« C’est monsieur le procureur qui est à la base de tout ce qui est arrivé à N’Zérékoré. Il a manqué de faire son travail, il n’a pas pris sa responsabilité. Vous étiez ici, à N’Zérékoré, le gouverneur et le préfet sont sortis pour tenir une réunion en disant qu’ils vont traquer un groupe de guinéens jusqu’à leur dernier retranchement. Est-ce que vous avez arrêté le gouverneur et le préfet ? Ce sont ces deux autorités qui ont tenu des discours de violence, de haine et de discrimination. Vous êtes là pour la quiétude sociale, vous devez prendre votre responsabilité. Pourquoi vous avez peur de traiter tous les Guinéens sur le même pied d’égalité ? »

Après les débats dans le procès des membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), opposés à un 3ème mandat du président Alpha Condé, arrêtés à N’Zérékoré lors de la manifestation des 13 et 14 juin 2019, les plaidoiries et réquisitions ont faites hier, mercredi 19 juin 2019, au tribunal correctionnel de N’Zérékoré. Le ministère public, qui a requis un an d’emprisonnement contre les prévenus, a été lourdement chargé par maitre Salifou Béavogui, un des avocats de la défense, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com dans la région.

Ils sont quarante-quatre (44) personnes à avoir été arrêtées et poursuivies avec des charges comme « infractions de détention illicite d’armes légères de calibre 12, participation délictueuse à attroupement, tentative de vol et de trouble à l’ordre à l’ordre public, violences et menaces ». A l’entame du procès, les sept dossiers inscrits au rôle ont été réunis en un seul à la demande des avocats de la défense, mais aussi du ministère public.

Après une journée entièrement consacrée à ce procès, le ministère public, représenté par Sidiki Keita, a demandé au tribunal correctionnel de N’Zérékoré de retenir les prévenus dans les liens de la culpabilité, en les condamnant à un an d’emprisonnement, assorti de sursis et au payement d’une amende de 500 milles francs guinéens.

« Les prévenus qui sont devant vous sont poursuivis dans différentes procédures. Au nombre de sept dossiers, nous nous sommes convenus que ces dossiers soient réunis en un seul. Ces quarante-quatre personnes sont poursuivies pour des faits divers : vol et destruction, détention illicite d’armes légères de calibre 12, etc. Ils ont été entendus par votre tribunal ; mais, ils ont nié systématiquement les faits qui leur sont reprochés. Ils déclarent tous être isolement arrêtés et nient toute participation à une manifestation. Que Dieu nous préserve de ces manifestations qui déragent tout le monde. Monsieur le président, je vous demande de relaxer purement et simplement Damany Condé qui est sourd-muet. Pour les autres qui sont classés au niveau de sept catégories, je vous demande de les retenir dans les liens de la culpabilité, en les condamnant à un an d’emprisonnement assorti de sursis et au payement d’une amende de 500 milles francs guinéens », a requis le procureur Sidiki Keita.

De leur côté, les avocats des prévenus, au nombre de quatre, ont plaidé non coupables et ont demandé la relaxe pure et simple de leurs clients. Maitre Salifou Béavogui qui a été applaudi par le public lors de sa plaidoirie, s’en est sévèrement pris au procureur qui, selon lui, est l’auteur des troubles survenus à N’Zérékoré.

« C’est monsieur le procureur qui est à la base de tout ce qui est arrivé à N’Zérékoré. Il a manqué de faire son travail, il n’a pas pris sa responsabilité. Vous étiez ici, à N’Zérékoré, le gouverneur et le préfet sont sortis pour tenir une réunion en disant qu’ils vont traquer un groupe de guinéens jusqu’à leur dernier retranchement. Est-ce que vous avez arrêté le gouverneur et le préfet ? Ce sont ces deux autorités qui ont tenu des discours de violence, de haine et de discrimination. Vous êtes là pour la quiétude sociale, vous devez prendre votre responsabilité. Pourquoi vous avez peur de traiter tous les Guinéens sur le même pied d’égalité ? Ceux qui devaient être sur le box des accusés ne sont pas ceux qui sont là. C’est des innocents sans défense qui sont en train d’être jugés ; et ; pourtant, les vrais coupables sont connus de tous. Ces sept dossiers comportent des fausses accusations ; et, ce procès, nous l’avons déjà gagné d’avance. Parce que le procureur n’a pas pu apporter des preuves individuelles. Toutes les quarante-quatre personnes ont plaidé non coupables, ils ont été arrêtés parce qu’ils sont opposés à un troisième mandat. Conformément aux dispositions de l’article 744 du code de procédure pénale, monsieur le président, je vous demande de relaxer purement et simplement les prévenus. Monsieur le président, n’ayez pas peur de libérer ces innocents, votre fonction n’est pas menacée parce que vous êtes protégé par le conseil supérieur de la magistrature. Vous ne serez pas démis de vos fonctions, ne pensez que si vous allez libérer ces gens-là, vous serez révoqué. Prenez l’exemple sur le juge de Kindia, je lui avais dit de ne pas condamner des innocents ; mais, vous savez ce qui s’est passé après. Donc, je suis sûr que vous allez prendre une décision responsable en libérant ces innocents qui sont devant vous », a-t-il plaidé.

« C’est monsieur le procureur qui est à la base de tout ce qui est arrivé à N’Zérékoré. Il a manqué de faire son travail, il n’a pas pris sa responsabilité. Vous étiez ici à N’Zérékoré, le gouverneur et le préfet sont sortis pour tenir une réunion en disant qu’ils vont traquer un groupe de guinéens jusqu’à leur dernier retranchement. Est-ce que vous avez arrêté le gouverneur et le préfet ? Ce sont ces deux autorités qui ont tenu des discours de violence, de haine et de discrimination. Vous êtes là pour la quiétude sociale, vous devez prendre votre responsabilité. Pourquoi vous avez peur de traiter tous les guinéens sur le même pied d’égalité ? Ceux qui devaient être sur le box des accusés ne sont pas ceux qui sont là. C’est des innocents sans défense qui sont en train d’être jugés ; et ; pourtant, les vrais coupables sont connus de tous. Ces sept dossiers comportent des fausses accusations ; et, ce procès, nous l’avons déjà gagné d’avance. Parce que le procureur n’a pas pu apporter des preuves individuelles. Toutes les quarante-quatre personnes ont plaidé non coupables, ils ont été arrêtés parce qu’ils sont opposés à un troisième mandat. Conformément aux dispositions de l’article 744 du code de procédure pénale, monsieur le président, je vous demande de relaxer purement et simplement les prévenus. Monsieur le président, n’ayez pas peur de libérer ces innocents, votre fonction n’est pas menacée parce que vous êtes protégé par le conseil supérieur de la magistrature. Vous ne serez pas démis de vos fonctions, ne pensez que si vous allez libérer ces gens-là, vous serez révoqué. Prenez l’exemple sur le juge de Kindia, je lui avais dit de ne pas condamner des innocents ; mais, vous savez ce qui s’est passé après. Donc, je suis sûr que vous allez prendre une décision responsable en libérant ces innocents qui sont devant vous », a-t-il plaidé.

Finalement, le juge Ibrahima Daman a renvoyé l’affaire à aujourd’hui, jeudi 20 juin 2019, pour décision être rendue.

A suivre !

De N’Zérékoré, Siba Guilavogui, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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