« Moussa Touppé Barry était marié ; mais, à cause de sa détention prolongée, sa femme est rentrée chez ses parents. Et, le propriétaire de la maison où il était logé à Koloma marché a également vidé ses bagages pour donner la chambre à une autre personne. C’est Moussa Touppé qui faisait tout pour sa famille. Son papa est aveugle et sa maman est gravement malade à Labé. C’est grâce à son travail (mécanicien à Matam) qu’il parvenait à nourrir sa famille », a indiqué Mody Amadou Oury Barry.

Comme on le sait, au lendemain de l’élection présidentielle contestée du président Alpha Condé pour un troisième mandat à la tête de la République de Guinée, plusieurs citoyens ont été arrêtés, notamment à Conakry et jetés en prison à la maison centrale de Coronthie. La majeure partie d’entre eux croupissent encore en prison sans jamais avoir été jugés. C’est le cas de Moussa Touppé Barry, un mécanicien, arrêté à son domicile, à Koloma il y a près de dix (10) mois. Son emprisonnement prolongé lui a coûté son mariage. Et, pour ses parents qui clament encore son innocence, l’incarcération de Moussa Touppè est extrêmement pénible. Mody Amadou Oury Barry jure que c’est sous le coup de la torture que son neveu (Moussa Touppè) a fait des aveux aux agents de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) de Bambéto.

Près de dix mois encore depuis l’arrestation de Moussa Touppè Barry, son oncle paternel continue de clamer son innocence. Moussa Touppé est accusé d’avoir « apporté à manger à des manifestants violents sur la route Le Prince » ; mais, son oncle, Mody Amadou Oury Barry n’en croit pas un mot. Il assure que c’est à 23 heures que son neveu a été interpellé à son domicile à Koloma, dans la commune de Ratoma. Et, il était en plein sommeil quand les agents sont venus casser la porte de sa chambre pour l’extirper de son lit avec violence.

Mody Amadou Oury Barry, oncle de Moussa Toupé Barry, détenu à la maison centrale de Conakry

« Mon neveu (Moussa Touppè Barry) fait partie des gens qui ont été arrêtés au lendemain de l’élection présidentielle. Depuis, on a tout fait pour le faire libérer, impossible. Les agents l’ont trouvé dans sa chambre à Koloma-marché, à 23 heures, au moment où il dormait. Ils ont cassé sa porte et l’ont embarqué pour la CMIS de Bambéto ; puis, pour celle de Camayenne. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à la maison centrale de Coronthie. Depuis presque 10 mois, il est en prison. Mais, à la CMIS de Bambéto, les agents l’ont torturé. Et, c’est la raison pour laquelle, pour sauver sa vie, il a avoué des choses qu’il ne connaissait même pas. Comme il (Moussa Toupé Barry) a estimé que s’il ne disait pas ce qu’ils veulaient entendre, il allait mourir. Il a dit que c’est lui qui envoyait à manger aux manifestants. C’est ainsi qu’ils l’ont déféré. Cela fait environ 10 mois qu’il est à la maison centrale », a expliqué Mody Amadou Oury Barry avec désolation.

Pour ce père de famille, la détention de son neveu est très pénible pour ses parents et proches. Car, ses parents (un père aveugle et une mère très malade) n’ont personne d’autres pour les aider dans leur quotidien. Moussa Touppé était l’espoir et le bras valide qui ramenait à manger à la maison. Grâce à son métier (la mécanique), il parvenait à satisfaire le minimum pour sa famille. Et, son emprisonnement est une angoisse pour les siens, d’autant plus qu’ils n’ont pas pu sauver son mariage à son absence. Sa femme a quitté et est rentrée chez ses parents.

« Moussa Touppè Barry était marié ; mais, à cause de sa détention prolongée, sa femme est rentrée chez ses parents. Et, le propriétaire de la maison où il était logé à Koloma marché a également vidé ses bagages pour donner la chambre à une autre personne. C’est Moussa Touppé qui faisait tout pour sa famille. Son papa est un aveugle qui ne voit même pas sa paume. Sa maman aussi est gravement malade à Labé. Il est mécanicien et travaillait à Matam. C’est grâce à ce travail qu’il parvenait à nourrir sa famille », a indiqué Mody Amadou Oury Barry.

Depuis son interpellation, Moussa Touppè Barry n’a pas été jugé. Son oncle est inquiet ; et, il sollicite sa libération pour apaiser la souffrance de ses parents.

« Personne ne sait quand est-ce qu’il sera jugé. Nous avons mené plusieurs démarches pour trouver une issue afin qu’il soit libre ; mais, jusqu’à présent, ça n’a pas marché. Une seule fois, ils m’ont appelé au téléphone pour dire qu’il sera jugé le lundi qui allait suivre. Mais, cela remonte à plus de 5 mois. Jusqu’à présent, rien n’a été fait. C’est pourquoi, nous demandons de l’aide à tous ceux qui ont la possibilité de nous aider pour la libération de notre fils, ainsi que ses codétenus. Nous avons souffert depuis son arrestation, puisque même sa femme a quitté son foyer », a ajouté Mody Amadou Oury Barry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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