Initialement prévues demain, jeudi 21 novembre 2019, les obsèques des 8 jeunes tués lors des dernières sorties du FNDC à Conakry n’auront finalement pas lieu à cette date. Le gouvernement a laissé entendre que les corps ne sont pas encore disponibles, obligeant le Front National pour la Défense de la Constitution à reporter la marche funèbre qui doit précéder l’inhumation des victimes. C’est Abdoulaye Oumou Sow, le coordinateur de la communication du FNDC, qui a annoncé la nouvelle au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce mercredi 20 novembre.

Abdoulaye Oumou Sow, coordinateur de la communication du FNDC

« Il était prévu que nous fassions une marche funèbre demain pour rendre hommage à ces martyrs qui ont été assassinés lors du premier cortège funèbre que nous avons organisé, également lors de la dernière marche du FNDC qui a été également réprimée dans le sang par le gouvernement d’Alpha Condé. Mais très malheureusement, nous voyons que le gouvernement refuse de rendre ces corps une nouvelle fois, comme si c’était du bis-repetita. On nous annonce que les corps ne pourront être disponibles que le samedi prochain. Vous comprendrez avec moi que la volonté du gouvernement est de ne pas rendre les corps aux familles alors que ces familles voudraient aussitôt enterrer leurs enfants qui ont été lâchement assassinés par le gouvernement d’Alpha Condé », estime l’activiste anti-troisième mandat.

Pour lui, c’est une situation regrettable et « qu’il faille condamner d’autant plus que certains de ces jeunes ont été tués dans leurs domiciles alors qu’ils n’étaient même pas sortis manifester. Et, après les avoir assassinés, ce gouvernement confisque encore leurs corps pour encore nous parler d’autopsie et autres dont les résultats sont souvent donnés par le président de la République avant même les spécialistes chargés de faire le travail. Ça veut dire qu’avant qu’on assassine déjà les gens, il y a des résultats des autopsies qui sont préparés par le pouvoir pour accabler certaines personnes. Nous regrettons fortement cette décision du gouvernement. Nous comprenons encore qu’il y a une raison de plus pour qu’on s’oppose à ce gouvernement. Nous pensons aujourd’hui que nous avons dépassé la limite de l’oppression, nous avons dépassé la limite du brouillement même de l’existence de l’Etat parce qu’il n’y a plus d’Etat, il n’y a plus d’humanisme. Il n’y a que des humeurs personnelles qui sont en train d’être imposées à un peuple ».

Face à cette situation, le responsable de la communication du FNDC annonce qu’ils vont se retrouver ce mercredi même pour décider d’une nouvelle date pour la tenue de ces obsèques. « Après la réunion que nous allons avoir ce soir, nous allons déterminer quel jour ces corps seront enterrés s’ils sont disponibles et quelle sera la marche à suivre. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que la dynamique a déjà été enclenchée à partir de la dernière plénière avec les leaders politiques et les acteurs de la société civile. Et déjà, à N’Zérékoré, une marche aura lieu demain. Donc les manifestations vont continuer ici en Guinée et à l’extérieur du pays jusqu’à ce qu’on obtienne gain de cause », assure Abdoulaye Oumou Sow.

Cette situation n’est pas une première en Guinée. Après les tueries de 11 jeunes lors des premières manifestations du FNDC contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé, les autorités avaient confisqué les corps pendant trois semaines environ avant de les rendre à leurs familles.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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