au siège de leur parti, au quartier M’Balia, sur ordre du préfet Aziz Diop.

Au cours de l’audience de ce jeudi, tous les six prévenus ont balayé d’un revers de main les accusations portées contre eux. « Monsieur le président, le lundi j’étais avec mes deux amis, on faisait calmement le thé. Soudain, les forces de sécurité avec à leur tête le préfet de Kankan, sont descendus sur nous pour nous embarquer. On a fait aucune manifestation », a dit Ibrahima Kalil Camara.

De leur côté, Aboubacar Doumbouya, Saran Diakité et Moussa Camara ont soutenu ne pas être membres de l’UFR, encore moins du FNDC.

Dans la phase des réquisitions, le substitut du procureur, Maurice Onivogui va demander au tribunal de retenir les prévenus Ibrahima Kalil Camara, Yaghouba Camara, Soumaïla Koulibaly et Aboubacar Doumbouya dans les liens de la culpabilité. Pour la répression, Maurice Onivogui va demander leur condamnation à six mois de prison. Pour ce qui est de Saran Diakité et Moussa Camara, le procureur va requérir la relaxe.

N’ayant pas voulu prendre d’avocats, les prévenus se sont tous défendus avec les moyens du bord, tout en réitérant leur innocence.

Dans le délibéré, le premier juge du tribunal, Abdoul Rachid Camara, a déclaré les prévenus non coupables en les renvoyant des fins de la poursuite pour délit non constitué.

Mamoudou Camara, secrétaire fédéral de l’UFR de Kankan

Cette décision a été saluée par Mamoudou Camara, secrétaire fédéral de l’UFR de Kankan. « Je suis très ravi par rapport à cette décision. Le président du tribunal a tranché comme il le fallait. Vraiment, je suis comblé de joie », a-t-il dit.

Cette décision n’a pas fait que des heureux. Le parquet, par la voix du procureur Aly Touré, a décidé de faire appel. « Nous avons poursuivi ces personnes pour des cas de participation délictueuse à un attroupement suite à l’appel du FNDC. Nous estimons que les faits sont avérés. Doc, je n’ai pas compris la décision du tribunal. Nous allons exercer notre droit de recours », a-t-il laissé entendre.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Lire

Guinée : le FNDC appelle à la mobilisation dans les tribunaux (déclaration)

18 octobre 2019 à 9 09 46 104610

Dans une déclaration publiée dans la soirée d’hier, le front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a demandé aux Guinéens de se mobiliser massivement dans les tribunaux de Dixinn et de Mafanco (Conakry) et à ceux de l’intérieur du pays où des leaders et manifestants sont jugés.

A un an et quelques mois de la fin de son deuxième et dernier mandat, le président Alpha Condé veut changer la constitution pour continuer à diriger le pays. Il a initié des mouvements de soutien et utilise les médias d’Etat pour la propagande.

Mobilisé contre cette volonté du président Alpha Condé, des acteurs de la société civile et de l’opposition ont créé une plateforme (FNDC) en charge de défendre la constitution. Mais, avant la première journée de manifestation, lundi dernier, le pouvoir a arrêté les leaders du front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Ce qui n’a pas empêché une forte mobilisation les lundi, mardi et mercredi à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur. Ne voulant pas renoncer à son projet de nouvelle constitution pour un pouvoir à vie, le régime a fait arrêter de nombreux guinéens dans la capitale et à l’intérieur du pays. Certains ont été présentés au tribunal et d’autres attendent encore. C’est pour soutenir ces prisonniers et notamment les leaders du mouvement (dont le coordinateur, Abdourahmane Sanoh) que le FNDC a décidé d’orienter les citoyens vers les tribunaux ce vendredi, 18 octobre 2019.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la déclaration du FNDC

Les manifestations déclenchées par le FNDC depuis le lundi 14 octobre 2019 ont connu un franc succès dans la mesure où la population s’est massivement mobilisée pour exprimer son rejet du projet de changement de Constitution visant à octroyer un troisième mandat à Monsieur Alpha Condé.

La répression sanglante et les diverses exactions perpétrées par les Forces de l’ordre à l’endroit de manifestants pacifiques renforcent le peuple de Guinée dans sa détermination à lutter pour l’instauration d’une démocratie respectueuse des droits humains et des libertés fondamentales. Les victimes, âgées entre 14 et 27 ans, arrachées précocement à l’affection de leurs familles, nous ont ouvert la voie : nous ne laisserons pas leur sacrifice ultime être vain.

Le FNDC rappelle qu’à l’heure qu’il est, plusieurs dizaines de manifestants ont été illégalement et arbitrairement arrêtés et déférés devant les tribunaux tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

Pour la journée de DEMAIN VENDREDI 18 OCTOBRE 2019, LE FNDC INVITE TOUTE LA POPULATION DE CONAKRY A SE RENDRE AUX TRIBUNAUX DE DIXINN ET DE MATAM pour soutenir fortement nos camarades appelés à comparaitre au niveau de ces juridictions.

Cet appel concerne tout aussi nos concitoyens dans l’attente de leur procès à l’intérieur du pays.

Après la journée ville morte du jeudi 17 Octobre observée par une frange importante de la population guinéenne, le FNDC se prépare à entrer dans une phase d’intensification de ses manifestations jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications. Le programme desdites manifestations ne tardera pas à être rendu public.

Le FNDC est convaincu que le peuple de Guinée restera mobilisé jusqu’à l’abandon définitif du projet de changement illégal de notre Loi fondamentale.

Ensemble, Unis et Solidaires, Nous vaincrons.

Conakry, le 17 octobre 2019

A suivre !

Lire

Détention des leaders du FNDC : le ministre Taran Diallo à Maison centrale de Conakry

18 octobre 2019 à 8 08 45 104510
Mamadou Taran Diallo, ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté

Le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté a rendu visite hier, jeudi 17 octobre 2019, aux leaders du FNDC détenus à la maison centrale de Conakry. Mamadou Taran Diallo s’est rendu dans les cellules où se trouvent les activistes opposés à un troisième mandat pour le président Alpha Condé pour s’enquérir de leurs conditions de détention. Après cette visite, il s’est confié au micro des journalistes dont un de Guineematin.com qui étaient sur place.

« J’étais venu dans le cadre du programme de la direction des droits de l’Homme de mon ministère, rendre visite à ceux qui ont été arrêtés dans le cadre des manifestations du FNDC. Donc, j’ai rencontré monsieur Sanoh avec certains cadres du Front National de la Défense de la Constitution, je leur ai dit que je suis venu dans le cadre des droits de l’Homme pour m’enquérir de leur état de santé et des conditions de leur détention. J’ai demandé est-ce que dans ce cadre tout se passait bien ? Ils m’ont dit oui. Ils restaient sur les positions qu’ils avaient défendues. Ensuite, j’ai conclu l’entretien en disant que cette Guinée, nous l’avons en partage, nous l’avons en commun.

Quelles que soient les positions des uns et des autres, la constitution et les lois guinéennes reconnaissent le droit à chacun d’avoir des croyances, d’être dans des associations, d’être dans des partis, de manifester. Ce sur lequel on peut toujours échanger, c’est les conditions d’application de ce que reconnaissent les lois et la Construction guinéenne. Et j’ai insisté pour dire qu’en tous les cas, il faut toujours privilégier le dialogue, la concertation et la paix », a déclaré Mamadou Taran Diallo.

Le ministre s’est prononcé aussi sur le cas des personnes tuées et des blessés à l’occasion des manifestations enregistrées en début de semaine à Conakry et dans de nombreuses villes de l’intérieur. « Je partage la compassion pour les personnes qui sont mortes et souhaite prompt rétablissement à tous les blessés. Nous sommes déjà à la recherche de toutes les listes de ceux qui sont blessés et de ceux qui sont victimes pour aller partager les douleurs de leurs familles biologiques.

Nous sommes des humains, et l’Etat qui gère le pays. Les membres du gouvernement et le président de la République expriment leur compassion parce qu’avant tout c’est des citoyens guinéens. Donc, nous devons partager la joie quand il y en a, et quand il y a la peine et la douleur, nous les avons en commun et en partage », a-t-il laissé entendre.

Pour sortir de la crise actuelle, Taran Diallo estime qu’il est indispensable d’aller au dialogue. « Il faut toujours dialoguer, il faut tout régler par des négociations et des consultations parce que quel que soit ce qui est entrepris, on est obligé de finir de ce côté. Donc des procédures sont en route. Ce qu’on peut dire, c’est d’accélérer et finir tout ce qui est procédure judiciaire. Et tout ce qui n’est pas procédure judiciaire, c’est de voir dans le cadre de l’amiable, du social et des plaidoyers, de voir comment régler le problème », a dit le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224622919225 / 666919225

Lire

Convois de camions militaires entre Kindia et Conakry : voici un communiqué de l’état-major des Armées

18 octobre 2019 à 6 06 59 105910
Général Namory Traoré, chef d’état-major des armées

Le Chef d’État-major Général des Armées informe, qu’après la remise du drapeau national au Bataillon Gangan 5 par le ministre de la Défense nationale le 11 octobre 2019 à Kindia dans le cadre de la participation des troupes guinéennes aux opérations de maintien de la paix au sein de la Minusma au Mali, les rotations débutent cette nuit à Conakry.

A cet effet, des convois de camions militaires quitteront le centre de formation de Samoreya de Kindia en direction de la capitale Conakry, en vue de leur projection à Kidal pour relever le Bataillon Gangan 4, en fin de mission.

Cette opération de routine se déroule selon un programme préétabli de longue date par l’Etat-major Général des Armées avec l’appui et la collaboration des Nations-unies.

Le Chef d’Etat-major Général des Armées tout en renouvelant ses voeux de plein succès au contingent guinéen de la MINUSMA, invite ses services compétents à veiller au bon déroulement de ces différentes rotations.

Conakry, le 17 Octobre 2019

Le Chef d’État-Major Général des Armées

Général de Corps d’Armée Namory TRAORE

Commandeur de la Légion d’Honneur

Lire